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MARCOULE Un exercice d’envergure à Orano Melox

Des engins téléopérés sont utilisés lors de l'exercice (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Deux voitures, de la ferraille, un pylône en bois, des blocs de béton : un tremblement de terre a eu lieu sur l’installation nucléaire d’Orano Melox, à Marcoule, et il faut déblayer tout ça pour pouvoir accéder au site. 

Voici le scénario catastrophe de l’exercice qui occupe une bonne centaine de personnes toute la semaine, sur le site d’Orano Melox et ses environs. « Il s’agit de l’exercice phare de cette année, et concernant les robots d’un des plus gros des vingt dernières années », pose François Paniez, gestionnaire de crise chez Orano Melox. 

Car le site, où du combustible MOX pour centrales nucléaires est fabriqué, doit en permanence être préparé à la gestion de crises majeures. Lors des crises, c’est à la Force d’intervention nationale d’Orano Framatome, la FINA, d’intervenir, en coopération les hommes du Groupe Intra, créé par EDF, le CEA et Orano après Tchernobyl pour mettre en commun et opérer une flotte de moyens guidés à distance. 

Ce mardi matin, l’exercice a démarré par le déblaiement de l’enchevêtrement de gros objets qui, dans le scénario, obstruait l’entrée du site. « Notre mission est d’ouvrir un itinéraire pour accéder au site d’intervention », résume le directeur du Groupe Intra, Philippe Kessler. Pour ce faire, les hommes du Groupe Intra ont utilisé un bulldozer et une pelleteuse radioguidés depuis un poste de pilotage blindé de 54 tonnes résistant aux rayonnements nucléaires. L’idée est de ne pas envoyer des hommes sur un terrain potentiellement contaminé.

Des robots sont utilisés pour l'exercice à Orano Melox (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Quant à l’exercice, il sert à « tester l’interopérabilité en cas de besoin », note Didier Verzotti, responsable de la FINA. Pour ses hommes, qui composent la réserve opérationnelle d’Orano, ce type d’exercice « apprend aussi à se hâter lentement, car l’attente, se reposer pour garder l’influx, fait aussi partie de la mission, explique-t-il. On doit toujours être dans le bon tempo. » 

Une fois l’accès déblayé, les hommes de la FINA prennent le relais pour découper les objets enchevêtrés. « Et tout est filmé, le poste de commandement voit tout en direct », ajoute Philippe Kessler. Équipé également de drones et de robots, le Groupe Intra dispose d’une flotte « de 6 kilos à 55 tonnes », résume son directeur. Certains robots sont même capables d’ouvrir des portes et de manoeuvrer des boutons. 

Place aux robots

Cette première partie se déroulait sur un parking de la Compagnie nationale du Rhône, à proximité du site d’Orano Melox. Sur le site en lui-même, un autre volet de l’exercice se tenait, moins impressionnant celui-là, mais avec des robots. Ici, il s’agit, à l’aide d’un petit robot radioguidé en réalité virtuelle « d’aller dans les zones escarpées aller vérifier une fuite », explique François Paniez. « Il y a peut-être des rejets potentiels dans les tuyaux, donc nous utilisons ce petit robot équipé de sondes de mesure pour investiguer et savoir si on peut envoyer quelqu’un ou pas », explique le chef de colonne pour la FINA Benjamin Chagneau, déroulant le scénario de l’exercice. 

Un exercice qui se prolongera toute la semaine, avec notamment, et ce sera une première, un survol de drone au-dessus de l’installation nucléaire. 

Thierry ALLARD

thierry.allard@objectifgard.com

Thierry Allard

32 ans, féru de politique, de sport et de musique. Jadis entendu en radio, je couvre depuis juin 2014 le Gard rhodanien pour Objectif Gard.

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