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ROQUEMAURE/SAINT-GÉNIÈS-DE-COMOLAS « Nous récupérons tous les camions que le Vaucluse ne veut plus »

Comme Roquemaure, le village de Saint-Géniès-de-Comolas est traversé par des poids-lourds. Sauf que les routes ne sont pas du tout faites pour... (photo Olivier Jouve)

Les communes de Roquemaure et Saint-Géniès-de-Comolas sont touchées depuis des années par un phénomène : le passage de poids-lourds dans leurs centres-villes traversés par des routes départementales. Les conséquences sont nombreuses. Insécurité pour les automobilistes et les piétons, ralentissement du trafic et même altération de la chaussée. Les deux maires n'en peuvent plus. 

Un poids-lourd coincé manoeuvrant pendant deux heures pour s'extirper de la place de la mairie de Roquemaure. Des camions à double-essieux qui traversent l'artère principale, mais étroite, de Saint-Géniès-de-Comolas. Le passage de ces véhicules est devenu au fil du temps un poids lourd à porter pour les deux maires qui pâtissent le plus du phénomène.

"Nous récupérons les camions que le Vaucluse ne veut plus depuis longtemps. En ce moment, c'est infernal", déplore Nathalie Nury, la maire de Roquemaure, commune de 5 000 habitants qui a une entrée/sortie sur l'autoroute A9. Certaines communes vauclusiennes, comme Orange - jonction entre l'A9 et l'A7 - ont interdit leur traversée de ville aux véhicules de plus de 7 tonnes. "Ce qui fait que quand des camions doivent livrer à Carpentras, par exemple, ils doivent quitter l'autoroute à la sortie de Roquemaure. Ensuite, c'est soit ils traversent notre village, soit ils traversent Saint-Géniès-de-Comolas pour rejoindre la route du Grès puis l'A7", poursuit la première magistrate. Elle suppose que c'est l'itinéraire le plus économique ou le plus pratique proposé sur les GPS étrangers.

"À chaque fois qu'un camion passe, on ressent des vibrations dans les murs"

Nathalie Nury n'est pas contre ce grand axe routier, très bénéfique pour le tissu économique local. Mais le passage des camions engendre bien des inquiétudes. Une école se trouve sur cette route. La maire craint qu'un jour, un accident ne survienne à la sortie des cours. De plus, la chaussée de la rue Victor-Hugo s'abîme sous la masse des semi-remorques : "Les vieux égouts en tunnel s'affaissent, les maisons fissurent...", lâche la maire.

Philippe Faure, adjoint roquemaurois à la communication, fait partie des personnes habitant rue Victor-Hugo. Il témoigne : "À chaque fois qu'un camion passe, on ressent des vibrations dans les murs. On arrête tous de parler à ce moment-là..." Au fil du temps, une énorme faille s'est créée dans le mur mitoyen avec son voisin. "C'est une vieille maison, le mur est épais d'au moins un mètre. Heureusement. Je mets une main dedans maintenant", assure-t-il.

Des camions qui ralentissent le trafic déjà chargé et rajoutent de l'énervement au volant pour les automobilistes

Du côté de Saint-Géniès-de-Comolas, la traversée du village n'est pas plus adaptée : "On se croise déjà très mal en voiture. Ça crée beaucoup d'insécurité ces camions de plus en plus longs", affirme le maire, Olivier Jouve. Il ajoute : "Ça génère aussi des vibrations, de la pollution de l'air et sonore, ça ralentit le trafic. Après les conducteurs veulent absolument doubler, ils sont énervés. Cela créé beaucoup d'anxiété au volant." Sans oublier les 42 bus - nécessaires mais qui génèrent déjà des ralentissements - qui desservent chaque jour la commune...

Olivier Jouve a fait l'acquisition de deux bâtiments à réaménager pour augmenter la visibilité sur la chaussée. De quoi pallier en partie le problème, mais pas de le résoudre. "Il faut entamer une réflexion pour mieux distribuer la circulation. D'autant qu'on est sur un secteur très dynamique avec la proximité de l'Ardoise. L'installation de Gifi devrait encore rajouter des camions sur la route", suppose l'édile.

Avec Nathalie Nury, ils ont parlé de ce problème à la préfète du Gard, Marie-Françoise Lecaillon. Cette dernière conseille : "Cela relève de la compétence départementale. Dans un premier temps, il faut organiser une enquête à un endroit stratégique. Vous demandez aux chauffeurs d'où ils viennent et où ils vont. Ensuite, vous pourrez voir s'il existe une alternative raisonnable." Une solution envisagée par les deux élus qui, en cas d'impasse, pourraient prendre des arrêtés interdisant l'accès en agglomération aux poids-lourds. Mais dans l'esprit, il n'est pas question de déplacer le problème. Plutôt d'y répondre en bonne intelligence.

Marie Meunier

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