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FAIT DU SOIR Pauvreté dans le Gard : les maux de la faim

18% des Gardois soutenus par le Secours catholique sont en insécurité alimentaire grave. (Photo : S.Ma/ObjectifGard)

Chaque année et ce depuis 25 ans, le Secours catholique Caritas France publie son rapport sur l’état de la pauvreté dans le pays. L’antenne gardoise a affiné cette enquête, se concentrant sur l’une des principales préoccupations exprimées par les ménages soutenus : l’aide alimentaire.

D’après le Secours catholique qui s’appuie sur les données de la Direction générale de la cohésion sociale, en France, jusqu’à 7 millions de personnes auraient eu recours à l’aide alimentaire en 2020. « C’est une humiliation que notre pays inflige à près de 10 % de sa population« , alerte la présidente nationale du Secours catholique, Véronique Devise. En 2020, le niveau de vie médian des ménages soutenus par l’association est de 537 euros. Il baisse de 6 euros par rapport à 2019. Parce qu’après le besoin d’écoute et de conseil, l’aide alimentaire est la principale demande exprimée par les ménages rencontrés par le Secours catholique – avec une hausse de 4% en 2020 soit 54% des personnes soutenues – une enquête complémentaire a été menée auprès de celles et ceux qui ont bénéficié des chèques-service afin de faire face à l’urgence alimentaire dès le premier confinement. « La pandémie du covid-19 a déstabilisé des situations budgétaires déjà très serrés« , souligne l’association.

« Plus de 80 % des ménages se disent préoccupés par les effets sur leur santé »

Dans le Gard, le Secours catholique a soutenu plus de 1 500 ménages – pour une somme de 280 000€ en chèques-service – dont 25% se trouvent en situation d’extrême pauvreté. 1 100 ont été interrogés dans le cadre de cette enquête dont 33,5% sont des familles monoparentales et 29% des couples avec enfants. Parmi ces 1 100 personnes, 57% déclarent avoir demandé de l’aide alimentaire pour la première fois. Une situation due à une perte de revenus pendant le confinement du printemps 2020 pour 36% d’entre eux ou une augmentation des charges liée notamment à la fermeture des cantines pour 52%. Les autres étaient déjà dans une extrême pauvreté.

Autre chiffre, 81% des Gardois sondés souffrent d’insécurité alimentaire, qualifiée de « grave » pour 18%. C’est-à-dire que ces derniers se privent régulièrement de s’alimenter pendant une journée entière ou davantage. « L’insécurité alimentaire a de lourdes conséquences. Plus de 80 % des ménages – et plus encore chez ceux qui souffrent d’insécurité alimentaire grave – se disent préoccupés par les effets sur leur santé, tout en indiquant, pour une majorité, que des contraintes financières les empêchent de plus les prendre en compte« , peut-on lire dans le rapport.

« J’aime aider les gens et m’investir auprès de ceux qui comme moi ont traversé des périodes difficiles »

Face à cette situation alimentaire alarmante, le Secours catholique se mobilise dans l’urgence en mettant à disposition des chèques-service et en travaillant sur un accès digne à une alimentation de qualité. « Digne, c’est-à-dire non stigmatisant : les plus précaires doivent pouvoir se nourrir autrement que par les dispositifs d’aide alimentaire issus des surplus des grandes surfaces. De qualité : des fruits et légumes bio, produits dans des conditions respectueuses de l’environnement. » C’est ainsi qu’a émergé un projet de paniers solidaires à Beaucaire, Vauvert, Aimargues, Redessan, Garons, Saint-Gilles et bientôt Bagnols-sur-Cèze, les Angles et Sommières. Mais aussi une épicerie solidaire à Aramon et un jardin la Main Verte à Alès.

Plus de 400 foyers bénéficient des paniers solidaires, un dispositif qui permet à des publics en précarité d’acheter à très bas prix des fruits et des légumes issus de l’agriculture bio locale. Ils peuvent être à la fois bénéficiaires et acteurs. Angélique, une Vauverdoise âgée de 42 ans et maman de quatre filles, en est un exemple. « J’aime aider les gens et m’investir auprès de ceux qui, comme moi, ont traversé des périodes difficiles. On se comprend« , confie-t-elle. Tous les jeudis, Angélique est fidèle au poste, aux côtés des bénéficiaires et de l’équipe du secours Catholique.

Stéphanie Marin

>> Pour lire le rapport complet du Secours catholique Caritas France, cliquez ici. 

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