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FAIT DU SOIR 30 ans plus tard, on célèbre encore les valeurs de Nimeño II

La coordination des clubs taurins de Nîmes et du Gard, ici au siège de Pablo Romero, s'apprête à honorer la mémoire de Nimeño II (Photo Anthony Maurin).
Au centre, Joe Gabourdes, président de la coordination des clubs taurins de Nîmes et du Gard (Photo Anthony Maurin).

Le club taurin de Pablo Romero et la coordination des clubs taurins de Nîmes et du Gard se souviennent du grand torero Français qu’était Nimeño II. À l’occasion des 30 ans de sa mort, trois moments forts seront organisés entre les 25 et 28 novembre prochains.

Pas de longs discours, pas de prises de parole interminables, pas de flonflons. Ces moments seront des instants purs pour se remémorer la vie d’un homme. Christian Montcouquiol a laissé plus qu’un nom ou qu’une statue sur le parvis des arènes, il a laissé un surnom, celui de Nimeño II. Pourquoi II, parce qu’avant lui, son frère, encore en vie, s’était donné en premier le surnom d’el Nimeño.

Christian Montcouquiol, après une corrida dantesque à Nîmes lors de la feria des Vendanges 1989, a subi une lourde blessure en terre arlésienne devant un toro de Miura. De cet accident, il n’a jamais récupéré l’usage total de sa mobilité et a préféré mettre fin à ses jours le 25 novembre 1991 car il ne voyait plus comment il pouvait revenir au centre des arènes.

Une des photos les plus emblématiques de Nimeño… à Nîmes immortalisé par Lucien Clergue (Photo Anthony Maurin).

Pour Joe Gabourdes, président de l’Union des clubs taurins de Nîmes et Gard : « Il était évident, pour nous, de faire quelque chose pour les 30 ans de la mort de Nimeño II. Quelque chose de différent de ce que nous avions fait lors des 25 ou encore des 20 ans. Pour cela, nous créons trois manifestations pour signifier les trois tercios. Les tercios du souvenir. Je préfère parler de souvenir que d’hommage car nous avons tous au fond de nous des choses, des images qui nous font penser à Nimeño II, une sorte de moment privilégié, un souvenir taurin ou non. »

Début des festivités le 25 novembre, 30 ans jour pour jour après le décès de Christian Montcouquiol, avec une session spéciale du Jeudi des artistes. Une soirée dédiée à Nimeño II. Il y aura une petite exposition et une soirée pleine de tendresse avec de la guitare de Mateo Campos en écoutant les lectures de Philippe Béranger et Patrice Bornand. Parmi les lectures, celle d’un poème cher à l’aficion, celui écrit par Patrick Espagnet « Les Noirs » où l’on y entrevoit les traits d’un Nimeño I qui se rapproche plus de Christian tout en restant le maestro au grand coeur. Le feu de la grande cheminée réchauffera les coeurs transis par l’oubli.

Dans le musée Pablo Romero, le costume de gauche est un des trajes de Nimeño II dans les années 1980. À droite, un costume de l’un de ses successeurs, Stéphane Fernandez Meca (Photo Anthony Maurin).

Toujours le jeudi, mais à midi cette fois, une minute de silence est prévue sur le parvis des arènes, à côté de la statue du défunt matador de toros, enfant de Nîmes. « Tout le monde est le bienvenu pour ce moment de recueillement« , invite Frédéric Pastor, adjoint aux Festivités et à la tauromachie pour la ville de Nîmes.

Le 27 novembre, lors du sacrosaint café-toro qui a lieu au foyer Albaric entre 9h30 et 11h30, place à la conférence-débat avec un successeur de Nimeño II en la personne du matador de toros retiré des ruedos Stéphane Fernandez Meca. « On y parlera de l’entraînement, de la transmission, des petits détails qui font les grandes personnes et probablement du courage. »

Christian et Alain lors de la prise d’alternative de Christian en 1977, encore une belle photo de Lucien Clergue (Photo Anthony Maurin).

Habituellement, le café-toro est le lieu où les réboussiers sont à la maison. Ici, on blague, on tchatche, on refait le monde, on montre son désaccord mais pour l’occasion on change un peu le fusil d’épaule. Le moment sera dans l’affect. Il s’agira d’essayer de dire tout ce que Nimeño a pu apporter au monde taurin.

Il a aussi été un vrai ambassadeur de la tauromachie. Il a beaucoup fait pour l’aficion même s’il ne participait pas à grand-chose, le peu de fois où il parlait, où il allait voir naturellement les jeunes, il les marquait à jamais. Il avait avec lui une rare richesse de contact, sans doute due à une vraie simplicité. En parlant de jeunesse, entre 12h et 13h sur le parvis des arènes, les élèves du Centre français de tauromachie s’exerceront aux yeux de tous à l’art du toreo de salon.

La coordination des clubs taurins de Nîmes et du Gard, ici au siège de Pablo Romero, s’apprête à honorer la mémoire de Nimeño II (Photo Anthony Maurin).

Le dimanche 28 novembre, il y aura quelques clins d’oeil. Tout d’abord avec la tienta du souvenir, enfin dans les emblématiques arènes de Caissargues à partir de 11h. Merci au maire, Olivier Fabregoul, d’avoir permis cette tienta. En effet, les arènes du village gardois sont tellement importantes dans les premières heures de la carrière de Nimeño qu’il parait difficile de ne pas les inclure à la commémoration. Ici, il s’est entraîné comme un forcené montrant à ses compañeros la route qu’il fallait suivre. En tout cas, celle qu’il a suivi et qui l’a mené au sommet de la tauromachie.

Cette tienta du souvenir sera la parfaite occasion pour vivre un moment taurin convivial qui se déroulera entre 11h et 15h. C’est aussi le troisième tercio de la manifestation. Deux machos de Pages-Mailhan et Barcelo seront toréés par Stéphane Fernandez Meca et Denis Loré. Deux matadors de toros retirés qui ont connu Nimeño et rêvé devant ses valeurs. Deux vaches (Blatière-Bessac) camarguaises, autre clin d’oeil aux pratiques de l’époque, seront quant à elles lidiées par les élèves du CFT. N’oublions pas que la première fois qu’il a foulé ce sable, Christian Montcouquiol n’avait que 12 ans (en 1966), mais, encore anonyme, il avait déjà senti l’appel de la planète des toros. Un cadre festival dans l’esprit d’un festival.

Dans la chambre d’hôtel avant la course… Un moment figé sous l’oeil de Michel Pradel (Photo Anthony Maurin).

Un premier tercio artistique, une sorte d’ode à la vie et à la passion dévorante. Un deuxième tiers plus physique et « pratique ». Un tercio ultime fait de transmission et de partage. Avec 322 corridas en Europe et près de 120 en Amérique centrale et du sud, Nimeño II fut le phare de la tauromachie française pendant des décennies. Au moment où l’on cherche ses racines et des modèles de réussite, celui-là demeure exemplaire. « Nimeño n’était pas une grande figura d’el toreo. Il n’a peut-être pas imprégné la tauromachie mondiale comme Ojeda a pu le faire, mais Christian a su marquer l’aficion française à travers les valeurs qu’il portait et partageait. Il a créé une voie, enfoncé une porte, cassé less codes. Nimeño II occupe une place centrale dans la tauromachie à Nîmes comme en France« , assurent les organisateurs. Cependant, et au fil des décennies, des questions demeurent : « Que n’a-t-on pas fait pour qu’il ne soit plus avec nous aujourd’hui ? Nous sommes-nous posés la question du handicap à cette époque ? A-t-on failli ?« , s’interrogent les plus anciens.

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 38 ans et je suis journaliste depuis près de 15 ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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