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FAIT DU JOUR « Black Friday », le jackpot des commerçants ?

(Photo Anthony Maurin).
Le Black Friday s'étale sur plusieurs jours et offre diverses réductions (Photo Anthony Maurin).

Importé des États-Unis, le « Black Friday » est une vaste opération commerciale qui permet de faire des affaires sur de nombreux produits remisés. Dans un contexte de rebond épidémique de la Covid-19, les commerçants gardois ne s’avouent pas vaincus d’avance et espèrent bien attirer les clients, un mois avant Noël.

Contrairement à ses débuts, le « Black Friday », ou vendredi noir, ne se limite plus à une seule journée de promotions. Beaucoup de commerçants ont choisi d’effectuer cette opération sur plusieurs jours, comme Jennifer Peniguet, gérante du magasin « Le Duplex » à Alès, qui a démarré ses offres promotionnelles dès le lundi 22 novembre jusqu’au samedi 27 novembre. « J’ai choisi de le faire sur une semaine car les gens qui travaillent n’ont pas forcément la possibilité de poser une journée pour venir », explique-t-elle. Mais pour le consommateur, difficile de s’y retrouver car chaque enseigne est libre de démarrer l’opération quand elle le souhaite. « J’aimerais que ça devienne réglementé à des dates fixes, ce serait plus clair pour tout le monde », espère celle qui est aussi élue au commerce pour la Chambre de commerce et d’industrie du Gard.

Jennifer Peniguet, trésorière de l'UCIA. Photo Tony Duret / Objectif Gard
Jennifer Peniguet. Photo Tony Duret / Objectif Gard

C’est surtout en fin de semaine, particulièrement samedi, que la commerçante s’attend à faire le meilleur chiffre. « C’’est l’un des plus gros samedis de l’année. Le Black Friday ça marche mieux que les soldes ou n’importe quelle autre opération car les consommateurs profitent de cette journée pour commencer leurs cadeaux de Noël. C’est un motif de consommation, les gens viennent plus acheter un prix qu’un produit », observe Jennifer Peniguet. Elle constate également qu’il serait difficilement possible aujourd’hui de passer à côté de cet événement : « Quand les clients entrent dans la boutique, ils demandent tout de suite où sont les remises, nous n’avons pas d’autres choix que d’adapter notre offre commerciale. »

S’adapter aux attentes du public, c’est aussi évoluer avec son temps et proposer la vente en ligne, qui explose ces dernières années, et encore plus avec la pandémie. « Aujourd’hui, en 2021, on ne peut plus se passer d’avoir une présence sur Internet, c’est le monde qui veut ça. En ce qui me concerne, je fais le Click and collect depuis le premier confinement et beaucoup de personnes passent par ce système », constate la gérante du Duplex. Pour autant, il n’y a pas d’impact sur les ventes en magasin « puisque les chiffres restent stables » dans ses trois boutiques (rue d’Avéjan, galerie marchande d’Hyper U, Porte Sud).

Nathalie tient la boutique de prêt-à-porter One Step dans la rue d'Avéjan. Photo Élodie Boschet/Objectif Gard
Nathalie tient la boutique de prêt-à-porter One Step dans la rue d'Avéjan. Photo Élodie Boschet/Objectif Gard

Toujours dans la rue d’Avéjan, le magasin de prêt-à-porter féminin One Step vient de terminer ses ventes privées pour enchaîner sur le Black Friday depuis mercredi. « Le problème de tout ça, c’est qu’il y a tout le temps des promotions, du coup les gens attendent toujours finalement… », commente Nathalie, qui tient la boutique. Si elle remarque une baisse de fréquentation en raison de la pandémie, elle décrit une situation très aléatoire : « Par exemple, j’ai fait une super journée samedi, et mardi il n’y avait pas un chat… » Elle croise les doigts pour que « ça bouge » d’ici la fin de la semaine.

Black Friday, Black Week, Color day, Color week, Lovely Friday... Consommateurs et commerçants ne savent plus trop où donner de la tête mais jouent le jeu de la consommation à l'approche des fêtes de fin d'année (Photo Anthony Maurin).

À Nîmes, les commerçants ne savent plus trop où donner de la tête. Quand on remonte l'artère commerçante de l'Aspic, on se rend compte que les magasins franchisés annoncent ces journées spéciales. Les petits commerçants, eux, sont plus réservés. « Je vends du linge et je ne vois pas trop l'intérêt de ces offres. Vous savez, ma clientèle est faite de fidèles, de personnes qui n'ont pas besoin de ces "cadeaux" pour venir acheter chez moi. Je ne suis pas contre car entre les soldes, les achats sur Internet et les nouvelles consommations, je ne trouve pas ma place, mais si quelques boutiques peuvent être sauvées par cet américanisme forcé, ça ne me dérange pas ! », affirme une commerçante.

Autre son de cloche chez une vendeuse de chaussures pour dame : « J'adore cette période et je suis heureuse de participer au Black Friday. Je trouve que ça lance les festivités de Noël. Oui, les rues sont déjà illuminées, les gens commencent à acheter leurs cadeaux pour éviter les hausses de prix ou la cohue dans les grands magasins donc chez nous, ça fonctionne. En tout cas, ça met de l'animation et ça fait revenir des gens qui allaient dans les grandes zones commerciales en centre-ville. Le seul problème c'est la visibilité que le client peut avoir. C'est encore un peu trouble, personne n'a les mêmes dates et certains jouent sur une semaine complète quand nous nous tenons au seul vendredi. »

(Photo Anthony Maurin).

À Bagnols, nombreux sont les commerçants de la rue de la République, la principale artère marchande, à ne pas participer au Black Friday. À commencer par la présidente de l’association Bagnols Commerces, Florence Meseguer, qui se revendique « anti black friday. » « Déjà, on a passé une année très compliquée, donc on ne va pas faire les soldes avant les soldes », affirme la commerçante, qui voit cette journée de promotions importée d’Amérique comme un truc de « grandes villes où il y a beaucoup de franchisés. » 

Dans la troisième ville du Gard, elle l’affirme, ses clients ne lui ont pas demandé si elle faisait le black friday. Reste qu’au-delà de son cas personnel, la commerçante estime qu’il faudrait mieux encadrer ces promotions et en revenir à « deux belles périodes de soldes, festives comme avant. Là c’est du grand n’importe quoi, le consommateur ne sait plus le prix des choses. » 

Élodie Boschet (à Alès), Anthony Maurin (à Nîmes) et Thierry Allard (à Bagnols)

Elodie Boschet

Elodie Boschet, journaliste à Objectif Gard depuis septembre 2013.

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