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ÉDITORIAL 714,35 euros : le prix de la honte

Joueurs et supporters ont fêté la victoire ensemble (photo Corentin Corger)
L'équipe Nîmes Chemin-Bas rencontrera Clermont (Ligue 1) à Nîmes en 32es de finale de la Coupe de France (Photo Corentin Corger)

Le moins qu'on puisse écrire c'est qu'en Coupe de France de football, le Nîmes Olympique sait se faire remarquer. Pas forcément les joueurs, qui ont péniblement réussi à s'extirper du piège à Aubagne (National 2) en décrochant une qualification pas vraiment méritée pour les 32e de finale de l'épreuve doyenne au terme de la séance de tirs au but et après un match quelconque face à des amateurs (2-2). Non, c'est plutôt en coulisse que le club et surtout son président, Rani Assaf, fait parler de lui. Pas en bien malheureusement ! Foulant aux pieds une belle tradition - non écrite ni réglementairement obligatoire, il est vrai - qui veut que lors d'une rencontre de Coupe de France un club professionnel laisse sa part de la recette aux guichets lorsqu'il rencontre un club amateur, le NO offre une bien triste image dans l'Hexagone, faisant par ricochet rejaillir l'opprobre et la honte sur toute une ville et ses habitants. Après être reparti de chez les voisins gardois de Chusclan-Laudun avec environ 4 500 euros et avoir privé de cette manne providentielle ce petit club de Régional 3, c'est cette fois avec l'immense pactole de 714,35 euros que le NO a quitté Aubagne ! Un manque de tact qui cette fois-ci a franchi les frontières du département et de Chusclan et de Laudun - où on ne doit plus trop compter de fans du NO - pour éclater au grand jour dans les Bouches-du-Rhône où nos confrères de La Provence ne se sont pas fait prier pour relever la goujaterie et la relayer dans leurs colonnes. Il est vrai que l'argent ne peut pas tout et que la générosité, l'altruisme, le savoir-vivre, l'élégance et la classe ne s'achètent pas et que les temps sont durs pour le président-promoteur immobilier Assaf qui se plaint de devoir régler chaque année plusieurs milliers d'euros d'amendes à cause des fumigènes tirés par les supporters des Crocos mais qui, soit dit en passant, attendent encore d'être remboursés de leur abonnement de la saison covid. Qu'il se rassure, à ce rythme lesdits supporters seront de moins en moins nombreux. Et peut-être les verra-t-on plutôt du côté du vénérable stade Jean-Bouin où les gamins du Chemin-Bas d'Avignon, eux aussi qualifiés ce dimanche, font perdurer l'esprit des Crocos d'antan et les valeurs nîmoises de générosité et de partage. Des jeunes qui auront le privilège au prochain tour de recevoir les pensionnaires de Ligue 1 de Clermont et pas, heureusement pour leurs finances, le Nîmes Olympique qui ira cette fois chercher sa part de recette à Toulouse. En espérant secrètement quand même que la réputation de radins qui colle aux basques des Auvergnats ne soit qu'une légende populaire.

Philippe GAVILLET de PENEY

Philippe Gavillet de Peney

Après avoir traîné ma plume et ma carcasse un peu partout dans les rédactions des quotidiens régionaux de l'Hexagone, j'ai posé mes valises à Objectif Gard en mars 2016. Couteau suisse de la rédaction, j'interviens dans plusieurs rubriques avec une inclination plus marquée pour le sport, les portraits et les sujets de société... Au sein du journal, j'assure par ailleurs le Secrétariat de rédaction.

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