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FAIT DU SOIR La Femme promet « la déconnade sur scène » à Nîmes

Le groupe "La Femme" a remporté une Victoire de la musique en 2013. (Photo : Oriane Robaldo)

Groupe pionnier et novateur de la french pop depuis 2010, référence incontournable célébrée en France comme ailleurs, La Femme revient opportunément « foutre le bordel » pour paraphraser l’un des quinze titres de Paradigmes, avec un troisième album sorti courant de l’hiver 2021. La bande de Sacha Got et Marlon Magnée sera sur la scène de la Smac Paloma à Nîmes le 11 mars prochain. Interview.

Le groupe La Femme sera en concert à Nîmes le 11 mars prochain. (Photo : Oriane Robaldo)

ObjectifGard : Le groupe n’est pas si vieux puisque qu’il a été formé en 2010. Quel souvenir gardez-vous de ce moment-là ? Quelles étaient vos envies avec Marlone Magnée, le co-fondateur de La Femme ?

Sacha Got : C’était fort, ça a été un grand changement dans nos vies. On était passionnés de musique mais jusque-là, on bossait dans nos chambres avec Marlone, en expérimentant certaines choses. Et puis, à un moment, c’est devenu plus sérieux, ça s’est accéléré, on s’est rendu compte qu’il y avait un potentiel et qu’on pouvait aller plus loin. C’était une période hyper excitante, on avait 17-18 ans, on découvrait la vie, on était libres et en même temps super créatifs et productifs.

Quand vous dites : « c’est devenu plus sérieux », est-ce par rapport aux retours que vous aviez ou à un ressenti personnel ?

On a senti personnellement que ça pouvait aller plus loin. On a expérimenté beaucoup de choses et puis à un moment, nous sommes arrivés à un résultat qui commençait à nous satisfaire. On a eu envie de le partager parce qu’on a eu l’impression d’avoir trouvé notre style. Et puis on a commencé à faire des concerts et les premiers retours positifs sont tombés.

Votre premier album Psycho Tropical Berlin sorti en 2013 a immédiatement été salué par la critique et l’histoire se répète à chaque nouvelle production. Est-ce un plus pour vous ou avez-vous besoin de cette reconnaissance ?

On n’a pas que des critiques positives ! La critique médiatique et la critique du public sont deux choses différentes. De même que je fais la différence entre le succès médiatique et le succès dit « public », car on ne passe pas dans les grandes radios par exemple. Mais on a de la chance de pouvoir vivre de notre musique, de pouvoir faire écouter notre musique aux gens… Avec ou sans succès, je pense que de toute façon, on aurait fait la même musique.

Le dernier né s’intitule Paradigmes, et effectivement, en l’écoutant, on retrouve bien sûr la patte de La Femme dans une déclinaison de styles et de genres musicaux. Quel est le projet, de « foutre le bordel » dans notre façon bien française de penser la musique, chacun dans des cases ?

En effet, c’est difficile de nous mettre dans des cases. On fait de la musique dans le sens le plus large du terme. Parfois il y a des morceaux plus ou moins sérieux et d’autres comme Foutre le bordel, sont plus festifs, plus punk. Parfois, dans certaines chansons, on se moque de nous-mêmes, on joue au Boys Band comme dans Foreigner. Quand on était plus jeunes, on aimait aller voir des concerts de punk mais aussi de ska, de reggae et en même temps, on aime écouter de la musique classique, des styles de musique très pointus et très sérieux.

Le groupe « La Femme » a remporté une Victoire de la musique en 2013. (Photo : Oriane Robaldo)

Malgré tout, y a-t-il un genre, un style auquel vous ne toucherez pas ?

La trap, par exemple. Ce n’est pas une question de se l’interdire, mais c’est juste que ça ne nous plaît pas forcément, ce n’est pas un style qui nous parle. Le RnB aussi, ou alors des choses un peu jazzy avec des saxophones…

De votre côté, pour la première fois on découvre des cuivres dans un de vos morceaux, Paradigmes.

C’est vrai qu’on n’a pas mis de cuivres dans nos albums précédents. Le premier était moins produit parce qu’on avait moins de moyens, on ne pouvait pas se permettre d’avoir des musiciens additionnels. On était plus sur du bricolage avec des synthés, des guitares etc. Aujourd’hui, on n’est plus dans cette situation. Sur le deuxième album, il y avait des violons. On aime tous les instruments, on teste un peu tout. On adore les productions des années 70 avec des cuivres et les Big band avec les cuivres. On a voulu réinterpréter tous ces styles-là à notre manière.

Ces quinze chansons présentes sur l’album ont été choisies dans une liste de cent textes déjà écrits…

Et ça a été un travail laborieux que de choisir ces morceaux et de les finir, de les produire. Nous sommes très exigeants, très perfectionnistes, nous ne sommes pas dans la spontanéité. Quand on travaille sur nos albums, ce n’est vraiment pas quelque chose de marrant. Et en même temps, parfois on en rigole, on se dit qu’il ne faut pas se prendre trop au sérieux, que ce n’est que de la musique, du divertissement. Les gens qui viennent nous voir le font pour danser, pour décompresser. Sur scène, c’est la déconnade. On a vraiment les deux aspects.

Quand on s’appelle La Femme et que la majorité des textes est en français, comment ça se passe à l’international ?

Bien, bizarrement. À nos débuts, de nombreux labels nous disaient qu’on ne pourrait pas tourner à l’international en chantant en français. Mais en y allant, on s’est rendu compte du contraire. Quand on a joué aux États-Unis, le public était au rendez-vous et s’est amusé même s’il ne comprenait rien aux paroles, de la même manière que certains Français ne comprennent pas les paroles des artistes qui chantent en anglais. Les gens apprécient l’authenticité et l’exotisme. Nous avons joué cette carte à fond, en portant des bérets. On chantait en français, vraiment on jouait aux Français ! L’important, c’est de partager sa culture, son folklore. Sans pour autant se priver de ses influences ou tomber dans le chauvinisme.

Entre nous Sacha, Clara Luciani a fait partie de votre groupe. Elle poursuit sa carrière en solo. Vous n’en avez pas marre de l’entendre tout le temps, de partout ?

(Rires) Ça va, ça va !

Propos recueillis par Stéphanie Marin

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