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LA RÉCAP’ Un petit pschitt ou un gros Proust ? / Et c’est reparti pour un tour / Jeu de mains, jeu de vilains !

Contre Dunkerque, les Gladiators avaient manifesté leur volonté de voir Rani Assaf partir (Photo Anthony Maurin).
Franck Proust, l’actuel président de la communauté d’agglomération de Nîmes métropole (Photo : Objectif Gard)

Tous les samedis à 19h, Objectif Gard vous propose un rendez-vous sous la forme d’un flash-back sur les événements, petits ou grands, qui ont ponctué la semaine. C’est parti pour la Récap’ !

Un petit pschitt ou un gros Proust ? Quelle différence y a-t-il entre les oiseaux et les hommes politiques ? Réponse : de temps en temps, les oiseaux s’arrêtent de voler. Cette blagounette en forme de devinette que l’on doit au regretté Coluche ne doit pas faire sourire l’actuel président de Nîmes métropole et ancien premier adjoint à la Mairie de Nîmes, Frank Proust. Convoqué cette semaine devant la cour d’appel correctionnelle de Nîmes pour s’expliquer sur de supposés délits de « favoritisme » et « trafic d’influence » (*) dans l’affaire dite de la Senim pour laquelle il a été mis en examen en 2017, l’assureur a fait preuve d’un peu moins d’assurance après avoir entendu les représentants du parquet requérir contre lui 15 mois de prison avec sursis et 15 000 euros d’amende.

Il a dû cependant être soulagé de ne pas voir les magistrats requérir une peine d’inéligibilité qui, en cas de condamnation, l’aurait contraint à rendre ses mandats et à ne plus en solliciter. Dans cette affaire où Franck Proust et ses avocats ont argué du non-respect du  »délai raisonnable » de jugement dans une procédure qui dure depuis le mitan des années 2000 pour voir les poursuites abandonnées – « cette affaire doit faire pschitt !« , a réclamé son avocat – , la cour a mis sa décision en délibéré jusqu’au 14 avril prochain. D’ici là Franck Proust aura tout loisir de relire  « À la recherche du temps perdu » de son homonyme, Marcel, avant -peut-être – de se réjouir en parcourant « Le Temps retrouvé », du même auteur.

Mais de deux choses l’une : soit Franck Proust est coupable de ces juteux petits arrangements entre amis – l’homme politique, patron de la Senim à l’époque, et une poignée de promoteurs à la probité douteuse- et il serait normal qu’il ne soit plus éligible, soit il est reconnu innocent et les réquisitions du parquet tombent de facto. Sans vouloir jouer les « Père la morale » ni tirer sur l’ambulance, ces réquisitions envoient un message un peu troublé à un moment où un véritable gouffre s’est installé entre les élus de tous crins et les Français qui en appellent légitimement à la moralisation de la vie politique et en ont soupé des scandales à répétition.

S’il ne s’agit pas ici d’agiter le populiste chiffon rouge du « tous pourris » et de mettre dans le même panier tous les maires, députés ou ministres, dont la très grande majorité mérite le respect et n’a pas à subir l’opprobre qui rejaillit sur tous du fait de quelques brebis galeuses, comment s’étonner cependant de ce que les Français n’aient plus confiance en leur personnel politique et désertent les urnes. Sans avoir besoin d’aller fouiller trop loin dans les poubelles de la République, remontent de la fange les affaires Cahuzac, Balkany, Tapie, Woerth, Thévenoud, Fillion, Sarkozy, Guéant, etc. J’en passe, j’en oublie et des meilleures…

Pour renouer le lien entre le peuple et ses élus, il serait tout sauf aberrant de soumettre les politiques à une obligation d’exemplarité totale. Et, sans apparaître comme une assurance pour l’avenir, la présentation d’un casier judiciaire vierge pour chaque candidat à un mandat public apparaîtrait comme un  prérequis minimum dans un pays où la moindre inscription au volet B2 ou B3 dudit casier peut vous empêcher d’accéder à un emploi dans l’administration ou dans certaines activités professionnelles. Une petite dernière pour la route ? Connaissez-vous la différence entre Nelson Mandela et certains hommes politiques français ? Réponse : Mandela – et pas pour les mêmes raisons – est allé en prison AVANT d’être élu !

* Toute personne suspectée ou poursuivie est présumée innocente tant que sa culpabilité n’a pas été établie.

Les supporters des Gladiators sont venus réclamer le départ du président Rani Assaf samedi en tribune Nord (Photo Anthony Maurin)

Et c’est reparti pour un tour !  Depuis un bon moment déjà, et en même temps que les fumigènes, le torchon brûle entre le président du Nîmes Olympique, Rani Assaf, et le groupe de supporters des Gladiators. Dernier épisode en date de ce feuilleton « je t’aime, moi non plus », samedi dernier lors du match à domicile contre Dunkerque, où une quarantaine de ces ultras ont signifié à l’homme d’affaires-promoteur, via des banderoles, tout le bien qu’il pensait de lui. Alors bien sûr, ces supporters n’ont pas lu « Le Bonheur de séduire, l’art de réussir » de la baronne Nadine de Rothschild et leur langage comme leurs manières empruntent plus sur le pré à la langue verte qu’à Prévert, mais, et même si on ne les défend pas, il n’y a sûrement là pas de quoi fouetter un chat comme Kurt Zuma. Être invité à aller voir ailleurs si on y est et à aller rejouer à la console chez Free ou voir sa virilité remise en cause de façon grotesque et injurieuse ne mérite pas de se draper dans son indignation et de prendre des airs de vierge effarouchée avant de porter plainte et de réclamer dans la foulée ni plus ni moins la dissolution d’une association en menaçant de son intarissable carnet de chèque, de son entregent et de ses avocats. On se prend à penser qu’heureusement pour lui et pour ces clubs, que l’ami Assaf, décidemment bien fragile, ne soit pas président du PSG, de l’Olympique de Marseille, de Nantes, de Saint-Étienne, de Naples, de Barcelone ou de Buenos Aires. C’est dans l’adversité que naissent les grands hommes et c’est au pied du mur qu’on reconnaît le maçon…

Jeu de mains, jeu de vilains. À la rubrique « Il m’a fait ma semaine », le champion est cette fois un conducteur de scooter. Passablement éméché – ce qui ne saurait tenir lieu d’excuse -, arrêté mardi après un accident de la circulation, cet homme a refusé le contrôle d’une patrouille de la gendarmerie arrivée sur les lieux de l’accident. Après avoir insulté les militaires mais loin de s’en tenir là, inspiré par une riche idée et par une humeur facétieuse le gaillard s’est pris d’une envie irrépressible de jouer à « chat-bite » avec l’un d’entre eux. Bien mal lui en a pris ! Ce qui dans un dortoir de conscrits ou dans une colonie de vacances du siècle dernier serait resté au stade d’un jeu puéril de crétins mal dégrossis s’est transformé devant le tribunal en « agression sexuelle » et en « outrage en parole et en geste ». Déjà connu pour plusieurs infractions du même acabit, le concerné, qui lui n’a pas la chance de faire de la politique (lire plus haut) a directement écopé d’1 an de prison dont 6 mois assorti d’un sursis probatoire et d’un maintien en détention. Jouer avec l’argent du contribuable, passe encore, mais avec les coucougnettes des gendarmes, c’est non ! On attend maintenant de savoir si le condamné tentera d’imposer à ses codétenus ses goûts en matière de jeu de société ou s’il devra s’en tenir au plus traditionnel mais moins risqué « chat perché ».

Philippe GAVILLET de PENEY

Philippe Gavillet de Peney

Après avoir traîné ma plume et ma carcasse un peu partout dans les rédactions des quotidiens régionaux de l'Hexagone, j'ai posé mes valises à Objectif Gard en mars 2016. Couteau suisse de la rédaction, j'interviens dans plusieurs rubriques avec une inclination plus marquée pour le sport, les portraits et les sujets de société... Au sein du journal, j'assure par ailleurs le Secrétariat de rédaction.

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