A la uneActualitésAlès-CévennesSanté

L’IMAGE DU JOUR 143 000 injections plus tard, le centre de vaccination d’Alès tire le rideau

Les chaises du centre de vaccination La Prairie d'Alès sont inoccupées. (Photo Corentin Migoule)
Les chaises du centre de vaccination La Prairie d’Alès sont inoccupées. (Photo Corentin Migoule)

Après 52 semaines d’activité, le centre de vaccination La Prairie d’Alès tirera le rideau ce vendredi 25 février à 17 heures. La structure sera ensuite transformée en relais ambulatoire ouvert deux jours par semaine, se conformant ainsi davantage à la demande actuelle. Un ouf de soulagement pour les 600 professionnels de santé mobilisés.

Les chaises de la salle d’attente sont inoccupées, les médecins et les infirmiers, à l’arrêt, discutent de tout et de rien, tandis que deux agents d’accueil en plein visionnage d’une vidéo sur un smartphone laissent échapper un éclat de rire qui résonne dans la structure vide. Et pour cause ! Ce vendredi après-midi, les visiteurs sont rares au centre de vaccination La Prairie.

Ouvert le 15 février 2021, le vaccinodrome alésien s’apprête à tirer le rideau dans quelques minutes, après un an d’intense activité. « Le dernier patient du jour arrivera à 16 heures 30 », indique Thierry Cubedo, responsable du service de santé publique d’Alès Agglomération. En effet, alors que la virulence du variant Omicron s’est avérée inférieure à celle de ses prédécesseurs et que le gouvernement envisage la levée du pass vaccinal à la fin du mois de mars, l’activité du centre de vaccination alésien a considérablement faibli.

Le centre transformé en relais ambulatoire

« On a eu une très forte séquence avec 5 000 vaccinations par semaine en décembre avant Noël et pendant quinze jours en janvier, mais depuis on constate un amenuisement de la demande de vaccination », confirme Thierry Cubedo, évoquant malgré tout 150 injections quotidiennes ces derniers jours, dont une dizaine de primo-vaccinations.

Si la campagne de vaccination de masse menée par le vaccinodrome alésien s’achève enfin, laquelle a mobilisé 400 agents de la collectivités (mairie et Agglo), 150 infirmiers libéraux et 50 médecins, pour un total de 143 000 doses administrées en un an, le gymnase de la halle des sports ne va pas retrouver ses fonctions sportives initiales dans l’immédiat. « Le centre va être transformé en relais ambulatoire tenu par des infirmiers libéraux qui vaccineront tous les mercredis après-midis et les vendredis matins à partir du 2 mars », précise le responsable de la santé publique d’Alès Agglomération.

Et, bien qu’un réaménagement des lieux soit envisagé, la collectivité a fait le choix de ne rien démonter afin de rester en veille. « Il faut être très enthousiaste mais il faut aussi rester sérieux. On s’attend à une accalmie qui, je l’espère, durera au moins jusqu’à l’automne prochain. Mais il y aura ensuite de manière quasi-certaine une résurgence épidémique dont nous ne connaissons ni l’intensité ni la contagiosité. Il faut donc être prêt à réagir le cas échéant », résume Thierry Cubedo.

Le besoin de souffler

C’est toutefois avec le sentiment du devoir accompli que le dernier nommé tournera la clé dans la serrure de la porte d’entrée du centre ce vendredi soir. « Dans nos têtes, nous étions partis pour un challenge de trois mois. Finalement, il a fallu tenir sur la durée en maintenant une offre de haut niveau pendant un an. C’est une fierté de se dire que le job a été fait. D’autant que c’était une campagne inédite durant laquelle nous avons avancé pas à pas, au gré de l’évolution des protocoles », rejoue le « monsieur santé » de l’Agglo.

S’il met également en avant la « concentration extrême » dont a fait preuve l’ensemble du personnel mobilisé pendant 52 semaines, le dernier cité insiste sur un « engagement » qui dure en réalité depuis deux ans. « Avant cette année de vaccination, il y avait eu une année de soin et de dépistage pour la majorité des professionnels de santé. Il y a donc inévitablement de la fatigue et un besoin de souffler. »

Souffler, et décompresser ! Ainsi, les professionnels de santé du bassin alésien prévoient de « marquer le coup » pour célébrer cette sortie de crise autour d’un verre. Sans excès, et « en petit comité » si l’on en croit Thierry Cubedo, lequel joue la carte de la sagesse : « On est encore sur un taux d’incidence de 800 cas pour 100 000 habitants dans le département. Le virus circule toujours. Il faut garder son sérieux mais il est évident qu’on fera quelque chose collectivement le moment venu. » Souhaitons que cet instant soit imminent.

Corentin Migoule

Quatre livres d’or remplis. Pendant toute la durée de la campagne de vaccination, les visiteurs du centre ont eu, après avoir reçu leur injection, la possibilité de noircir les pages d’un livre d’or ouvert et déposé sur une table située près de la sortie. « Quatre livres d’or ont été remplis », précise Thierry Cubedo. Et d’ajouter : « L’écrasante majorité des rédacteurs a salué l’organisation, la bienveillance et la qualité de l’accueil. Certains n’ont pas été satisfaits du service rendu, tandis que d’autres ont utilisé le livre d’or pour exprimer leur mécontentement à l’égard d’une campagne de vaccination soumise au pass sanitaire. C’est au final une bonne photographie de la société actuelle. »

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Bouton retour en haut de la page

Adblock détecté

S'il vous plaît envisager de nous soutenir en désactivant votre bloqueur de publicité