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LE 7H50 Éric Agrinier s’exprime après les agressions de pompiers à Paris et à Nîmes

Le lieutenant-colonel des Sapeurs-pompiers du Gard Éric Agrinier (Photo DR)
Le lieutenant-colonel des Sapeurs-pompiers du Gard Éric Agrinier (Photo DR)

Après l’attaque de ce dimanche 1er mai sur un sapeur-pompier à Paris et dans la même journée, l’agression d’un pompier à Nîmes, Éric Agrinier, lieutenant-colonel des sapeurs-pompiers du Gard, s’exprime sur Objectif Gard.

Objectif Gard : Comment avez-vous réagi après l’agression d’un sapeur-pompier en marge des manifestations du 1er mai à Paris ?

Éric Agrinier : Choqué, bien entendu, comme je le crois tous les Français. Quand on fait cette profession, bien sûr que l’on prend en compte les risques qui vont avec, mais cela reste toujours difficile à comprendre de s’attaquer à ceux qui exercent une mission de secours.

Et ce dimanche aussi, c’est à Nîmes qu’une agression a eu lieu, lors du transport d’une personne. Deux sapeurs-pompiers du centre de secours principal de Nîmes ont été victimes d’une agression physique par la victime !

Ce n’est pas un cas anodin. Ce sont malheureusement des actes qui sont fréquents. Nous sommes dans le cas typique d’une victime agressive. Mais cela aurait pu être ses proches sous l’emprise d’alcool ou de stupéfiants, avec des personnes déjà fragiles psychologiquement ou dépressives. Dans un contexte de désespoir, la victime a tendance à s’en prendre à ceux qui viennent la sauver…

Diriez-vous que la violence est de plus en plus présente aujourd’hui ?

Est-ce qu’elle s’est accentuée ou est-ce que cette violence est davantage médiatisée ? Avec les réseaux sociaux, les chaînes de télévision qui proposent une information en continu, des médias en ligne comme le vôtre qui sont très réactifs. À chaque instant, à chaque évènement, on reçoit tout de suite l’information sur le téléphone. Par ailleurs, je dirais aussi que les différentes structures du SDIS en France ont décidé de ne plus laisser faire. Que ce soient les insultes, les bousculades dans le cadre de secours, on les a trop longtemps considérées comme faisant partie des risques du métier. Désormais, on a mis en place, et notamment dans le Gard, des procédures pour agir immédiatement en cas d’actes de ce type. Sinon, cela pourrait laisser penser que l’on cautionne…

Cette prise de conscience date de quand ?

Nous avons rendu les procédures opérationnelles depuis 2018. Elles touchent tous les aspects. Judiciaire d’abord, avec l’accompagnement de l’agent victime vers le dépôt de plainte auprès des services de police ou de gendarmerie. L’agent peut porter plainte individuellement, mais on ne le force pas. Par contre, l’entité SDIS porte plainte systématiquement. Il y a ensuite un deuxième volet plus résilient. Avec une prise en charge médicale et psychologique du pompier, professionnel ou volontaire en fonction du traumatisme subi. Je voudrais d’ailleurs saluer l’ensemble des acteurs dans cette démarche complète, y compris les Parquets de Nîmes et d’Alès qui à chaque fois oeuvrent pour accompagner au plus juste. Je n’oublie pas bien entendu la préfète du Gard qui porte un regard très attentif sur ces difficultés.

Avez-vous le sentiment que ces actes de violence freinent les recrutements. Ou pire, inquiètent les pompiers en fonction des terrains d’intervention ?

Il ne faut pas systématiser certains territoires. Quand on suit les dépôts de plainte et l’origine des plaintes, on observe facilement que les agressions ont lieu partout. Sur la voie publique, à domicile, en milieu urbain comme rural. Tout dépend du contexte, de l’état de la personne victime quand on intervient. De l’état de stress ou de colère de l’entourage lors de l’intervention, etc. J’ajoute que l’on peut retrouver dans de nombreux cas des problématiques stupéfiants ou alcool qui amplifient aussi les risques de violence.

Je présume que la prise en compte de ces violences est au coeur des formations des pompiers ?

Vous présumez bien, c’est en effet un des aspects de la formation continue proposée aux agents. Dans l’objectif d’accroître le seuil de vigilance en cas de risque d’attaques, de mieux détecter les situations à risque. Il faut absolument maîtriser les techniques de protection, d’apaisement des tensions sur le terrain, etc.

Propos recueillis par Abdel Samari

Abdel Samari

Créateur d'ObjectifGard, je suis avant tout passionné par les médias et mon département. Ce qui me motive chaque jour : informer le plus grand nombre sur l'actualité du Gard ! Pari tenu ?

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