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NÎMES « Les Mémoires d’un seigneur » : quarante amateurs entrent dans la danse

Le spectacle Les Mémoires d'un seigneur sera présenté ce samedi soir à la salle Bernadette-Lafont à Nîmes. (Photo : Sandy Korzekwa)

C’est une performance inédite qui va se jouer sur la scène de la salle Bernadette-Lafont, ce samedi 7 mai à 20h. Le résultat d’une association de prestige entre le danseur et chorégraphe, Olivier Dubois et le Théâtre de Nîmes.

Les quarante participants ont suivi une semaine de répétition. (Photo : Sandy Korzekwa)

« C’est peut-être l’histoire d’un roi, d’une immense solitude. D’un combat obscur et d’un homme triomphant. » La note d’intention du chorégraphe, Olivier Dubois, artiste associé au Théâtre de Nîmes, est volontairement succincte et donc mystérieuse. « Nous artistes, nous ne devrions rien écrire sur nos spectacles. L’art est un voyage incroyable de la dictature, imposée par les artistes, à la démocratie, puisque chaque personne peut voir et ressentir ce qu’il veut« , a-t-il commenté lors d’une rencontre avec la presse organisée hier, à l’avant-veille de la présentation des Mémoires d’un seigneur à la salle Bernadette-Lafont à Nîmes.

Un spectacle créé en 2015, alors qu’il était à la tête du centre chorégraphique national à Roubaix, et qui ne cesse de tourner, un peu partout dans le monde. Cette oeuvre est inscrite dans un processus de création permanente, car jamais sur scène – hormis le rôle du seigneur, écrit pour Sébastien Perrault puis repris par Rémi Richaud – ce ne sont les mêmes danseurs, ils ne sont d’ailleurs pas professionnels.

Le danseur et chorégraphe, Olivier Dubois, a été directeur du Ballet du Nord entre 2014 et 2017. (Photo : S.Ma/ObjectifGard)

Bien plus qu’un spectacle, Les Mémoires d’un seigneur, est une aventure artistique et collective, ouverte à tous. À chaque représentation, celui qu’on surnomme l’agitateur de la scène contemporaine française, rassemble autour du soliste, des dizaines d’amateurs masculins de tous les âges. Il forme une nation aux multiples visages face à un roi mais on peut aussi y voir un roi dans chacun d’entre eux. Ces hommes sont recrutés sans audition préalable, simplement en répondant à un appel à participation. Seule une condition ne peut être éludée : la bonne forme physique. « Il faut être prêt à endurer, c’est un spectacle qui demande de l’engagement. Les participants ne sont pas un décor« , a complété Karine Girard assistante à la création.

« J’ai posé une semaine de vacances, et je ne le regrette pas »

À Nîmes, une quarantaine d’hommes âgés de 19 à 70 ans, a relevé le défi et suivi une semaine de répétitions entre le lundi 2 et ce vendredi 6 mai. Parmi eux, Jean-Pierre Souhce, journaliste. « J’ai posé une semaine de vacances, et je ne le regrette pas. On est épuisés après chaque entraînement« , a lancé le quinquagénaire. Et Samir Zanoun, 39 ans, d’ajouter : « J’ai beau être un peu plus jeune et costaud, ce jeu avec les corps est parfois très éprouvant. Mais il y a une réelle bienveillance entre nous. »

De gauche à droite : Samir Zanoun, Rémi Richaud, Jean-Pierre Souche, Karine Girard et Olivier Dubois. (Photo : S.Ma/ObjectifGard)

Rémi Richaud, formé au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris, a repris le rôle du seigneur il y a quelques années. Si sa partition sur scène ne change pas, « cette expérience offre un autre regard sur le métier« . Et il poursuit : « À chaque fois, je demande aux personnes des différents groupes leur interprétation de la pièce, j’écoute leurs commentaires. Je danse, je fréquente le milieu professionnel depuis 15 ans, alors ça fait du bien d’en sortir un peu, c’est très rare. »

« Le but n’était pas d’en faire des danseurs, mais de libérer quelque chose en eux »

En parallèle de ce travail, le chorégraphe qui présentera dès la saison prochaine la version recréée de Tragédie – pourquoi pas dans les arènes de Nîmes, c’est son souhait – a animé, lundi dernier un atelier de danse contemporaine pour une quinzaine d’hommes de la Maison d’arrêt de Nîmes, en collaboration avec le danseur Nicola Manzoni de la compagnie COD. « Je ne l’avais jamais fait jusque-là. Ça n’a pas été simple, il a fallu réinventer, désamorcer, s’apprivoiser, construire une confiance. J’ai trouvé ça passionnant. Nous avons eu des conversations sur l’art fabuleuses. Le but n’était pas d’en faire des danseurs, mais de libérer quelque chose en eux à travers la danse« , a-t-il souligné. La danse et plus largement l’art, par tous et pour tous, telle est la vision de ce grand chorégraphe exprimée dans ces deux projets présentés et menés à Nîmes. C’est en tout cas notre interprétation !

Stéphanie Marin

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