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FAIT DU JOUR VIDÉO Apprendre à maîtriser son stress pour mieux préparer sa rentrée en 6e

Apprendre à respirer peut être une clé pour réguler son stress. (Marie Meunier / Objectif Gard)
Pour la deuxième année, la classe de CM2 de Sophie Fabre suit le programme « Destresse et progresse ». (Marie Meunier / Objectif Gard)

« Quand vous êtes au tableau et que vous sentez que le stress monte, vous bloquez un peu votre respiration puis vous soufflez« . Ce lundi matin, la classe de CM2 de l’école privée Pie XII de Rochefort-du-Gard suit une séance un peu particulière. Elle est animée par Valérie Copin, pédopsychiatre avignonnaise, qui donne aux futurs collégiens des outils pour mieux appréhender leur entrée en 6e. 

C’est la deuxième année que cette école rochefortaise permet aux CM2 de suivre ce programme intitulé « Destresse et progresse ». Il se décline en cinq séances d’une heure durant lesquelles les élèves décortiquent le stress : dans quelles situations il se déclenche, pourquoi, comment il se manifeste et surtout comment le calmer. Entre chaque séance, les élèves peuvent se référer à leur carnet de bord pour bien intégrer tout ce qu’ils ont appris.

Valérie Copin liste avec les élèves les facteurs qui peuvent causer du stress. (Marie Meunier / Objectif Gard)

« Il y a un message simple mais très important à savoir, c’est que le stress est quelque chose de normal et pourtant, on a beaucoup véhiculé l’idée que le stress était mauvais pour la santé. En réalité, c’est une réaction adaptative« , explique Valérie Copin. Autrefois, quand notre cerveau percevait une menace réelle, quand un mammouth s’apprêtait à attaquer par exemple, il sécrétait des hormones pour mobiliser beaucoup d’énergie dans notre corps.

« La pré-adolescence est une période incertaine, parcourue de doutes où les émotions sont décuplées »

Aucune chance de croiser un mammouth aujourd’hui mais cette réaction au stress est restée chez les humains. Elle peut se déclencher lors de situations dangereuses mais aussi dans des événements du quotidien. Et ce, dès le plus jeune âge. Les CM2 rochefortais citent par exemple : arriver en retard, tomber devant tout le monde, passer une évaluation, réciter une poésie devant la classe ou la peur de passer en 6e. Cela peut se traduire par la transpiration abondante, les mains qui deviennent moites, la perte de moyens, les maux de ventre… Souvent, ce sont des situations liées au S.P.I.N. (sens du contrôle faible (S), personnalité menacée (P), imprévisibilité (I) ou nouveauté (N)).

S’étirer peut aussi permettre de réduire les manifestations du stress. (Marie Meunier / Objectif Gard)

« La pré-adolescence est une période incertaine, parcourue de doutes où les émotions sont décuplées. Les séances « Destresse et progresse » permettent de leur donner des clés pour franchir ces étapes« , assure Sophie Fabre, professeure de la classe. Ce programme de prévention a été élaboré par une équipe du centre d’études sur le stress humain (CESH) à Québec. L’idée, c’est de chercher à améliorer la santé mentale et physique des enfants et des adolescents, en leur enseignant comment faire face au stress. Cela peut passer par la respiration, l’exercice, le chant, la danse, la présence d’un animal ou même prendre soin des autres… Chacun doit trouver la recette la plus efficace pour « baisser le feu avant que ça ne déborde« .

Parler du stress pour que les enfants se sentent moins isolés avec leurs angoisses

Valérie Copin indique : « Travailler sur la vie émotionnelle en classe, ce n’est pas quelque chose d’habituel en France où on est centré sur les apprentissages académiques. Or, on sait que c’est très important pour la scolarité d’être à même de réguler ses émotions. » Pour la scolarité mais aussi pour la vie professionnelle future. Parler du stress en classe peut permettre également de rassurer des enfants qui se sentent isolés avec leurs angoisses, amener compréhension, cohésion et tolérance et éviter les moqueries.

« Ça peut aussi permettre à certains enfants de ne pas développer de troubles caractérisés. Car la période pré-pubertaires est un moment où on en voit beaucoup apparaître« , ajoute la pédopsychiatre. Ce programme peut donc avoir son rôle à jouer face à l’apparition de phobies ou de refus scolaires, d’anxiétés sociales. Des troubles qui peuvent se trouver exacerbés par l’usage des réseaux sociaux ou les conséquences des confinements et des restrictions sanitaires. « C’est certain qu’on a vu très nettement une augmentation des difficultés chez les élèves. Il y a trois fois plus d’élèves décrocheurs depuis la pandémie« , chiffre Valérie Copin. Le 3 juin, les CM2 rochefortais suivront leur 4e séance.

Marie Meunier

La formation Déstresse et progresse accueille tous les professionnels dans le domaine de l’éducation, notamment les enseignants, les conseillers scolaires, les infirmières, les psychoéducateurs, les psychologues scolaires, les directeurs et autres.

Reportage à retrouver en vidéo

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