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FAIT DU JOUR 1ère, 2e et 3e circonscriptions : macronistes et frontistes croisent le fer

De gauche à droite : Yvan Lachaud, Françoise Dumas et Anthony Cellier, les trois candidats de la majorité présidentielle sur la 2e, 1e et 3e circonscription (Photo : droits réservés)
De gauche à droite : Yvan Lachaud, Françoise Dumas et Anthony Cellier, les trois candidats de la majorité présidentielle sur la 2e, 1e et 3e circonscription (Photo : droits réservés)

Qualifiés pour le second tour des Législatives ce dimanche, les candidats de la majorité présidentielle sont en duel face au Rassemblement national (RN). Dans les 1ère, 2e et 3e circonscriptions, Françoise Dumas, Yvan Lachaud et Anthony Cellier auront fort à faire pour conserver ou décrocher un poste de député. 

1ère circonscription : Françoise Dumas et le réflexe du vote républicain

C’est un peu sonnée que la députée sortante Françoise Dumas a déboulé, dimanche soir, sur le plateau de Bonsoir Le Gard. Élue depuis dix ans, la macroniste a arraché sa place au second tour sur la 1ère circonscription, avec seulement 496 voix d’avance sur son concurrent de la Nupes, Charles Menard. Autant dire que la sortante l’a échappé belle ! Le candidat RN Yoann Gillet, lui, fait la course en tête avec 31 %, soit 2 000 de plus que Françoise Dumas. Pas question pour la sortante de montrer un quelconque signe de faiblesse : « Ce résultat, je l’avais imaginé. Ce soir, il n’y a pas eu de tension mais plutôt d’impatience de voir les résultats de Nîmes tomber. » Nîmes étant une commune qui a permis à la députée de contrebalancer la flambée des votes RN à Beaucaire et dans les villages environnants. 

Françoise Dumas, ce mardi au marché du quartier du Chemin-Bas-d’Avignon à Nîmes (Photo : CM)

À y regarder de plus près, Françoise Dumas a perdu des voix par rapport à 2017. Son rival Yoann Gillet, a contrario, en a gagnées. Un problème arrivant rarement seul, les élus de la Droite nîmoise ainsi que le candidat Nupes n’ont donné aucune consigne de vote. Pire : « Entre la peste et le choléra, je ne vais pas choisir », a lancé Charles Ménard. Dur… Si elle veut l’emporter, Françoise Dumas devra mobiliser des abstentionnistes : « Avoir un député RN dans l’opposition ne permettrait pas à nos concitoyens, dont je comprends la colère, de s’en sortir mieux. […] Nous avons fait beaucoup de choses à la commission Défense que j’ai présidée avec une hausse des moyens pour les militaires. Toutes les tendances politiques ont voté ces projets, c’est une question de valeurs, sauf la France insoumise et le Rassemblement national ! »

Faut-il voir dans les propos de l’ancienne socialiste un appel du pied aux électeurs de Gauche qui au fur et à mesure des scrutins ont montré leur réflexe « vote républicain » ? Reparti sillonner la circonscription, tracts en main, Yoann Gillet, lui, continue de surfer sur la vague anti-Macron : « Ne la sous-estimez pas dans le Gard ! Les électeurs font ce qu’ils veulent, ils n’ont pas besoin de consigne de vote. Ce que je leur dis, c’est que je suis le seul candidat opposé à Emmanuel Macron. Françoise Dumas n’a servi à rien ces dix dernières années ! Nous à Beaucaire, avec le maire ultra-présent qu’est Julien Sanchez, nous avons fait un travail remarquable. Je ferai pareil à l’Assemblée nationale ». Verdict dimanche soir.

2e circonscription : Yvan Lachaud, la remontada ?

Une fois n’est pas coutume, ce premier tour a fait deux heureux : le député RN sortant, Nicolas Meizonnet, et son rival de la majorité présidentielle, Yvan Lachaud. L’ex-président de Nîmes métropole s’est qualifiée au second tour avec seulement 548 voix d’avance sur la candidate de la Nupes, Coralie Ghirardi. Il récolte 23 % des suffrages soit 10 050 voix. Sur le papier, l’affaire était loin d’être gagnée… Le candidat Les Républicains-UDI, Frédéric Touzellier, chassait sur les mêmes terres que lui. Comme pour Françoise Dumas sur la 1ère, le résultat d’Yvan Lachaud est en-dessous de celui de la candidate Marie Sara qui, en 2017, a enregistré 32 % soit 13 991 voix. En revanche, sa concurrente de Gauche, elle, a appelé immédiatement à faire barrage au Rassemblement national : « L’extrême-Droite, non jamais ! » Ça a le mérite d’être clair.

Eddy Valadier, le maire de Saint-Gilles, Edouard Philippe et Yvan Lachaud (photo Yannick Pons)

De nouveau en campagne, Yvan Lachaud affiche fièrement les soutiens de maires, à l’instar du Républicain de Saint-Gilles, Eddy Valadier, ou du socialiste de Vauvert, Jean Denat : « Nous avons le choix entre un député de la majorité et de l’extrême-Droite qui n’a strictement rien fait depuis qu’il est élu ! Les électeurs ont la possibilité de changer les choses. » La majorité présidentielle a encore du pain sur le planche… Au premier tour, Nicolas Meizonnet a enregistré le score le plus élevée du RN sur la circonscription avec 35 %, soit 15 434 voix. Il fait mieux que Gilbert Collard en 2017 et dépasse également le score de Marine Le Pen au premier tour de la Présidentielle. Nicolas Meizonnet est lui-aussi venu à bout de la dissidence de son ancien mentor Gilbert Collard qui poussait la candidature de son gendre investi par Reconquête ! 

Ce mercredi, le président du RN, Jordan Bardella, est venu prêter main forte à Nicolas Meizonnet. Le frontiste veut ratisser large : « La grande leçon de cette élection, c’est que le soutien des élus n’apporte plus rien. Moi, je vais m’adresser directement aux électeurs, patriotes du clan national qu’ils aient choisi Reconquête ou Les Républicains au premier tour. » Nicolas Meizonnet ne perd pas espoir également de convaincre la Gauche : « Ce sont des patriotes sincères qui veulent faire barrage à la politique d’Emmanuel Macron qui propose la retraite à 65 ans. Nous avons une spécificité locale ici, puisque Yvan Lachaud défend le programme d’Édouard Philippe à 67 ans ! » Comme en 2017, l’issue du scrutin s’annonce aussi incertaine que passionnante. 

3e circonscription : Anthony Cellier, pas prophète en son pays

Dans un monde parallèle, où la 3e circonscription ne compterait ni Villeneuve-lès-Avignon, ni les Angles, le député sortant (LREM – Ensemble) Anthony Cellier ne serait probablement pas au second tour des ces législatives. Car c’est un paradoxe : le Bagnolais, ardemment soutenu par le maire de Bagnols, Jean-Yves Chapelet, et le président de l’Agglo du Gard rhodanien, Jean-Christian Rey, et par son ami le co-référent de La République en marche, Jérôme Talon, est loin de faire le plein dans son fief. À Bagnols, il se classe deuxième avec 27,50 % des voix, 350 voix derrière la candidate du RN Pascale Bordes (34,26 %), mais fait tout de même un peu mieux que sur l’ensemble de la circonscription, où il se classe deuxième avec 26,77 % des voix, tandis que Pascale Bordes atterrit à 30,08 %. 

Il en va de même à Aramon, et dans d’autres communes importantes de la circonscription, comme Laudun-l’Ardoise, Roquemaure ou Remoulins, le candidat macroniste arrive même troisième derrière le RN et la Nupes. Sa qualification au second tour, Anthony Cellier la doit en grande partie à Villeneuve et aux Angles. C’est la deuxième partie de ce paradoxe : dans ces deux communes de droite, dont les maires sont loin de faire partie de ses soutiens, Anthony Cellier fait le plein. Jugez plutôt : 31,12 % des voix à Villeneuve, loin devant Sabine Oromi (17,7 %) et surtout Pascale Bordes (16,43 %) et 29,44 % aux Angles, contre 23,29 % pour Pascale Bordes. 

Anthony Cellier, député sortant sur la 3e circonscription (Photo : Yannick Pons)

Tout sauf négligeable quand on sait que le corps électoral se situe plutôt sur ces deux coquettes communes qui ont la particularité de s’abstenir moins que les autres, et surtout que Bagnols : sur ce premier tour, Villeneuve et les Angles représentent à elles deux plus de 8 700 votants, contre à peine 5 400 à Bagnols. La candidate du RN Pascale Bordes peut bien faire le plein dans la ville centre et dans de nombreuses petites communes, le retard accumulé à Villeneuve et aux Angles permet à Anthony Cellier de conserver l’espoir de rempiler. « Il va falloir continuer à travailler et convaincre pour s’assurer que cette circonscription reste avec un député de la majorité et continue d’en tirer tous les bénéfices », estime le sortant.

Pour y parvenir, il va devoir compter sur une mobilisation de son électorat du premier tour et sur un élargissement un peu à Droite, mais surtout à Gauche pour refaire son retard. À l’issue de ce premier tour, Anthony Cellier compte environ 2 500 voix de moins qu’en 2017 au même stade, tandis que la candidate RN en gagne 3 700. La poussée du parti d’extrême-Droite est donc réelle sur cette circonscription où, et c’est un autre paradoxe, il ne compte aucun maire et très peu d’élus. 

Thierry Allard et Coralie Mollaret 

Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

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Un commentaire

  1. ?? Est-ce que M. CELLIER a téléphoné à Blandine ARNAUD (candidate de la droite) ??
    Les 2500 voix de retard de M. CELLIER (par rapport à 2017) ne seraient-elles pas dues à la très bonne campagne de Blandine ARNAUD? Puisqu’elle a fait 800 voix à Villeneuve (3 x plus que Pécresse), 400 aux Angles et 250 à Rochefort du Gard, soit + de 1500 voix dans son canton (3087 voix au total) ! En sachant qu’elle n’a pas donné de consignes de vote, où vont se reporter les voix de cette candidate qui n’a pas démérité et dont personne ne parle ? C’est la grande question…

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