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FAIT DU JOUR Palais des congrès de Nîmes : l’ombre d’un doute pour les riverains

Les propriétaires de la résidence "Porte de France" sont très inquiets (photo Norman Jardin)
Jacqueline profite encore de la vue avant l’arrivée du Palais des congrès (photo Norman Jardin)

À Nîmes, alors que les travaux du futur Palais des congrès ont débuté dans le secteur de la Porte de France, les propriétaires d’appartements voisins s’inquiètent des conséquences visuelles, locatives et vénales sur leur bien immobilier. 

C’est un des grands projets de la quatrième mandature de Jean-Paul Fournier. Un Palais de congrès trônera entre la rue Porte de France et la rue Jean-Reboul à partir de septembre. « Idéalement situé à proximité immédiate du Musée de la romanité et des arènes, ce nouvel équipement permettra d’accroître le rayonnement touristique de Nîmes, en complément des aménagements déjà effectués », se félicite le maire de Nîmes sur le site municipal vivrenîmes.fr.

« Il a fait de Nîmes une très belle ville, mais ça non ! »

Mais tout le monde ne partage pas l’enthousiasme du premier édile. L’inquiétude est grande chez des propriétaires de la résidence Porte de France. Ces derniers s’unissent pour alerter sur les conséquences que le Palais des congrès générera sur leur bien immobilier. Leurs appartements donnent tous sur ce qui est était le parking de la chambre de commerce et d’industrie du Gard, aujourd’hui cadre de fouilles archéologiques et qui sera dans trois ans l’emplacement du Palais des congrès.

Gilbert Roussel devant la résidence Porte de France (photo Norman Jardin)

« Mon locataire souhaite partir… »

Les habitants de la résidence auront face à eux un bâtiment haut d’une quinzaine de mètres, ce qui ne sera pas sans répercutions. « J’avais choisi cet appartement pour sa situation et sa vue extraordinaire. Or, la vue sera obturée par un mur qui cachera le soleil. Il n’y aura plus aucune lumière dans nos logements », explique Jacqueline Roussel qui habite au quatrième étage depuis dix ans. La Nîmoise n’accepte pas de voir un tel bâtiment pousser à six mètres de ses fenêtres : « Avant de lancer le chantier on aurait pu consulter les habitants du quartier. C’est la fin de règne d’un maire bâtisseur mais il l’était déjà car il a fait de Nîmes une très belle ville, mais ça non ! Je m’y oppose violemment ! »

« Une perte de valeur vénale de 20% à 35% »

Pour Alain Roure, propriétaire bailleur d’un logement de 50 m2, les conséquences de se sont pas fait attendre : « En raison de ce projet, mon locataire souhaite partir et la précédente personne qui occupait l’appartement est partie aussi à cause du Palais des congrès. Je demande que le projet soit modifié. » Parmi les problèmes actuels, ou anticipés par les riverains, il y a la perte de valeur de leur bien immobilier. « La perte de valeur vénale se situe entre 20% et 35% », estime Gilbert Roussel qui est décidé à aller jusqu’au bout pour faire infléchir la municipalité. « Quand le permis sera déposé, nous allons intenter un recours amiable auprès du maire et selon sa réponse nous aviserons. Nous avons pris contact avec un avocat pour aller devant le tribunal administratif. Personne qui voit son patrimoine mis en cause ne peut rester sans réagir. »

De son quatrième étage, Hélène s’inquiète de l’arrivée du Palais des congrès (photo Norman Jardin)

« De ma fenêtre je vois les arènes, l’église et le musée de la Romanité »

Alors en attendant, au quatrième étage, Hélène de Robert, la présidente du conseil syndical de la résidence Porte de France, profite de la vue : « Aujourd’hui, de ma fenêtre je vois les arènes, l’église Sainte-Perpétue et le Musée de la romanité. » Mais en 2025 son horizon se limitera aux murs du Palais des congrès. « Alors que les villes font des efforts pour mettre en place des espaces verts, nous allons avoir du béton », peste Hélène qui s’inquiète aussi pour la circulation : « Place de l’Oratoire ça va être l’horreur avec une rue étroite et une circulation bizarre pour l’accès à nos garages. »

Inquiétude aussi pour les places de parking

Le sujet est sensible d’autant que le parking de la CCI a disparu. « Tissot immobilier va réaliser un immeuble de 63 appartements avec 180 places de parking (rue de l’Hôtel-Dieu, NDLR). Il y en aura 63 vendus avec les appartements et comme on peut imaginer que la moitié des résidents prendra une seconde place de garage, il n’en reste que 90 maximum. Ce parking sera payant et cher », prévoit Gilbert Roussel qui a tenté de contacter la municipalité par deux mails le 25 et le 31 mai dernier sans obtenir de réponses à ses interrogations. Le 17 mai dernier une concertation publique a été organisée à Pablo-Neruda, mais elle n’a pas convaincu tout le monde : «  Ils nous ont dit que ça deviendrait le quartier « bobo » de Nîmes, ce qui est faux. La rue Porte de France sera un corridor », s’agace Jacqueline.

La municipalité se veut rassurante

Alors les deux parties vont se revoir. « Je vais rencontrer les riverains par l’intermédiaire de leur syndic de copropriété. Nous essayerons de les rassurer, mais je ne pense pas qu’il y aura la moindre perte vénale. On ne peut que se féliciter que le quartier fasse l’objet d’une réhabilitation et d’un équipement structurant pour le territoire », annonce Julien Plantier, premier adjoint délégué à l’Urbanisme et président de la SPL Agate (Aménagement et gestion pour l’avenir du territoire). La rencontre entre le maître d’ouvrage – la ville de Nîmes – et les syndics de copropriété est prévue pour le mercredi 6 juillet prochain. Ce jour-là les questions des riverains seront nombreuses. En attendant, les habitants de la résidence Porte de France profitent de la vue pendant que cela est encore possible.

Norman Jardin.

 

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