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FAIT DU SOIR Collège d’Anduze : enseignants et parents anticipent une rentrée surchargée

(Photo François Desmeures / Objectif Gard)
Les enseignants du collège Florian ont été rejoints par quelques parents et l’adjoint en charge des Affaires scolaires, Henri Lacroix (photo François Desmeures / Objectif Gard)

Au collège d’Anduze, le personnel éducatif réclame une cinquième classe de 5e pour l’année prochaine mais n’a obtenu que 16 heures hebdomadaires de dotation supplémentaire. Le conseil d’administration a refusé par deux fois cette proposition du rectorat. Si elles restent quatre, les classes de 5e compteront plus de trente élèves.

Ce lundi après-midi, les enseignants se sont groupés derrière l’adjoint aux Affaires scolaires de la Ville, Henri Lacroix, venu lire un texte de soutien au nom de la municipalité. Eux témoignent anonymement, pour ne pas risquer de sanction. Mais en cette fin d’année scolaire qui devrait rimer avec légèreté, ils se projettent avec lourdeur vers la rentrée prochaine. En cause, « les restrictions budgétaires de l’Éducation nationale », écrivent-ils dans un communiqué.

« Trente-et-un élèves par classe sur ce niveau alors que les inscriptions sont encore en cours »

« Déjà sous-doté en moyens, le collège avait demandé à plusieurs reprises une révision de ses moyens et l’ouverture d’une cinquième classe sur le niveau 5e. Aujourd’hui, à l’heure où l’on comptabilise déjà 31 élèves par classe sur ce niveau alors que les inscriptions sont encore en cours, la seule réponse qui ait émané du rectorat est une dotation supplémentaire de 16h hebdomadaires, le jeudi 23 juin 2022, ce qui correspond à la moitié des moyens nécessaires au fonctionnement d’une classe qui nécessite 26h minimum », décrivent-ils. Henri Lacroix rappelle le rejet de cette dotation horaire lors des conseils d’administration des 29 mars et 11 avril et l’engagement de la municipalité pour l’éducation dans une commune dont le centre-ville, pour motifs sociaux, est classé Quartier prioritaire de la Ville (QPV).

À la suite de ces deux rejets, le principal du collège devait décider seul, ce lundi soir, lors d’une nouvelle réunion, de l’acceptation ou du refus des heures proposées. « En janvier, au rectorat, on nous avait promis que si les classes dépassaient les 30 élèves, une autre classe serait créée. Cette promesse n’a pas été respectée », dénonce un enseignant. « Dans la même situation, aux collèges Jules-Verne de Nîmes et à Jean-Moulin à Alès, on leur a attribué 28h50 au lieu de 16h pour nous », reprend une autre. « On ne peut pas faire fonctionner les classes, et tout ce qui était enseigné en dédoublement de classe a été rogné, reprend le premier professeur. C’est absurde : soit on ne nous donne rien, soit on nous donne de quoi réellement fonctionner. »

« On nous demande toujours de faire plus avec moins »

« La situation est la même au collège de Saint-Ambroix, croit savoir une autre enseignante. Chez nous, il y avait beaucoup de 6e et nous sommes dans un collège qui reçoit beaucoup de nouveaux en cours d’année. À ceci s’est ajouté l’accueil des Ukrainiens. Et puis, ce sont des enfants qui ont fini le primaire pendant le covid, on le ressent et les résultats sont fastidieux. » À entendre les enseignants présents, les chaises viendraient aussi à manquer dans certaines salles, qui accueillent, en sus, les accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH) pour certains enfants. « On nous demande toujours de faire plus avec moins, conclut une professeure. Ça ne peut pas durer. »

François Desmeures

francois.desmeures@objectifgard.com

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