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FAIT DU SOIR Julien Clerc : « Chanter depuis aussi longtemps n’est pas donné à tous, c’est ma petite fierté »

Julien Clerc dans les arènes de Nîmes en 2018. (Photo d'archives : Philippe Gavillet de Peney/Objectif Gard)

Julien Clerc a été chanceux, il l’est encore et le reconnait volontiers. La chance mais aussi et surtout le travail ont fait de ce chanteur, timide à ses débuts, une icône de la chanson française. Sa discographie compte désormais 27 albums. À 74 ans et plus de 50 ans de carrière, l’interprète de Si on chantait, Ce n’est rien, Laissons entrer le soleil ou encore et entre autres, Ma préférence, s’offre une nouvelle tournée à travers la France. Il sera ce mercredi sur la scène du théâtre de verdure du Mont Cotton à Bagnols-sur-Cèze. Interview.

Vous en êtes désormais à plus de 50 ans de carrière. Vous avez bien un secret, non ?

Un secret, je ne pense pas. J’ai eu la chance de découvrir un jour ce talent, qui est celui d’écrire des mélodies. J’ai eu la chance d’avoir cette voix, qu’on peut ne pas aimer, mais qui est tout de même particulière, un marqueur fort. Et puis, d’avoir eu l’occasion de faire ce métier, c’est-à-dire d’inventer des mélodies et de les chanter, c’est une chance inouïe. J’ai travaillé toute ma vie pour que cette chance perdure. Je sais que c’est rare dans la vie d’avoir une occupation où à la fois on peut travailler, bien évidemment, mais tout en s’amusant et même si ça peut parfois être difficile. Je trouve que j’ai été un être chanceux dans ma vie et j’ai toujours essayé de ne pas cracher dans la soupe.

Vous venez à Bagnols-sur-Cèze dans le cadre de votre tournée « Des jours heureux », où vous interprétez des standards d’Aznavour, Piaf, Montand, Bécaud…

…Entre autres et au milieu du tour de chants. J’ai la chance d’avoir un public assez fidèle, qui vient me voir régulièrement, donc je ne veux pas lui présenter la même chose, d’un spectacle à l’autre. Il y a quelques mois maintenant, j’ai eu l’idée d’intégrer une partie dédiée à ces grands artistes.

Que leur devez-vous, à ces artistes ?

Ils m’ont montré le chemin. À mon sens, ces artistes-là font partie de la génération dorée de la chanson française. C’est une chance encore une fois d’être arrivé juste après eux, ils ont été nos inspirateurs. Mais pour en revenir à la question précédente et résumer le concert de cette tournée, il y aura un peu de chansons de ces grands artistes, un petit peu de mon dernier album inédit intitulé Terriens et beaucoup de répertoire.

Julien Clerc dans les arènes de Nîmes en 2018. (Photo d’archives : Philippe Gavillet de Peney/Objectif Gard)

Mais avez-vous l’impression ou conscience que vous faites aussi partie de ces monstres sacrés de la chanson française ?

Je n’en serai jamais complètement persuadé tant que le temps n’aura pas passé. Même si, et comme vous l’avez signalé, ça fait plus de 50 ans que je chante. Nous ne sommes pas nombreux à avoir une carrière aussi longue, je ne vais pas faire de fausse modestie non plus. Mais je pense que le temps doit encore passer pour prendre cette place dans ce Panthéon-là. Peut-être que je ne serai plus là pour le voir moi-même. Mais en tout cas, c’est vrai que chanter depuis aussi longtemps n’est pas donné à tous, c’est ma petite fierté.

Malgré votre expérience, reprendre des standards, sans les trahir, doit relever du challenge ?

Je ne devrais pas dire ça, mais personne ne peut faire mieux que le créateur d’un standard. (Rires) Mais c’est un grand plaisir d’interprète, il y a une espèce de jubilation du travail bien fait quand c’est réussi. Ce passage, au milieu du tour de chant, c’est un bonheur. Je raconte deux ou trois anecdotes parce que j’ai eu la chance de connaitre tous ces gens-là très bien.

Le Mont Cotton est un théâtre de verdure où on est aussi très proche du public. Cette proximité est-elle importante pour vous ?

De plus en plus. Avec le temps, je suis moins intimidé. Je l’étais beaucoup plus à mes débuts, je m’étais même de la distance parce que je suis quelqu’un d’assez pudique. J’ai toujours aimé chanter, mais cet amour du chant a pris, avec le temps qui est passé, une forme différente et aujourd’hui je peux sans problème chanter tout près des gens. Je me régale même, je prends du plaisir alors qu’à 20 ans, ce n’était pas le cas, par pudeur.

Quel regard portez-vous sur la scène française actuelle ?

La vraie exception française existe encore selon moi. Mais est-ce qu’il en restera beaucoup, je ne sais pas. Quand je vois arriver un nouveau, je me demande s’il va durer, s’il a les armes pour durer. Personnellement, je vous dis que Clara Luciani va durer. Elle a tout. D’abord, c’est quelqu’un qui existe depuis plus longtemps que ce que l’on pense, qui a un peu ramé. Elle est capable d’écrire aussi bien les musiques que les paroles… Elle prend le métier par le bon bout.

Propos recueillis par Stéphanie Marin

>> Julien Clerc au théâtre de verdure du Mont Cotton à Bagnols-sur-Cèze, ce mercredi 17 août à 21h15.

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