Agée de 77 ans, Andrée est décédée dimanche d'insuffisance respiratoire dans la voiture où elle demeurait depuis plusieurs mois en compagnie de ses deux fils adultes David et Eddy. Ce qui peut apparaître comme un simple accident est en fait le fruit d'une longue descente sociale que rien n'a pu arrêter, pas même l'article à la "une" de Midi Libre qui évoquait le 20 novembre dernier dans le détail les conditions de vie des trois personnes et du chien sur ce parking d'une zone commerciale Alésienne.
Andrée vivait à St Jean de Valériscle où elle avait ses racines familiales dans une maison de la cité de la Nougarède jusqu'à ce qu'elle et ses deux fils décident de mettre la maison en vente pour trouver mieux. "A cette époque il vivaient déjà à trois avec le chien de manière très isolée. Andrée ne voyait plus les membres de sa famille avec qui elle avait coupé les ponts, on ne les voyait jamais non plus dans les activités organisées au village" explique Bernard Hillaire, le maire de St Jean de Valériscle. "La maison a été vendue et ils ont commencé un incroyable périple qui les a conduit en Normandie, à Poitiers, dans le Sud Ouest, chaque fois à la recherche de la maison idéale. Ils avaient le petit pécule de la maison et les revenus sociaux. La situation ne semblait pas insurmontable, mais il y avait semble-t-il chaque fois quelque chose qui ne marchait pas. En fait rien ne semblait leur convenir et les diverses solutions mise en place ne duraient jamais très longtemps.
Sans domicile fixe
Ils sont même revenus une fois installer les meubles dans la maison qu'ils avaient quittée" poursuit le maire. "Je sais qu'il se sont adressés au premier accueil aux Mages (dans la communauté de communes, ndlr) et qu'ils ont été logés un temps dans une structure du Parc en Ciel. Et puis on a perdu leur trace avant de les retrouver dans leur voiture sur le parking de la zone commerciale via la presse". La suite on la connait, sur Alès diverses solutions ont été proposées, notamment par le Samu social afin qu'il quittent cette voiture pour être relogés provisoirement. Psychologiquement tout porte à croire que la famille n'était plus prête à accepter d'autre situation provisoire que celle qu'ils avaient eux-même choisie, dans cette voiture. Comme si renoncer au rêve de cette maison de plain pied avec un jardin qu'ils avaient espéré trouver en vendant leur maison de la Nougarède leur était devenu impossible. Malgré la bienveillance de leur entourage, personne n'a réussi à les convaincre et Andrée, épuisé par ce combat sans fin, s'est éteinte ce dimanche.