Publié il y a 1 h - Mise à jour le 05.03.2026 - Olivier Lemierre - 11 min  - vu 107 fois

MUNICIPALES Les candidats arlésiens lancés dans la dernière ligne droite

Rémy Benson, candidat RN,  fait ses premières séances de tractage sur le marché.

- O.L.

La semaine fut riche en présentation de listes et déclinaison des programmes pour les candidats aux élections municipales à Arles. Rémy Benson, portant les couleurs du RN, était bien présent samedi sur le marché. Une première. Contrairement aux autres, il ne prévoit ni réunions publiques ni présentation de ses colistiers. La semaine prochaine, place aux meetings de fin de campagne.

Sur le marché d’Arles samedi dernier, les promeneurs profitant d’un soleil printanier, ont pu faire provision de nourriture électorale. Tous les candidats, les nouveaux comme les anciens, allaient à la rencontre des électeurs, taillant la bavette en distribuant leur programme. Un nouveau venu, Remy Benson, tête de la liste Rassemblement national "Fier d’être Arlésien", se rompait à l’exercice, en présence du député RN de la XVIᵉ circonscription des Bouches-du-Rhône, Emmanuel Taché, et de quelques jeunes venus en renfort. « Insécurité croissante, pression fiscale, dégradation de nos services de proximité ou perte de notre identité locale : le constat est sans appel, mais la résignation n’est pas une fatalité. C’est avec une détermination immense que je mène aujourd’hui la liste du Rassemblement national à Arles. Mon engagement est clair : faire d’Arles une ville plus sûre, plus prospère et plus humaine. Mon équipe et moi-même portons un projet de bon sens pour remettre vos priorités au cœur de l’action municipale. Il est temps de tourner la page et de choisir une équipe qui vous écoute, vous respecte et vous protège », peut-on lire en préambule de son programme.

Les passants écoutent, commentent, et s’interrogent pour certains sur le nom des colistiers de l’agriculteur arlésien, éleveur de moutons, et militant syndical à la Coordination rurale. Mais ils devront attendre, peut-être même jusqu’au jour du vote, car Rémy Benson n’a prévu ni meeting de présentation de liste, ni meeting de fin de campagne.

À deux pas de là, et à l’opposé de l’échiquier politique, Lutte ouvrière tenait comme chaque samedi son stand distribuant son journal. Anne Testut, la tête de la liste « Lutte ouvrière, le camp des travailleurs », n’a pas prévu à ce jour de réunion publique ni de meeting pour présenter son équipe constituée de travailleurs et de travailleuses engagés en faveur des droits des salariés et des classes populaires.

Un peu plus tard, à 11 h, place Antonelle, Jean-Michel Jalabert, tête de la liste « Plus proche d’Arles", présentait ses 45 colistiers, dans une ambiance gipsy. Nicolas Koukas, pour « La force de l’Union », faisait de même trente minutes après, place Voltaire. Jecilla Regad avait choisi les jardins du musée bleu, dimanche, pour dévoiler les candidats de sa liste « Arles populaire, digne et solidaire ».

Les réunions publiques et les présentations de programmes se sont enchaînées durant la semaine. Vendredi, Jean-Michel Jalabert (liste "Plus Proche d'Arles") organisait le deuxième temps de présentation de son programme sur le parvis des Arènes d’Arles. Ce rendez-vous, consacré à l’axe « Arles dynamique et attractive », a permis de présenter les orientations et mesures concernant l’économie, les commerces, la culture, les événements, l’agriculture et le tourisme, dans un format volontairement original et participatif avec la présence de gladiateurs. Tout un symbole.

Jean-Michel Jalabert devant le parvis des arènes. • D.R.

Le choix des Arènes comme lieu de présentation n’était pas anodin en effet. Symbole du rayonnement d’Arles à travers les siècles, elles incarnent la conviction portée par Jean-Michel Jalabert : « Nos monuments ne doivent pas être des cartes postales. Ils doivent être des moteurs. Arles a traversé les siècles. Aujourd’hui, c’est à nous d’écrire la suite. »

Jean-Michel Jalabert veut transformer l’attractivité patrimoniale et culturelle de la ville en activité. « Une ville attractive ne suffit pas. Arles doit être une ville productive, une ville qui crée de l’activité toute l’année, qui développe et soutient ses commerces, qui offre des perspectives à ses jeunes et des opportunités à ceux qui veulent entreprendre. »

Jean-Michel Jalabert: "Arles doit être une ville productive"

Il propose des mesures structurantes pour une Arles dynamique. Dans le secteur de l'économie, des commerces et de l’artisanat : 16 hectares dédiés à la création de nouvelles zones d’activités, la création de la « Manufacture d’Arles » aux papeteries Étienne, un plan de dynamisation du centre-ville, l’installation et la valorisation des commerces, la création de nouveaux parkings.

Pour les événements de traditions et de tauromachies, la création d’une régie de coordination des événements est prévue pour une meilleure répartition de la programmation sur l’année ainsi qu’une diversification des spectacles dans les arènes, sans oublier des actions pédagogiques autour de la culture taurine.

Mais Arles, plus grande commune de France, c’est aussi l’agriculture en Crau et en Camargue. Le candidat souhaite créer une commission communale Agriculture Crau et Camargue en marquant le positionnement fort de la Ville comme interface auprès des décideurs et assurer le développement d’événements festifs et pédagogiques autour du pastoralisme.

Comment ne pas parler du tourisme quand on veut renforcer l’attractivité ? Dans ce domaine, Jean-Michel Jalabert entend structurer une offre de tourisme d’affaires hors saison, moderniser l’expérience de visite des monuments, créer un conseil stratégique du tourisme et développer le tourisme de croisière fluviale. Par ailleurs, des conventions pluriannuelles seront établies avec les festivals structurants.

Le secteur de la culture et du patrimoine fera l’objet d’une attention toute particulière. Elle visera à diversifier l’offre culturelle pour tous les publics en faisant par exemple du théâtre municipal un lieu incontournable. La politique culturelle sera élaborée par une méthode participative, promet le candidat qui entend créer une régie municipale dédiée aux festivités culturelles.

Patrick de Carolis : «Trinquetaille a besoin que l'on passe le pont»

Le maire sortant, Patrick de Carolis, poursuit sa longue tournée des villages, des hameaux et des quartiers pour présenter son bilan et son programme. Samedi soir, il faisait étape à Trinquetaille, à l’école Benoît Franck, en compagnie de Mandy Graillon et de Cyril Juglaret, respectivement conseillère départementale et conseiller régional LR. « Je souhaite rassembler deux outils essentiels sur ma liste que n’ont pas les autres candidats, je veux parler du soutien du Département et de la Région. Avec Cyril, nous n’étions pas d’accord il y a six ans. Enfin surtout lui... On s’est dit que c'était ridicule, il faut se rassembler. D’autres n’ont pas voulu, c’est comme cela... Je suis ravi d’avoir deux poids lourds à mes côtés ».

Mandy Graillon a insisté sur le même thème. « Il est important pour Arles d’avoir les planètes qui s’alignent. On connaît le poids du mille-feuille administratif, ce paquebot qui freine l’avancée des projets. Le Département est le principal financeur de l’aide aux communes, il a les compétences sociales de la petite enfance, de l’aide aux anciens, de l’aide sociale, etc. Avoir une conseillère départementale qui veut amener le plus possible est important pour ce territoire au bout du département. Je suis doublement motivée et j’ai envie de voir se concrétiser des projets durant ce second mandat ».

Cyril Juglaret a enchéri : « Notre équipe a construit cette unité dans l’intérêt d’Arles, pour faire rentrer la ville au XXIᵉ siècle. J’ai vu les communistes faire. Un retour en arrière serait grave. Je serai un facilitateur pour que la Région qui a engagé 60 millions d’euros pour la ville entre 2020 et 2026 soit encore au rendez-vous, vienne en aide aux associations comme les Rencontres, les Suds, le Cargo ; soutienne des projets structurants comme le pôle d’échange multimodal, le canal de la Haute-Crau. »

Patrick de Carolis a tenu une réunion publique à Trinquetaille. • O.L.

Puis Sébastien Abonneau et Françoise Estève sont revenus sur les actions menées durant le précédant mandat dans le quartier : la déchetterie ; la création de mini-tennis ; l’équipe de garde-champêtres qui s’efforcent de traquer les dépôts sauvages, un problème à ce jour non résolu ; la rénovation des deux écoles pour 400 000 € ; les opérations sur la voirie, l’installation de caméras ; la sécurisation des passages piétons sur le pont avec des points lumineux ; la rénovation de la croix de Camargue car « les Trinquetaillais sont Camarguais ! » Au total, 2,5 millions d’euros auraient été investis durant la mandature sur le quartier.

Françoise Estève, en 30ᵉ position sur la liste, assure que les efforts vont se poursuivre avec notamment la création d’un boulodrome couvert dans le parc du Grand Gallègue, l’installation d’entreprises aux anciennes Papeteries Etienne, l’équipement de nouvelles caméras, la sécurisation de l’avenue de Camargue, l’amélioration de la voirie avenue Morel, etc.

Patrick de Carolis a présenté le grand projet à venir : un centre d’interprétation de la villa romaine à la Verrerie. « Il y a 2000 ans, les plus grandes villas romaines étaient à Trinquetaille. Les fouilles de la verrerie ont mis à jour des fresques, des pavements exposés au musée bleu. Nous avons la volonté de reconstituer un ensemble de villas romaines de façon très scientifique, remettre en fac similé les pavements, les fresques, pour les donner à voir aux Arlésiens et aux touristes et mieux comprendre le passé romain de cette ville. On prévoit de marier la romanité à la verrerie, avec des maîtres verriers refaisant du verre comme il y a 2000 ans. Trinquetaille a besoin que l’on passe le pont ».

Enfin, concernant les Papeteries Etienne, le permis d’aménager et les études seront réalisés pour cet été, assure le maire, qui annonce une commercialisation (sur 16 000 m² de terrain) en septembre.

Jecilla Regad : « redonner une mission de lien de proximité à la police municipale »

Lundi soir, la rencontre de la liste « Arles populaire, digne et solidaire » à la salle Jean et Pons de Dedieu portait sur trois thèmes : la culture, le petit commerce, et la sécurité. Les intervenants, nombreux, ont d’abord établi des constats, fait part de leurs propositions, avant un temps d’échange, de questions-réponses avec l’assistance.

La culture, point fort de la ville, représente 1 300 emplois à temps plein mais aussi des précaires, des saisonniers. Elle attire 1,2 million de visiteurs par an. « Mais ce secteur a beaucoup souffert sous Patrick de Carolis », note Catherine le Guellaut, colistière, à l’origine de Convivencia. « Au delà d’une image dorée, du marketing pour attirer le touriste, le champ libre est laissé aux acteurs privés qui ont leurs intérêts propres, souvent au sacrifice de l’intérêt général. La médiathèque est à l’abandon, les monuments se dégradent, et les subventions aux associations culturelles ont baissé de 20 % en six ans avec 90 % du budget versé à 10 associations. »

La liste Arles populaire digne et solidaire propose concrètement d’augmenter les subventions de 200 000 € par an à ce secteur, avec un conventionnement pour que les projets puissent avoir le temps d’aboutir. Ce qui permettra également de pérenniser les emplois précaires nombreux et mal payés dans ce secteur, comme en témoignait Pauline Simonpoli-Castelanni, qui fait état d’une véritable souffrance au travail, mal connue, vécue par des artistes-auteurs comme elle.

Jecilla Regad en réunion publique lundi. • O.L.

La volonté de renforcer les services publics de la culture (médiathèque, théâtre, patrimoine) est une seconde priorité. Elle se fera dans le centre mais également dans les quartiers, les villages, avec une promesse de gratuité, en recréant des lieux de mixité au Trébon, à Griffeuille, à Barriol.

Second volet, le petit commerce du centre-ville. Iyad Lablack et Lahcen Samba, deux restaurateurs, ont dressé un constat sans appel. « Ce que l’on vit, ce n’est pas une mauvaise passe, c’est chronique ! Le coût des loyers, la pression de la valorisation immobilière, le RBNB, le stationnement payant très cher, c’est trop. J’ai essayé d’ouvrir mon restaurant l'hiver, mais impossible de tenir », assure Iyad. Il y a aussi la concurrence du commerce sur Internet et les ravages qu'il engendre pour le petit commerce. Arles se vide de ses commerces avec un taux de vacance qui est passé de 6 à 14 % en six ans.

Face à cela, Christophe Chaine défend un retour en arrière sur le stationnement avec une gratuité entre 12h et 14h pour redonner envie aux gens de venir manger en ville. Et une heure gratuite quotidienne pour faire ses courses. La gratuité également dans les parkings relais, car 95 % des déplacements des Arlésiens se font en voiture. La verbalisation du dépassement de la durée de stationnement, actuellement à 40 €, devrait passer à 25 €. La création d’une maison du petit commerce, permettant l’aide à l’installation, le soutien dans les dossiers, et la prise en charge d’une partie du loyer les premiers temps, sont également au programme.

Dernier point de la réunion publique, la sécurité. « Nous, on pose différemment la question. Personne ne se croit à l’abri du danger qui est lié aussi à la situation sociale, la précarité, le mal-logement. C’est un tout », affirme en préambule Jecilla Regad. « Il faut sortir de la politique du chiffre, avec la baisse de la délinquance annoncée par la préfecture sur notre ville».

La police municipale doit devenir selon elle, avant tout, « une police de proximité, tournée vers la prévention et la médiation. Elle ne doit pas être en opposition avec la population. Elle n’a pas vocation, par exemple, à s’investir dans la lutte contre le narcotrafic car c’est le rôle de l’État et de la police nationale. Nous pensons que la solution pour combattre ce fléau n’est pas de s’en prendre au vendeur. Ça ne sert à rien. Tant qu’il y a de la demande, il y aura de l’offre. Il faut multiplier la prévention, développer les actions dans les collèges et les lycées pour parler des dangers des addictions, former sur les risques des consommateurs, permettre aux parents d’y être sensibles. Mais aussi aider les dealers à sortir du piège de l’argent facile. Il faut aider et pas juger ».

« La police protège certains et surveille d’autres », constate aussi Jecilla Regad. « Beaucoup de jeunes dans les quartiers populaires vivent mal les contrôles systématiques, les fouilles, le tutoiement. Cela crée un sentiment d’injustice chez ceux qui le subissent. Notre vision est de recréer du lien social entre policiers et citoyens, de bâtir une relation de confiance ».

Nicolas Koukas : « des moyens et une équité territoriale pour la culture »

Le chef de file de la liste « La force de l’union » a détaillé mardi, à son local de campagne, ses propositions pour la culture. « Un levier majeur de lutte contre l’exclusion », selon lui. Il s’agit bien sûr de valoriser et de soutenir la création artistique, de mettre en valeur le patrimoine, de soutenir les festivals et les événements porteurs en et hors saison, d'améliorer le dialogue culturel et la participation citoyenne, de permettre l’accès à la culture à tous.

La culture à Arles représente selon lui 400 emplois équivalent temps plein, 1 200 emplois saisonniers, pour un budget annuel de 12,5 millions d’euros. En 2025, Arles a connu une fréquentation en hausse de 12 % de ces monuments avec une montée en puissance du mois de septembre. La ville compte 142 associations culturelles, soit 40 % du tissu associatif.

Pour autant, les subventions aux associations ont baissé de 3,3 millions d’€ en six ans, ce qui fragilise les acteurs culturels, et les propositions aux différents publics, fait remarquer Marie Andrieu en charge de présenter les propositions. « Nous souhaitons co-construire l’action culturelle en mettant en place dès que possible des états généraux. Nous allons créer aussi une commission extra-municipale dédiée à la culture. Cela se fera avec tous les acteurs, dans la transparence, afin de coordonner les agendas culturels, avec l’office de tourisme, entre autres. Nous sommes très attentifs à la désaisonnalité des événements, car les temps forts en été, et les temps faibles qui suivent le reste de l’année ne sont pas satisfaisants. On souhaite donc relancer Drôle de Noël qui proposait une offre culturelle de qualité ; redynamiser Arles se livre, Octobre numérique ou le Festival de BD ».

Nicolas Koukas a présenté son programme culturel. • O.L.

La municipalité doit redevenir "un partenaire et non un obstacle. Elle doit renforcer les moyens attribués au musée Réattu en sous-effectif, à la médiathèque en souffrance, renforcer l’action éducative et sociale réalisée par les médiatrices, renouer les liens avec la Maison de la vie associative".

« Nous insistons aussi sur l’équité territoriale car on se rend bien compte de la tristesse dans les villages », poursuit l’élue. « Il ne suffit pas d’avoir un accès gratuit aux Rencontres de la photo et à la gratuité à la médiathèque. La médiathèque avec son bibliobus doit redevenir un espace ouvert à toutes les classes d’âge. Il faut bien évidemment repenser les liens de circulation et de diffusion de la culture dans les villages et les quartiers. Pour cela nous nous appuierons sur des maisons communes, lieux de citoyenneté, assemblées consultatives, mais aussi lieux de partage des savoirs qui pourront accueillir des artistes. Nous voulons construire un réseau territorial identifié permettant de recevoir aussi des projets déjà financés comme « Microfolie », présentant les œuvres de différents musées en version numérique ». Ces maisons communes doivent devenir des lieux de vie transgénérationnels, ouverts aux jeunes, aux parents, au seniors, pas forcément bâtis sur le modèle des MJC.

L’équipe « La Force de l’union » propose de créer un pass culture pour les jeunes et les bénéficiaires des minimas sociaux gérés par les maisons communes et d’offrir aux lycéens la possibilité de suivre une option art appliqué, ce qui n’est pas possible actuellement.

Concernant le patrimoine, la fermeture de l’église des Frères Prêcheurs étonne le candidat. « C’est un lieu de 500 places qui manque pour la feria et les Rencontres notamment ». Nicolas Koukas n’oublie pas non plus les cultures taurines. « On soutiendra la création du musée taurin qui n’a pas abouti à ce jour ».

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