A la une
Publié il y a 1 an - Mise à jour le 27.06.2021 - anthony-maurin - 3 min  - vu 580 fois

DÉPARTEMENTALES Sur Nîmes 4, Seguy-El Hadi perd face à Tiberino-Gardeur-Bancel

L'insoumis François Séguy et son binôme socialiste Fatima El Hadi (Photo Anthony Maurin).

Déception dans les rangs de l'union de la Gauche sur Nîmes 4 mais François Seguy, au fond et Fatima El Hadi, à droite, sont heureux de leur campagne (Photo Anthony Maurin).

Le duel était alléchant pour qui s'y connaît un peu en politique. Dans l'angle gauche, François Séguy et Fatima El Hadi pour la France insoumise et les socialistes. Dans l'autre coin du ring politique, le tandem de Droite, Richard Tibérino et Véronique Gardeur-Bancel pour Les républicains.

On pensait l'affaire quasi bouclée et la tornade Bouget déjà glorifiée. Après les municipales, c'était logique mais Yoann Gillet, voix du RN dans le coin, s'est dit occupé à faire barrage à la Gauche. Oui, après comptage, seulement 104 voix séparaient les deux listes encore en lice. Les sortants se doutaient bien qu'il aurait pu y avoir une triangulaire et que leur duo aurait pu sauter... Heureux de se savoir qualifié, la dernière semaine du tandem Tibérino-Gardeur-Bancel a été efficace. Comme celle du duo de la Gauche. Donc gros match en vue...

"La porosité entre LR et RN est très dangereuse"

C'était sur la participation que tout pouvait se jouer car le premier tour avait été tragique. 22 %, un chiffre assez honteux mais qui en dit long sur l'intérêt porté sur cette élection et sur le regard des électeurs sur la politique en général. Score final de ce second tour, à 400 voix près, Richard Tiberino et Véronique Gardeur-Bancel (LR) l'emportent avec 55 % des voix.

Pour François Seguy, "Je pense que la Gauche a fait une bonne percée sur Nîmes. Être au deuxième tour c'était déjà bien mais là, faire 45 %, on ne peut pas dire que c'est pas bien surtout avec la Droite et l'extrême-Droite, ça peut quand même poser question. La porosité entre LR et RN est très dangereuse." Un question qui taraude un peu tout le monde. À commencer par sa binôme.

Pour Fatima El Hadi, le report des voix est clair. "Quand on voit les résultats, les voix du RN se sont reportées sur la candidature LR. Nous avons tout de même amélioré le score de l'année dernière de la Gauche sur le canton d'environ 20 %. On a tout gagné parce que nous y sommes allés avec très peu de moyens. En face on avait des élus, des adjoints. On leur a fait très, très, très peur. Ils ont énormément regardé les fichiers, ils ont fait du phoning..."

Pour le tandem, quelle est l'image qui restera de cette campagne ? C'est à ce moment que les perdants se rendent compte de leur défaite et de la masse de travail qui reste à accomplir dans ces quartiers. Touchés, mais pas coulés. Les larmes sont dans la gorge, les yeux brillent, l'humain ressort et fait la beauté de cette défaite.

"On a vu des choses que je n'oublierai jamais. On a vu des gens formidables, des mamans qui se battent tous les jours pour leurs enfants. C'était extraordinaire, on est montés au 17e étage. Je me rappelle de cette femme qui n'osait pas ouvrir la fenêtre car elle avait peur que ses enfants passent à travers... Elle a demandé un autre logement et on ne veut pas lui donner. Elle a même eu droit aux éclats de mortiers sur le balcon alors qu'elle a des petit. On n'aurait pas pu voir ces choses si nous n'avions pas été candidats. Oui, quelle légitimité on peut avoir pour aller voir les gens et discuter avec eux ? Je n'ai aucune légitimité... Il n'y a qu'en étant candidat que j'ai pu avoir cette légitimité", note François Seguy.

"Jamais on ne m'a emmené dans de tels endroits et nous sommes à Nîmes !"

Fatima El Hadi partage cette troublante expérience. "On a vu des personnes avec les larmes aux yeux qui voulaient un changement... Des gens qui aiment leur quartier et qui veulent y rester ! Pourtant la Mairie ne fait rien, même plus le coup de Karcher. On a vu des choses qu'on n'aurait pas pu penser voir. On entendait les gens dire qu'ils se sentaient traités comme des animaux, des chiens."

Que vont faire les deux candidats, maintenant, à froid. "On va se reposer !" lance Fatima El Hadi. Pour François Seguy, "il faut vraiment réfléchir. On ne peut pas garder ces quartiers en l'état. Ça va s'accentuer, on est dans un cercle infernal, les habitants sont entre eux, ils ne vont pas à l'extérieur, l'extérieur ne vient pas, c'est horrible ! Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans ce monde. On a vu de l'insalubrité, de l'eau qui croupissait avec des déchets... C'est pas possible, jamais on ne m'a emmené dans de tels endroits et nous sommes à Nîmes ! D'un autre côté, on voit Feuchères refait, les quais de la Fontaine refaits, un ville soi-disant neuve. Mais de qui se moque-t-on ? On n'en peut plus !"

Anthony Maurin

A la une

Voir Plus

A la une

Voir Plus

En direct

Voir Plus

Studio

Connectez-vous


Déjà abonné ?
Créez vos identifiants

Vous êtes abonné, mais vous n’avez pas vos identifiants pour le site ? Remplissez les informations et un courriel vous sera envoyé.

J'y vais