Publié il y a 1 h - Mise à jour le 04.03.2026 - Abdel Samari - 2 min  - vu 242 fois

ÉDITORIAL Le conseil de famille de Pascale Bordes

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Pascale Bordes, députée de la 3e circonscription du Gard, candidate aux municipales de Bagnols.

- photo DR

Sept couples sur une même liste : la composition très familiale de l’équipe menée par la députée RN pour les municipales de Bagnols interroge.

Il est toujours instructif de scruter les noms, les fonctions et les parcours sur les listes municipales. Une liste électorale, ce n’est jamais une simple addition de candidatures. C’est un miroir. Un miroir des réseaux, des fidélités, des équilibres internes et parfois des limites d’un camp politique. Les professions, d’abord, disent beaucoup. À gauche, il est rare d’échapper à des enseignants, des responsables syndicaux, des travailleurs sociaux ou des collaborateurs de collectivités. La culture du service public, de l’engagement associatif. À droite, les profils diffèrent : chefs d’entreprise, commerçants installés, anciens policiers ou cadres administratifs. On y valorise davantage l’expérience ou encore l’autorité. Le poids des habitudes. Chez les formations dites « extrêmes », la constitution d’une liste relève de temps en temps du parcours du combattant. L’implantation locale y est plus fragile. Alors, il faut compléter. On recrute des militants, des sympathisants, des proches. On sollicite la famille. Parfois même, on trouve des volontaires venus de communes voisines, qui se découvrent soudain une passion pour une ville qu’ils ne connaissaient guère quelques semaines auparavant. Mais à Bagnols, on franchit un cap supplémentaire. Sur la liste menée par la députée Rassemblement national Pascale Bordes, pas moins de sept couples figurent parmi les 33 candidats. Et même deux enfants issus de deux couples différents. Une véritable affaire de famille. Juridiquement, rien à redire. Le Code électoral n’interdit ni les couples ni les fratries. On peut parfaitement gouverner en famille. La question n’est donc pas légale. Elle est politique. Sur 33 noms appelés à concourir à la gestion de la troisième ville du Gard, n’existait-il pas 32 autres personnalités locales capables d’apporter leur expérience, leur regard, leur compétence propre autour de la députée RN ? Une équipe municipale est censée refléter la diversité d’un territoire : ses quartiers, ses générations, ses métiers, ses sensibilités. Lorsqu’une liste ressemble davantage à un album de famille qu’à un échantillon représentatif de la population, on peut légitimement s’interroger. On savait que le Front national — devenu Rassemblement national — a longtemps cultivé une histoire politique marquée par les dynasties et les fidélités personnelles. Le phénomène ne se limite visiblement pas aux scrutins nationaux. À l’échelle locale aussi, la confiance semble d’abord circuler dans un cercle restreint. Faire confiance à ses proches est humain. En politique comme ailleurs. Mais administrer une ville suppose d’ouvrir le cercle, d’élargir les compétences, de croiser les points de vue. Une municipalité n’est pas un conseil de famille. Elle engage l’avenir collectif. Reste à savoir si les Bagnolais souhaitent confier leur ville à une équipe largement composée de liens familiaux ? Réponse dans les urnes les 15 et 22 mars.

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