La place des Martyrs-de-la-Résistance a servi de point de départ à cette journée riche en couleurs et en revendications pour la journée consacrée à la Marche des fiertés d'Alès. Dès 11 heures, un village associatif a accueilli les participants, avec des stands tenus par des associations locales comme AIDES Occitanie, SOS Homophobie, le Planning familial du Gard, OST Nîmes, ou encore Boucan. Artisans et partenaires ont également animé l’espace, tandis qu’un atelier permettait de customiser vélos et brouettes en prévision du cortège.
À midi, DJ Ruby a mis l’ambiance avec un set musical, avant que Pepe La Justicia ne propose une lecture de Contes d’un autre genre. À 14h30, les discours ont débuté, avant d'enchaîner sur la marche, qui s’est élancée dans les rues d’Alès dans la foulée. Rythmée par une batucada, elle a été accompagnée d’une marionnette géante des Géants du Sud, où au minimum près de 300 personnes ont pris le départ.
Des combats toujours actuels
Les prises de parole ont été marquées par des appels à la solidarité et à la lutte contre les discriminations. Damien Delaunay, président d’AIDES Occitanie, a rappelé que la Pride reste un acte politique : « Marchons pour celles et ceux qui ne peuvent plus, pour celles et ceux que la haine a brisés. Tant qu’une seule personne sera agressée, nous serons dans la rue. »
SOS Homophobie a dressé un constat alarmant : en 2025, 1 771 cas de LGBTQI-phobie ont été recensés en France. L’association a dénoncé « l’instrumentalisation croissante des droits LGBTQIA+ » et « les manquements constants de la justice », tout en rendant hommage à Noahm, victime d’une agression homophobe à Metz il y a dix jours, et à Joëlla, femme trans assassinée en février en Nouvelle-Calédonie.
Une membre de l'OST (Organisation solidarité trans) Nîmes a souligné les attaques systématiques contre les droits des personnes trans, notamment l’accès aux soins pour les mineurs et les restrictions administratives. « Les luttes trans sont les luttes de toute notre classe. Face à la montée du fascisme, nous ne devons pas reculer. »
Le Planning familial du Gard, présent depuis 63 ans dans le département, a réaffirmé son engagement aux côtés des personnes LGBTQIA+ : « La liberté de disposer de son corps est un combat universel. Pas de fierté sans lutte. » L’association a annoncé la création d’un centre LGBT+ à Alès et dans les Cévennes, avec une première réunion prévue le 18 juin à 18h dans ses locaux.
Une Pride rurale et inclusive
Helena Cabello, membre du collectif organisateur, a insisté sur la dimension locale de l’événement : « Nous voulons que nos enfants évoluent dans un monde sans violence. Nous demandons la dignité pour tous, absolument tous. » Elle a appelé à la création d’une association dédiée pour pérenniser la Pride et organiser des événements toute l’année : « Formons-nous, organisons-nous, parlons à nos commerces, à nos voisins. Faisons vivre la culture queer localement. »
La marche s’est voulue ouverte à tous, au-delà de la communauté LGBTQIA+. « Une Pride, c’est une fête de la diversité et de l’amour. Pourquoi empêcher des personnes de la partager ? », a-t-elle souligné. Les participants étaient invités à venir à vélo, en couleurs, ou avec des fleurs, pour affirmer l’identité semi-rurale de cette manifestation.
Et après ?
La fête ne s’est pas arrêtée à Alès. L’Ultra Violette, groupe organisateur, a proposé d’autres temps forts :
- Samedi 13 juin, à la Maison Perséphone (Bessèges), de 16h à 22h : drag show, ateliers make-up et concerts.
- Dimanche 14 juin, à La Combine (La Grand-Combe), de 14h30 à 18h : projections de films, stands, ateliers dessins et concert.
Helena Cabello a également annoncé un après-midi familial le dimanche 14 juin à 14h30 à La Combine et à la berline de Champlon, avec des activités pour enfants, une table ronde sur les enjeux LGBTQIA+ en milieu rural, et des cagnottes de soutien aux artistes.