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Publié il y a 1 an - Mise à jour le 21.08.2021 - boris-boutet - 3 min  - vu 819 fois

FAIT DU JOUR Blatière-Bessac : une manade centenaire fête son anniversaire à Vauvert

Arthur Blatière aux côtés de Gandar, le taureau phare de la manade à la fin des années 1950. (photo manade Blatière Bessac / reproduction Boris Boutet)

Jacques Blatière, 80 ans et toujours auprès de ses taureaux cet hiver. (Photo Boris Boutet)

Ce samedi dans les arènes de Vauvert, la manade Blatière-Bessac fêtera ses 100 ans à l'occasion d'une course du Trophée de l'Avenir. L'occasion de revenir sur le parcours d'une famille d'éleveurs historique du paysage camarguais. 

Tout remonte aux années folles. En 1921 très exactement. Une période de renaissance pour tout un pays marqué par la guerre 1914-1918.  "Les gens avaient soif de vivre et avaient l'esprit d’initiative, raconte Jacques Blatière, 80 ans et encore présent auprès de ses taureaux. Alfred, mon grand-père, était tonnelier à la source Perrier. Mais il était aussi un passionné de taureaux. Il a notamment participé à la levée des tridents, une grande manifestation de défense des traditions organisée à l'automne cette année-là." 

Quelques mois plus tôt, le Vergézois Alfred Blatière avait installé ses bêtes au mas des Iscles, sur la commune de Vauvert, là où leurs descendants pâturent toujours un siècle plus tard. "Il avait 42 ans à l'époque et a ouvert sa manade tout en lançant une affaire dans le transport hippomobile, souligne son petit-fils. C'était quelqu'un de volontaire et d'entreprenant. Marguerite, ma grand-mère, restait dans l'ombre mais faisait tout pour qu'il puisse allier au mieux son travail et sa passion." 

Marguerite et Alfred Blatière, le créateur de la manade (Photo : manade Blatière-Bessac / reproduction : Boris Boutet)

Rapidement, son élevage se fait un nom au sein du monde camarguais et ses taureaux triomphent dans les arènes dès l'après-guerre. Ses deux fils, Arthur et Frédou ont pris la suite et consacrent leur vie à la manade alors qu'elle connaît ses premiers moments de gloire. "Gandar, en 1955, et Vergézois II, en 1961, ont remporté nos deux premiers Biòu d'or, le titre du meilleur taureau de l'année", se souvient Jacques, adolescent à l'époque, qui a repris la suite à l'âge de 25 ans.

Gandar, biou d'or 1955. (photo manade Blatière-Bessac / reproduction Boris Boutet)

Gandar, toujours lui, aux arènes d'Arles. (Photo Manade Blatière-Bessac / reproduction Boris Boutet)

“Ce travail, c’est du 7 jours sur 7 et 365 jours par an, il faut vraiment être passionné car ce n’est pas très rentable, poursuit-il. Quand j’étais jeune, les choses étaient claires : je devais réussir mes études pour pouvoir m’occuper de la manade sur mon temps libre. C’est pour cela que je suis devenu pharmacien. Finalement, je me suis réalisé à la fois dans mon métier et dans ma passion."

D'autant qu'arrive l'âge d'or de la manade Blatière. Dans les années 1970, trois taureaux supplémentaires obtiennent à leur tour le Biòu d'or : Vergézois III en 1970, Dur en 1973 et Ringot en 1978. Dix-sept ans plus tard, Mourvin vient compléter l'un des plus beaux palmarès du monde camarguais. C'est le moment choisi par la quatrième génération pour pointer le bout de son nez.

Pierre et Laurent Bessac, les neveux de Jacques Blatière, n'écoutent pas les avertissements de leurs aînés et abandonnent leurs études pour se consacrer à la manade. “Nous sommes arrivés dans les années 1990, c’était la fin de la période dorée pour la course camarguaise et on n'en a fait qu’à notre tête, reconnaissent-ils. Nos enfants s'y intéressent, mais on les pousse à étudier. On leur déconseille de suivre nos pas, surtout en ce moment."

Comme ses aînés avant lui, Pierre Bessac nourrit ses taureaux. (Photo Boris Boutet)

Alors que la filière dans son ensemble est en proie à de grandes difficultés, Blatière-Bessac conserve sa réputation dans les arènes de toute la région. "On est toujours là depuis cent ans, ce n'est pas rien", réalise Jacques Blatière, qui regrette malgré tout l'absence de Biòu d'or depuis vingt-six ans. "Il y a eu pas mal de concours de circonstances, justifie Laurent Bessac. On a eu quelques très bons taureaux, mais à chaque fois, au moment où ils devaient exploser, ils se sont blessés ou ont eu un accident qui a mis fin à leurs chances."

Qu'importe, la manade Blatière-Bessac reste une institution de la course camarguaise et a été honorée tout au long de la saison à travers le Gard, l'Hérault et les Bouches-du-Rhône. "Au Grau-du-Roi, Vincent Ribera a même pris le risque d'organiser une course sans public, apprécie Laurent Bessac. C'était hyper courageux de sa part car il n'avait aucune recette de billetterie. Mais ce fut un succès et plus de 50 000 personnes l'ont suivie sur internet." 

Si certaines arènes ont du reporter la célébration du centenaire en raison de la crise sanitaire, Jacques, Pierre et Laurent vivront forcément un moment particulier ce samedi, au moment de le fêter sur les terres de leur élevage. Au programme, une course du Trophée de l'Avenir. Et l'occasion de repérer le futur successeur de Mourvin, dernier Biòu d'or de la manade en 1995.

Boris Boutet

Ce samedi à 17 heures dans les arènes de Vauvert. Entrée libre. 

Boris Boutet

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