Le 2 février 2026, la Journée mondiale des zones humides est célébrée partout dans le monde, rappelant l’importance cruciale de ces écosystèmes souvent méconnus, mais indispensables à l’équilibre de la planète. Marais, tourbières, lagunes, mangroves ou encore estuaires jouent un rôle majeur dans la préservation de la biodiversité, la régulation de l’eau et la lutte contre le changement climatique.
Instituée en référence à la Convention de Ramsar signée en 1971, cette journée vise à sensibiliser le grand public et les décideurs à la protection des zones humides, aujourd’hui parmi les milieux naturels les plus menacés. Selon les experts environnementaux, plus de 35 % des zones humides mondiales auraient disparu au cours des cinquante dernières années, principalement sous l’effet de l’urbanisation, de l’agriculture intensive et du dérèglement climatique.
Pour l’édition 2026, cette journée est organisée avec le Syndicat mixte Camargue gardoise et le Syndicat mixte du bassin de l'Or, avec le soutien de l'Office français de la biodiversité et de l'Agence de l'eau Rhône Méditerranée Corse. Placée sous le thème "Zones humides et savoirs traditionnels : célébrer le patrimoine culturel", c'est au Scamandre que tous les acteurs se sont réunis pour en parler ce vendredi matin. Une belle reconnaissance pour le site Ramsar Petite Camargue, qui fête cette année ses 30 ans d'existence.
Pourtant, leur rôle est essentiel et varié. Les zones humides fonctionnent comme de véritables éponges naturelles : elles absorbent l’excès d’eau lors des épisodes de fortes pluies, réduisant ainsi les risques d’inondation. Elles contribuent aussi à l’épuration de l’eau en retenant les polluants et emmagasinent de grandes quantités de carbone, ce qui en fait des acteurs clés dans la lutte contre le réchauffement climatique. "La zone humide, on connait ses vertus, cette capacité d'absorber le CO2, c'est vraiment important", explique Robert Crauste, président du Syndicat mixte Camargue gardoise.
C'est donc en bonne intelligence collective que travaillent en concertation les acteurs gardois, mais aussi héraultais et bucco-rhodaniens. "L'eau n'a pas de frontières, et nous arrivons à tous travailler ensemble, avec l'accompagnement de l'agence de l'eau. C'est ce qui va permettre d'arriver à un retour des zones humides à leur état initial", espère Patricia Moullin-Traffort, conseillère départementale de l'Hérault.
En Camargue et ses alentours, l'eau est omniprésente et apporte la vie, qui se livre à nos regards par les paysages et à notre vécu, par les activités humaines qui s'y développent mais aussi les activités culturelles. "Ces zones humides sont le support du développement d'une biodiversité qui nous tient à cœur et que nous voulons particulièrement protéger", assume Robert Crauste.
En quantité et en qualité suffisante, l'eau permet à la population de boire, un sujet sur lequel la Terre de Camargue, également présidée par Robert Crauste, a pris les devants pour les années à venir. La CCTC s’est engagée dans un nouveau contrat de délégation de service public avec Suez, sur douze ans et demi, et d'un coût de 89 millions d'euros. Il permettra d'amener de l'eau potable, d'assainir les eaux usées et d'apporter un suivi nécessaire par rapport aux nouvelles pollutions, pour protéger le territoire.
Mais il y a aussi l'eau qui nous menace. "Ce territoire vit avec les risques, et depuis toujours l'homme intervient sur ce territoire pour y vivre". Ce grand delta est mouvant, l'homme a décidé de le drainer pour faire de l'agriculture et créer de la richesse, et les inondations ne deviennent pas qu'une utopie. Une mobilisation s'effectue à travers des EPTB et des syndicats mixtes. "Il y a aussi des risques de submersion marine, et suite au réchauffement climatique, l'équilibre subtil entre l'eau salée, l'eau saumâtre et l'eau douce se retrouve menacé", assure Robert Crauste.
Tout ceci entraîne une montée de la salinisation du territoire, l'impactant à tout points de vue : le paysage, les milieux naturels (avec un risque pour les roselières) et les habitats naturels des animaux tels que les hérons. Les ceps de vigne en ont fait les frais, puisqu'en 2021, sur 30 000 hectares, 300 à 400 d'entre eux ont été perdus, créant un impact visuel et économique. C'est pour cela qu'un plan de lutte de la salinisation a été créé, en concertation avec tous les acteurs du territoire, avec des mesures à moyen et long terme.
L'Agence de l'Eau Rhône Méditerranée Corse a pour objectif de permettre l'acquisition et la conservation de 10 000 hectares en six ans, "et de continuer sur ces prochaines années, à protéger ce système aux multiples bénéfices", assure Nicolas Mourlon, son directeur. C'est ainsi que, jusqu'au 1er mars 2026, de nombreux acteurs se mobilisent partout en France pour partager leur passion pour ces milieux à travers des sorties nature, des conférences, des projections de films, des ateliers, des chantiers de restauration, ou encore des expositions.