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Publié il y a 4 ans - Mise à jour le 12.05.2018 - elodie-boschet - 3 min  - vu 920 fois

FAIT DU JOUR Dans les secrets des arènes d’Alès…

Les arènes d Alès ont vécu moult péripéties depuis leur construction. Photo Élodie Boschet/Objectif Gard

Elles n’ont pas le même cachet que celles de Nîmes ou d’Arles, mais les arènes d’Alès ont toutefois une histoire à raconter. Pour la connaître, il faut remonter au XIXe siècle.

Samedi 12 mai 2018. Dans quelques heures, les gradins seront remplis. La piste, encore lisse et propre, sera foulée tour à tour par six toros et leurs toreros pour la première corrida de la feria d’Alès. Avant l’agitation taurine, plus d’une trentaine de personnes est venue, hier, écouter Benjamin, guide-conférencier à l’Office de tourisme, conter l’histoire des arènes alésiennes, appelées les « arènes du Tempéras ».

La corrida sur la place des martyrs

1852. C’est la date de la première corrida en France, à Bayonne. Un an plus tard, la ville de Nîmes suit le mouvement. Puis, en 1854, Alès propose son premier spectacle de tauromachie espagnole – sans mise à mort – dans des arènes temporaires installées sur la Place des Martyrs de la Résistance. Il faudra attendre l’été 1887 pour qu’une véritable corrida soit organisée dans la capitale des Cévennes, entraînant un énorme succès. À partir de ce jour-là, trois passionnés vont s’associer et boucler un budget pour construire des arènes « en dur » sur le site actuel, un ancien terrain marécageux qui était autrefois le terrain de chasse des seigneurs d’Alès.

1891. Les arènes du Tempéras, d’une capacité de 10 000 personnes, sont inaugurées et deviennent le théâtre de plusieurs spectacles tauromachiques. L’engouement pour cette tradition venue d’Espagne tourne court en 1895, lorsque le préfet du Gard interdit la corrida dans le département en vertu de la loi Grammont qui interdit les mauvais traitements sur les animaux. Les arènes sont vendues, passent entre les mains de différents propriétaires dont un négociant en vin et charbon qui choisit d’acquérir le site pour stocker ses matières premières. En 1963, lorsque la municipalité rachète le bâtiment, celui-ci est très dégradé. Les travaux de rénovation, colossaux, poussent la mairie à faire appel à la générosité des Alésiens. 317 souscripteurs participent.

La tradition menacée

1968. Deux ans après la deuxième inauguration des arènes réhabilitées, la corrida, organisée par les clubs taurins de la ville, fait son retour à Alès. Un amendement à la loi Grammont est passé par là, en 1951, stipulant que la loi n'est pas applicable aux courses de taureaux « lorsqu'une tradition ininterrompue peut être évoquée. » Le hic, c’est qu’en 1978, la corrida s’arrête plusieurs années, les clubs taurins n’étant plus en capacité de les organiser. Les "anti-corridas" sautent sur l’occasion et tentent de démontrer qu’à Alès, la tradition s’est essoufflée pendant un moment. L’affaire est jugée au tribunal qui rend sa décision en mars 1990 : la présence des clubs taurins de la ville dans la vie locale suffit à justifier d’une tradition locale ininterrompue.

1989. Cette année marque la première feria d’Alès, appelée à l’époque « feria des manges-tripes », avec le retour des corridas, année après année, dans les arènes du Tempéras dont la capacité d’accueil s’élève aujourd’hui à 3 500 spectateurs environ. Dans les entrailles du site, on découvre les coulisses des manifestations tauromachiques. Il y a le toril, ces quatre boxes où les taureaux sont enfermés avant la course camarguaise (les toros de la corrida restent dans le camion). Les toreros, très superstitieux, ont aussi leur pièce : une minuscule chapelle. Ils s’y recueillent silencieusement avant d’entrer dans l’arène où se joue la tradition dans toute sa splendeur, sous les yeux d’un public toujours fidèle en 2018.

Les arènes du Tempéras en images

Benjamin, guide-conférencier, est incollable sur l'histoire des arènes d Alès Photo Élodie Boschet/Objectif Gard

Les arènes sont de forme elliptique. Photo Élodie Boschet/Objectif Gard

La petite chapelle des arènes. Photo Élodie Boschet/Objectif Gard

Plusieurs curieux sont venus découvrir les entrailles de l'édifice. Photo Élodie Boschet/Objectif Gard

L un des quatre boxes où les taureaux sont enfermés avant d entrer dans l arène. Photo Élodie Boschet/Objectif Gard

Élodie Boschet

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