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Publié il y a 4 mois - Mise à jour le 14.09.2022 - coralie-mollaret - 4 min  - vu 563 fois

FAIT DU JOUR Laurent Burgoa, sénateur tout feu tout flamme

Le sénateur Laurent Burgoa et le maire de Gallargues, Freddy Cerda (Photo: Coralie Mollaret)

Le sénateur Les Républicains Laurent Burgoa (Photo : Coralie Mollaret)

Cet été, le sénateur du Gard Laurent Burgoa a rencontré élus et pompiers sur le front des incendies. Son but ? Trouver des solutions pérennes pour lutter contre les feux de forêt, de plus en plus nombreux en raison du dérèglement climatique. 

« Il est 8 heures, c’est déjà tard pour Laurent Burgoa ! », s'amuse son attachée parlementaire, Irène Martin-Houlgatte, avant de grimper dans la voiture du sénateur. Ce jour-là, direction Gallargues. En attendant le retour des débats parlementaires à Paris, le Nîmois sillonne le Gard : « Fin octobre, je me serai rendu dans 300 mairies en deux ans ! », s’enorgueillit-il, les deux mains sur le volant. Ce jeudi, sa journée est dédiée à la lutte contre les incendies : « Un débat national sur la sécurité civile est nécessaire. Au regard du changement climatique, les besoins sont grandissants. Il faut que l’État participe au financement des Sdis (Service départemental d’incendie et de secours) à hauteur d’un tiers. » 

Les deux autres tiers seraient financés par le conseil départemental, aujourd’hui principal bailleur de fonds, et les communes, dont le calcul de la contribution fait régulièrement polémique. Laurent Burgoa connaît bien le dossier... L’élu a siégé au Département de 2011 à 2021. Et à cette époque, il n’a pas toujours été en accord avec les augmentations de crédits versés par les collectivités. Une position qui été également partagée par le maire de Gallargues, Freddy Cerda. Devant le sénateur, l'édile confesse : « J’ai été le premier à me plaindre de cette hausse des cotisations. Je dois toutefois reconnaître l’organisation militaire dont les pompiers ont fait preuve pour lutter contre l’incendie qui nous a touché. » 

Gallargues et Aubais : retour d'expérience des élus

C'est le 31 juillet dernier, vers 14 heures. Une fumée épaisse et haute qui s’échappe du village limitrophe d’Aubais - d’où est parti le feu - prédit un incendie d’une rare intensité, attisé par un vent tourbillonnant qui avance dangereusement vers la clinique des Oliviers. « Là-bas, vous avez des patients de plus de 200 kg ! On a pensé un temps les évacuer, mais les pompiers nous ont expliqué que ce serait plus facile pour eux de les laisser et de consacrer leur temps à la lutte contre les flammes », raconte Freddy Cerda, avant d'ajouter : « Les pompiers ont été d’une efficacité redoutable. » 

Carnet à la main, Laurent Burgoa demande à l'élu quel bilan il fait de cet incendie. Freddy Cerda évoque d'abord le débroussaillage : « Nous n’avons pas les moyens financiers de le faire. Alors comment l'imposer aux administrés ? » L’autre problème, c’est le phénomène de cabanisation : « Il y a parfois des constructions qui ne sont pas déclarées. Ce sont des combustibles idéaux pour un feu ! » Enfin, le Gallarguois fait part du cas d'un éleveur qui a dû « vendre son bœuf pour changer sa clôture car, malheureusement, il n’était pas assuré pour ça ! C’est quand même dommage d’aller abattre une bête qui pouvait encore s’engraisser pendant deux ans. Il nous faudrait un fonds d’urgence. » 

Avant de filer à Aubais, Freddy Cerda amène le sénateur près de la clinique pour observer le trajet de l’incendie. Par endroit, l'odeur de cendre remonte encore des pins de Cabassu carbonisés. À la mairie d’Aubais, le nouveau maire, Angel Pobo, remet un dossier au sénateur. À l'intérieur, des photos témoignant des 350 hectares de pinèdes et chênes verts détruits. « Vous savez, ce sont des pompiers d'autres départements qui sont venus nous aider parce les nôtres étaient eux-mêmes ailleurs, explique-t-il au sénateur. Le problème, c'est qu'ils ne connaissent pas toujours notre territoire et mettent du temps à arriver. » C'est pourquoi la mairie se propose « d'acheter deux véhicules jaunes, d’une capacité de 300 litres d’eau, pour éviter une trop grande propagation des flammes. » 

Le sénateur Laurent Burgoa avec le maire d'Aubais (Photo : Coralie Mollaret)

À l'écoute, Laurent Burgoa indique « qu’une enveloppe de 5 M€ a été votée par le Sénat pour rémunérer les pompiers œuvrant dans d’autres départements. » Le sénateur retrouve là-aussi des élus confrontés à des problèmes de cabanisation et au coût de débroussaillage. « Il faudrait que l’on fasse appel à des agriculteurs pour entretenir nos espaces. Hélas, il y en a de moins en moins… », commente Angel Pobo. Concernant l'avenir, la mairie a déjà reçu des appels d'entreprises désireuses de récupérer les bois brûlés pour en faire des granulés. « Nous pensons aussi à réhabiliter une voie cyclable, reliant Aubais et Gallargues, là où les flammes sont passées », confie le maire. 

Plus de moyens pour les pompiers

Le sénateur a visité la caserne de Nîmes ouest (Photo : Coralie Mollaret)

Dernière étape de cette journée au Sdis. Le colonel Jean-Michel Langlais dresse au sénateur un bilan de la saison feux de forêt. Les chiffres sont têtus : plus de 1 700 feux ont éclaté de juin à août, brûlant 2 000 hectares de surface. C’est bien plus qu’en 2021 avec 892 feux pour 267 hectares détruits. Si le coût d'une saison feux de forêt est estimé à un million d’euros dans le Gard, cette année l’enveloppe sera largement dépassée. « À l'avenir, ça risque d’être de plus en plus difficile », confie le colonel, espérant des exonérations fiscales de la part de l'État, concernant notamment une baisse des taxes sur les carburants. Des propositions soigneusement reprises par Laurent Burgoa qui, à Paris, ne manquera pas de les relayer.

Coralie Mollaret 

coralie.mollaret@objectifgard.com

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