« Nous avons un programme détaillé, précis et financé. Ce n’est pas le cas de l’ensemble des candidats. Si demain nous sommes élus, nous serons prêts », se félicite Julien Plantier, tête de liste L’avenir Nîmois aux côtés de la présidente Renaissance, Valérie Rouverand, numéro 2. Ce vendredi, leur équipe a présenté le chiffrage de leur projet. Souvent qualifié de « technicien », l’ex-premier adjoint apparaît, dans cet exercice, comme un poisson dans l’eau. À l’image de son colistier, Julien Devèze, numéro 3, ancien directeur de cabinet de Nîmes métropole, sous la présidence d’Yvan Lachaud (2014-2020).
Aujourd’hui, la ville de Nîmes dégage une épargne nette annuelle autour d’environ 20 M€ pour une dette du budget principal (hors rénovation urbaine et cadereaux) de 170 M€. « Un chiffre qui va augmenter », glisse subtilement Julien Plantier, après le vote de la délibération pour l’achat du stade des Antonins et du centre d’entrainement de la Bastide. Dans le détail des mesures chiffrées de la liste, il y a la plus emblématique : la baisse de 6 % de la taxe foncière sur le mandat, d’un coût de 8 M€, à l’horizon 2030. « Nous devons absolument quitter ce top 5 des villes dont le taux de la taxe foncière est le plus élevé ! », insiste Julien Plantier.
Quelles économies ?
Sur les cinq candidats du premier tour des municipales, Julien Plantier est le seul à faire cette promesse. « Le financement s’appuie sur un meilleur contrôle des contrats de gestion des services publics comme les transports ou l’aéroport. Nous prévoyons 3 M€ d’économies en 2030 et 5 M€ en 2031 », précise Julien Devèze qui, en son temps, avait dénoncé le contrat passé avec Keolis pour la gestion des transports en commun de l’Agglo. Et d’ajouter : « Le montant du contrat pour la gestion des bus est passé de 37 M€ en 2025 à 56 M€. L’Agglo verse 1,1 M€ pour l’aéroport. Une subvention dont le fléchage n’est pas transparent… »
Deuxième source de financement : « Le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, soit 225 sur le mandat », poursuit Julien Plantier, « cela permettrait d’économiser 5 M€ en 2030 et 8 M€ en 2031 ». Ces départs seront corrélés à « une nouvelle organisation de l’administration ». Un cap également proposé par son concurrent, le candidat Tout Nîmes, actuel premier adjoint et président de Nîmes métropole, Franck Proust. Autre source de financement, plus « symbolique », complète Valérie Rouverand, « la baisse de 15 % des indemnités d’élus. À côté de la politique, nous avons une vie. »
Les efforts sur les ressources humaines viendraient aussi permettre l’embauche des 60 créations de postes au sein de la police municipale, d’un coût de 250 000 € dès 2027 en fonctionnement. Dans ce secteur, l’effort a été chiffré au total, avec la création d’une brigade équine, la mise en place de portiques de sécurité ou encore la vidéosurveillance, à 3,7 M€ en fonctionnement et 10 M€ en investissement. Concernant les autres sources de financement, l’équipe est la seule à évoquer la question de la fin des contrats de DSP (délégation de service public) sur les parkings, permettant d’encaisser les recettes des tickets.
Cantines scolaires : le tacle de Julien Plantier à Franck Proust
Autre promesse qui coûte aux finances, cette fois de l’Agglo : la gratuité des transports pour les moins de 18 ans, chiffrée à 3 M€. « Nous nous sommes laissés de la marge », reconnaît Julien Devèze qui ignore encore si une hausse de la gratuité privera Nîmes métropole des recettes de la TVA. En parlant de gratuité, Julien Plantier n’a pas ménagé son adversaire, Franck Proust, en commentant sa proposition de gratuité des cantines scolaires. Prenant l’exemple d’autres communes où cette mesure a été mise en place, comme Bobigny, Julien Plantier tacle : « Cette proposition semble impréparée… On nous dit que le coût représenterait 2 M€. Sauf qu’on ne prend pas en compte la hausse du nombre d’élèves, soit 14 %, et avec elle, les repas et le personnel encadrant supplémentaire… On est plutôt de l’ordre de 4,2 M€ si on prend en compte ces paramètres. »