Publié il y a 1 an - Mise à jour le 09.09.2022 - anthony-maurin - 4 min  - vu 1366 fois

FAIT DU SOIR Chantier compliqué et résidence universitaire enfin livrée !

Le ruban est coupé, la nouvelle résidence universitaire est inaugurée (Photo Anthony Maurin).

La résidence universitaire Saint-Césaire à Nîmes (Photo Anthony Maurin).

Le montant total de l’opération est évalué à un peu moins de 21 millions d'euros. Il faut dire que le monde étudiant nîmois l'attendait fébrilement depuis des lustres. Exit la cité Matisse, place à la résidence Saint-Césaire sur les hauteurs de la ville.

Si la fête de Saint-Césaire est le 26 août, celle des étudiants dans ce quartier de la cité des Antonin est début septembre. À Nîmes, les cités universitaires rassemblent 600 places pour les étudiants. Ajoutez à cela les 476 places dans des résidences et vous obtenez à peine un millier de chambres pour la jeunesse en études dans le Gard.

Le coeur de la résidence (Photo Anthony Maurin).

Chargée de l'animation dans la résidence, étudiante de 20 ans mais nîmoise depuis trois ans, Leila est comblée. "J'ai connu la cité Matisse car j'en suis à ma troisième année en AES. C'est clairement mieux, ici c'est plus grand, il est plus facile de se faire des connaissances. Même si la résidence est plus loin que l'année dernière, elle est bien desservie" précise la jeune qui partage un appartement avec trois autres filles depuis le 28 août dernier.

Leila et Naël (Photo Anthony Maurin).

Une de ses colocataires, Naël, 18 ans, vit sa première expérience dans le genre. "Je suis en première année de design, je viens de Figeac et je ne connais personne ! C'es aussi mon premier appartement alors j'ai préféré opter pour de la collocation pour que tout se passe le mieux possible."

La cité universitaire Matisse devenait vieillissante et comme le quartier de Pissevin est en plein renouvellement urbain, le Centre Régional des Œuvres Universitaires et Scolaires (Crous) en a profité pour changer son fusil d'épaule et créer un nouveau point d'ancrage nocturne pour les étudiants nîmois. À Saint-Césaire, derrière l'IUT et les lycées Gaston-Darboux et Jules-Raimu, au sommet de la colline.

Le foyer (Photo Anthony Maurin).

En effet et située en plein cœur du quartier Pissevin à Nîmes, la cité universitaire Matisse, dotée de 600 logements, est en train de disparaitre. Celle de Saint-Césaire la remplace mais depuis l'annonce des lauréats du concours en septembre 2019, crise sanitaire et eau ont coulé sous les ponts.

Malgré sa localisation difficile, la cité Matisse constituait près de 60 % de la capacité d’hébergement du Crous à Nîmes, puisque celui-ci y gère 1 045 logements pour environ 13 000 étudiants Nîmois. Il était donc indispensable pour le Crous de reconstituer une offre de logements sur le site de Nîmes, qui devait offrir des conditions de confort qui sont celles attendues par les étudiants du 21e siècle.

L'ancienne cité Matisse sera bientôt démolie (Photo Anthony Maurin).

Une refonte du projet fut rapidement nécessaire et c'est en août 2020 que le permis de construire a été déposé. Le gros oeuvre est achevé depuis un peu plus d'un an. Ce chantier, c'est 20 mois de travaux, 17 500 heures d’insertion et 21 entreprises.

Rentrer dans le XXIe siècle

Grâce à la cession au Crous par la Ville à l’euro symbolique d’un terrain jouxtant le restaurant universitaire sur la colline Saint-Césaire, l'organisme s’est ainsi engagé dans la construction de cette nouvelle résidence Saint-Césaire même si d’autres pistes étaient étudiées pour développer une nouvelle offre en centre-ville. L'antenne administrative et logistique du Crous à Nîmes, localisée dans la cité Matisse, rejoint cette création.

Au micro Gilles Gal, un des architectes d'A+ Architecture (Photo Anthony Maurin).

Pour les architectes qui ont bossé sur le sujet, ceux du cabinet A+Architecture, "plusieurs grands principes d’implantation nous ont guidé dans l’installation du programme sur ce site privilégié. Des maisons suspendues sur la ligne d’horizon, dans l’idée des confréries américaines, avec trois bâtisses orientées selon les rayonnantes du restaurant universitaire pour préserver les perspectives sur la profondeur du paysage et offrir des vues à tous. Un rez-de-chaussée ouvert, dédié à la vie en communauté. Tous s’y retrouvent pour partager des moments collectifs, à l’instar des accueils d’auberge de jeunesse où des voyageurs se rencontrent."

Deux lycées en contrebas et une colline sur laquelle la résidence est adossée (Photo Anthony Maurin).

Un socle aménagé dans la pente et pensé comme une véritable trousse à outil sert au rangement de vélos, à des ateliers, à du stockage, à la gestion des ordures ménagères, ou encore au équipements techniques ainsi qu'au stationnement...

Aplomb, couleur et perspective

L’aplomb, couleur et perspective sont les trois notions importantes pour cette nouvelle cité universitaire. Un lieu rassurant, un point de repère dans une vie en pleine effervescence. Un nouveau chez soi, une nouvelle communauté. De haut en bas, la structure est claire, rationnelle et rassurante. Comme il y a un peu de verdure aux alentours, les architectes ont donné plus d’intensité au camaïeu de verts et quelques légères touches de rouge. Les façades sont revêtues d’un enduit minéral clair qui évoque les enduits traditionnels ou la pierre calcaire des bâtiments Nîmois. Enfin et pour profiter de l’horizon partout et pour tous on pense immédiatement à la skyline de la ville, la ligne d’horizon, visible des grands axes routiers qui traversent le territoire.

La vue depuis une terrasse accessible à tous les étudiants avec le cheminement piéton qui va jusqu'à la ligne 2 du TCSP(Photo Anthony Maurin).

Président du Crous Montpellier, Pierre Richter est heureux de cette inauguration. "On a relevé le défi ! La cité Matisse, que l'on peut voir au loin, correspondait à un urbanisme d'une autre époque. Nous avons eu droit à un calendrier difficile, Nîmes a besoin de logements et nous allons continuer mais sans cette session pour l'euro symbolique de la Ville au Crous, cette résidence n'existerait pas. La Ville a même fait le cheminement piéton afin que les étudiants soient en sécurité quand ils vont prendre le bus."

Le président du Crous Montpellier, Pierre Richter (Photo Anthony Maurin).

Avec 320 logements, 380 places, 9 850 m² de surface plancher, des locaux communs avec un foyer, une salle de sport et une laverie automatique  sans oublier un atelier vélo, mais aussi un espace administratif de 510 m² et des logements. En tout, 281 studios de 16 m² comportant un coin cuisine et sanitaire individuel de type cabine tri-fonctions. 18 logements de 19 à 22 m² sont adaptés aux PMR et un studio PMR avec accompagnant de 34 m². Enfin, 20 logements de type T4 de 64 m² pour colocataires (avec quatre chambres) sont inclus dans le programme pour offrir encore plus de diversité. Les loyers prévisionnels sont annoncés, pour un studio de 16,5 m² à 298 euros/mois TCC et donc à 114,47 euros/mois TCC en coût résiduel pour l’étudiant boursier (APL déduite).

L'environnement pas oublié

Selon les bâtiments, les normes RT2012 de -15 % à -37% sont respectées. Le paysage existant est respecté et complété avec des essences méditerranéennes. Les oliviers, présents sur le site, ont été conservés et replantés en attente dans le quartier de Saint-Césaire à 200 mètres du chantier. Pour réduire le bilan carbone de l’opération, les matériaux issus du terrassement sont conservés et revalorisés dans les gabions de façades.

Anthony Maurin

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