Comme le veut la tradition dans les meetings du Rassemblement national, la candidate a été présentée par un autre élu RN, en l’occurence une autre élue, la députée de la 6e circonscription Sylvie Josserand, venue soutenir son « amie et consoeur ». Qu’elle présentera comme « travailleuse », avant de tenter une comparaison : « c’est un peu Attila, partout où elle passe rien ne repousse, le dossier est traité de A à Z. » Sylvie Josserand dira aussi de Pascale Bordes que « c’est quelqu’un qui défend des idées, toujours avec des arguments, pas avec des slogans. Quand on vote RN, on est forcément raciste, fasciste, nazi, mais où sont les arguments ? »
Parfois dans l’entourage des élus du parti d’extrême droite, régulièrement pointé du doigt pour ses sympathies avec des milieux plus que douteux, cette semaine encore, ou lorsque la présence de Pascale Bordes est repérée dans un groupe Facebook sur lequel figuraient des propos racistes et homophobes, mais passons. La députée de la 6e circonscription continuera son plaidoyer pour sa consoeur, « prête à faire un gros sacrifice », celui de son siège à l’Assemblée nationale pour celui de maire de sa ville natale, pour laquelle elle serait « la femme à poigne » qu’il faudrait. Et la parlementaire nîmoise d’évoquer Beaucaire en exemple, autre incontournable des meetings du RN.
Puis Pascale Bordes a pris le micro pour présenter sa liste, « pas dans l’ordre », précise-t-elle. On y retrouve quelques uns des colistiers de Corinne Martin en 2020, comme Jean-Louis Morelli, Léopoldina Marquès ou l’ancien élu d’opposition Jean-Pierre Navarro, mais surtout des nouveaux. Thomas Betton, investi à la Croix-Rouge localement, le proche de Pascale Bordes Pedro Lianes, l’ancien élu mégrettiste en Eure-et-Loir Denis Daude, le président du Radiomodélisme bagnolais Fabien Tarare, qui était colistier de Christophe Prévost en 2020, ou encore l’artisan plaquiste Gaëtan Callejon.
« Ils ont le courage de s’investir sur une liste », soulignera Pascale Bordes, avant de se lancer dans un réquisitoire : « J’ai connu une ville heureuse, extrêmement active, qui a depuis une vingtaine d’années totalement sombré. » « Il est plus que temps que ça s’arrête », reprendra-t-elle en évoquant l’équipe en place « depuis 18 ans », dans une ville où « strictement rien ne fonctionne, avec une insécurité galopante, un très bel hôpital qui est une coquille vide », avec « 8 à 10 000 personnes qui n’ont plus de médecins », et dont le commerce serait « à pleurer, rue de la République c’est terminé. »
« Tolérance zéro » sur la sécurité
Puis, arrivant à ses mesures, la candidate commencera, sans surprise, par la sécurité, en remettant un tacle au maire sortant Jean-Yves Chapelet « et son ineffable tee-shirt blanc qui laisse à penser que les critiques de ses opposants sont des fake-news, mais c’est lui et son équipe qui pendant des années, par pur dogmatisme, ont refusé de voir la vérité en face. » Celle d’une ville « gangrénée par le trafic de drogues ». « Le maire ne peut pas tout, mais il peut quelque chose », reprendra la candidate, qui commence par promettre « un état d’esprit, celui de la tolérance zéro, il faut harceler les dealers. »
Pascale Bordes propose aussi d’« étoffer la police municipale » et promet de « trouver les moyens » pour financer ces recrutements, « en rognant sur certaines dépenses de fonctionnement. » Police municipale qu’elle veut 7/7j et 24/24h, « armée comme une BAC », et épaulée par « un centre de supervision moderne. » Elle veut aussi mettre des caméras « partout », en « parvenant à 100 caméras rapidement ». Quant à elle, Pascale Bordes promet de prendre des arrêtés contre les regroupements sur les points de deal ou pour obliger les épiceries de nuit, « dans lesquelles il n’y a jamais personne mais qui dégagent un chiffre d’affaires et un bénéfice fabuleux », après 22h. Pascale Bordes prône aussi « un hôtel des polices » pour regrouper les polices municipale et nationale et compte « nouer des relations avec les services de la préfecture pour avoir des opérations ‘place nette’ ».
Santé, commerces, associations et redevance incitative
Sur la santé, Pascale Bordes propose de « mettre à disposition de médecins retraités des locaux municipaux équipés aux frais de la mairie », « la prise en charge par la commune des travaux d’agrandissement des cabinets médicaux pour accueillir des médecins et des infirmiers en pratique avancée », « mettre à disposition un logement gratuit ou à un prix défiant toute concurrence » pour un médecin ou encore la construction d’« un centre municipal de santé avec des médecins salariés par la ville. » Un modèle déjà proposé par la Région, du reste.
Pour le commerce de centre-ville, la candidate propose de « revoir le stationnement », d’avoir « un adjoint au commerce dédié exclusivement à la dynamisation », de « préempter les commerces vides, comme à Beaucaire. » Sur les associations, « on a dit que j’allais sucrer le budget de toutes les associations, fake-news ! », lancera Pascale Bordes, qui dira toutefois trouver « curieux qu’une seule association ait pu capter 250 000 euros de subventions en deux ans pour un résultat sportif pas terrible. Il y a peut-être des bonnes raisons, mais nous pourrions faire une péréquation plus sérieuse. » Elle avancera aussi son idée de « guichet unique pour l’aide au financement des associations », et le développement d’un « marché des artisans et du terroir ».
Puis la députée est allée sur un sujet sensible : la redevance incitative, « une lubie du président de l’Agglomération, ruineuse, qui a conduit à des dépôts sauvages partout, Bagnols est devenue une poubelle géante. » Un système auquel elle « mettrai(t) fin, vraiment », annoncera-t-elle, sous les applaudissements. La candidate annoncera aussi un « grand audit de l’habitat social » après s’en être pris à Habitat du Gard et à ses « administrateurs dormants », mais aussi « un plan massif de rénovation énergétique des écoles » ou encore « un agility-park » pour les animaux.
Avant de conclure en demandant à « voter pour la seule liste de bon sens », et d’affirmer que « toutes les autres listes sont de gauche. » Et de conclure le meeting par la Marseillaise.
La liste
Pascale Bordes, Thomas Betton, Audrey Hageaux, Christine Dey, Anthony Laconi, Margaux Bergonzi, Denis Daude, Pedro Lianes, Jade Sicard, Serge Roussine, Christine Gilles, Fabien Tarare, Huguette Leveque, Amandine Roux, Jean-Pierre Navarro, Leopoldina Marquès, Joël Bien, Jean-Louis Morelli, Michèle Poizat, Olivier Roux, Dorina Ahupu, Jean-Louis Foussat, Trinité Bodi, Albert Giannotti, Véronique Moyon, Denis Pinède, Chantal Leprevost, Richard Chauvet, Gaëtan Callejon, Lou Roussine, Sylvie Evenou, Ludivine Costa.