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Publié il y a 4 ans - Mise à jour le 10.04.2018 - boris-de-la-cruz - 2 min  - vu 3790 fois

GARD Un promeneur grièvement blessé par balle : trois chasseurs condamnés

Photo illustration Objectif Gard - Anthony MAURIN

Le tribunal correctionnel de Nîmes examinait, ce mardi après-midi, un accident de chasse survenu le dimanche 25 octobre, vers 16h, sur la commune de Poulx, près de Nîmes.

Cet après-midi là, un couple du village, se promène sur un chemin sans imaginer un seul instant qu'une battue se déroule à ce moment-là. " Il n'y avait aucun panneau. Je n'ai rencontré aucun chasseur, sinon j'aurai quitté le secteur immédiatement ", témoigne le retraité qui a reçu un projectile de gros calibre qui lui a transpercé le bras. Le promeneur s'écroule, grièvement blessé. Il sera transporté quelques minutes plus tard par les pompiers au CHU.

Il y a un quelques minutes, ce mardi, le tribunal correctionnel de Nîmes a condamné deux chasseurs à 10 mois de prison avec sursis pour des " blessures involontaires ". Ils écopent en sus d'une suspension du permis de chasse pendant 1 an pour le chef de battue et de 3 ans pour le tireur, dont personne ne savait le jour du drame qu'il participait à une traque aux sangliers. Un autre retraité, qui a modifié le cahier de chasse pour protéger le tireur, est sanctionné d'une amende.

Les mensonges des chasseurs couvrent le tireur

Mais c'est la suite des événements et le début de l'enquête des gendarmes " qui va surprendre dans cette procédure. Alors que la victime est à terre, grièvement blessée, la première attitude de tous les chasseurs est de mentir et de falsifier des pièces ", dénonce la vice-procureur, Stéphanie Mollard, qui réclame des sanctions pour les trois chasseurs poursuivis en justice."  Et ils mentent car cette partie de chasse a été organisée n'importe comment alors qu'il y a des règles précises et strictes qui régissent ce sport ou cette activité ", insiste la représentante du parquet de Nîmes.

Concernant le chef de battue, responsable et premier organisateur de cet après-midi de chasse aux sangliers, les propos aux départs mensongers surprennent encore à la barre : " Jusqu'au moment du tir, je ne savais pas que le tireur était là. C'est vrai, j'ai menti. J'ai eu un gros coup de panique. En y repensant, le poste où il était placé était vraiment dangereux ", souligne le responsable de la battue à Poulx.

Le tireur, qui avait participé à une matinée de chasse aux petits gibiers, aurait  décidé seul dans l'après-midi du dimanche de prendre part à la chasse aux sangliers. " J'ai appris qu'il était là lorsque l'accident s'est produit ", poursuit un autre homme qui aurait falsifié le carnet de chasse obligatoire lors de toute battue en y inscrivant le nom du tireur. " C'était pour le couvrir", explique à l'audience le prévenu poursuivi pour " faux dans un document ". Tous les protagonistes renvoyés en correctionnelle sont membres du bureau de chasse de Poulx.

" Ils devaient signaler distinctement la battue et ils ne l'ont pas fait ", s'insurge Maître Rémi Portes pour la victime. " Une battue est extrêmement encadrée. Il y a une réunion préalable avant le début de la chasse et un rappel des règles. Le tireur ce jour-là est arrivé plus tard. Ils ont fait n'importe quoi  ", complète Me Marine Santamaria pour la fédération de chasse du Gard.

Boris De la Cruz

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