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Publié il y a 9 mois - Mise à jour le 01.03.2022 - elodie-boschet - 2 min  - vu 13643 fois

LA GRAND’COMBE La préfète reçue en mairie : « le repas de famille » tourne au vinaigre

"Repas de famille" à La Grand'Combe avec le maire et la préfète au centre. Photo Élodie Boschet / Objectif Gard

Dix jours après le coup de gueule poussé par le maire de La Grand’Combe, Patrick Malavieille, suite à la parution d’un article dans Marianne qualifiant sa commune de « plus pauvre de France », la préfète du Gard était reçue à l’hôtel de ville, ce lundi après-midi. Au cœur des échanges : le parc régional d’activité économique (PRAE) Humphry Davy, qui ne peut toujours pas accueillir des entreprises en raison de différents « obstacles ».

« C’est comme un repas de famille », attaque Patrick Malavieille pour introduire son propos. À la table d’honneur, le premier magistrat est assis à côté de la préfète, Marie-Françoise Lecaillon. Parmi les convives, on retrouve le président d’Alès Agglomération Christophe Rivenq, le vice-président de la Région Jean-Luc Gibelin, la députée Catherine Daufès-Roux, ou encore la conseillère départementale Isabelle Fardoux-Jouve. Au menu : les projets de la commune, notamment le parc régional d’activité économique Humphry Davy en plat de résistance, qui n’a pas fini d’alimenter les débats. En guise d’amuse-bouche, Patrick Malavieille distribue d’abord des petits cadeaux à ses invités : un livre sur l’histoire de la cité grand’combienne « pour mieux comprendre sa situation, son sol, son sous-sol, sa pollution, etc. », commente-t-il.

Puis il saisit des deux mains le dossier Humphry Davy et rappelle le contexte. « Ce PRAE est une volonté du conseil régional de l’époque pour redynamiser les zones en difficulté. Les terrains, qui appartenaient à Charbonnage de France, ont été vendus à la Région et les autorisations ont été données pour réaliser cette ZAC. Puis le pont a été construit. Et aujourd’hui, on se retrouve avec des problématiques liées à la pollution du sol, au PPRI… Mon état d’esprit, c’est que nous devons surmonter ces obstacles. Ce n’est pas entendable d’avoir investi autant d’argent public pour que l’on se rende compte que ce n’est finalement pas possible », résume-t-il.

Patrick Malavieille : « Ce PRAE, c’est le début de l’espérance »

Si l’élu communiste tient tant à ce projet, c’est parce qu’il peut « renverser l’image de la cité » qui compte 41% de logements sociaux. « Nous n’avons pas besoin de Marianne pour savoir que l’on est la commune la plus pauvre de France. Mais arrêtons de stigmatiser La Grand’Combe ! Ce PRAE, c’est le début de l’espérance. » Attentive, Marie-Françoise Lecaillon répond qu’elle n’est pas venue « avec une baguette magique », qu’elle « hérite » de cette situation et qu’elle est d’accord « pour trouver des solutions mais ce ne sera pas à n’importe quel prix pour la santé et la sécurité des personnes qui fréquenteront ce PRAE », évoquant notamment la question de « la solidité du sol. »

Patrick Malavieille s’étrangle. Il faut dire que le morceau n’est pas facile à avaler. Entre deux bouchées, le ton monte : « Quand l’État a donné l’autorisation de faire la ZAC, il l’a fait en connaissance de cause ! » Calme, Marie-Françoise Lecaillon ne dit pas le contraire, ne remet pas en cause les autorisations délivrées, mais évoque toutefois dans d’autres dossiers « les pressions » que les services de l’État subissent pour donner des autorisations. « Mais je n’ai pas tordu la main au préfet ! Et ces terrains, à qui ils étaient avant d’être vendus ? À l’État ! », s’agace le maire. Le repas de famille tourne au vinaigre. Et certains convives deviennent subitement gênants : les représentants de la presse sont gentiment invités à sortir de table. Dommage, un bon digestif aurait détendu l’atmosphère.

Élodie Boschet

Elodie Boschet

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