Publié il y a 2 ans - Mise à jour le 05.06.2022 - anthony-maurin - 3 min  - vu 1471 fois

NÎMES EN FERIA Morante coupe la seule oreille de la corrida des artistes

La seule oreille, une oreillette, est allée à Morante de la Puebla (Photo Anthony Maurin). - Anthony MAURIN

Les toros de Pandilla n'ont pas tous su se mettre ne valeur comme celui-là... (Photo Anthony Maurin). • Anthony MAURIN

Corrida de Jandilla pour Morante de la Puebla (silence et oreille), Juan Ortega (salut et applaudissements) et Pablo Aguado (silence et silence).

Comme on le sait très bien il ne faut jamais attendre trop une corrida sous peine d'être déçu, très déçu. Les aficionados a los toreros, comme les Morantistes par exemple, en savent quelque chose et ont l'habitude de ce sentiment mais les autres... Oui, les amateurs de beaux gestes et de détails cachés s'étaient réunis pour une corrida qui, sur le papier, promettait de faire des étincelles mêlées à quelques paillettes dorées. Sur les rives du Guadalquivir vivaient trois hommes et des toros. Tous étaient Nîmois le temps d'une tarde de grands. Une tarde qui finalement fut "déceptive".

Morante sur son premier (Photo Anthony Maurin). • Anthony MAURIN

Dans un costume qui ne va si bien qu'à lui, Morante s'élance en piste après avoir salué l'assemblée qui a tenu à lui rendre un hommage après le paseo. Encore une fois, ses adorateurs vous diront que la naturelle qu'il a pégué à un certain moment de la deuxième série était une pure merveille. Pour le reste, il ne s'est honnêtement pas passé grand chose malgré la première chute de la cavalerie de la feria devant un brave de chez Jandilla mais qui n'a pas su conserver sa flamme jusqu'au tercio final.

Morante sur son second (Photo Anthony Maurin). • Anthony MAURIN

C'est sur sa deuxième opposition que Morante se montrera le plus élégant, assidu et torero dans l'âme. Il coupera d'ailleurs la seule oreille de la tarde, c'est dire ! Une belle oreille suite à une faena de bonne facture, simple, efficace, sans fioritures déplacées, juste Morante comme on aimerait le voir plus souvent, plus régulièrement. Pas de quoi casser la baraque mais de quoi couper un appendice que le président Pastor, aidé dans son rôle par Sylvette Fayet et Catherine Idoux (présidente de la peña Morante de la Puebla, ne serait-ce pas un poil bizarre ?), ne tardera pas à octroyer.

Juan Ortega sur son premier (Photo Anthony Maurin). • Anthony MAURIN

Le deuxième à retrouver le sable des arènes, c'était Juan Ortega. Il flambait quand il était venu se présenter à Nîmes mais il n'avait pas pu faire grand chose lors de cette course. À nouveau Nîmois le temps d'une soirée, l'Andalou a montré de belles choses trop rapidement effacées par des lacunes de son couard d'adversaire. Un détail par-ci, un autre par-là, mais là aussi, comme pour Morante, cela se limite à cela. Salut pour Juan Ortega qui doit mettre la vitesse supérieure s'il veut un jour triompher ici.

Juan Ortega (Photo Anthony Maurin). • Anthony MAURIN

Après les saluts, l'Andalou entendra une petite salve d'applaudissements à l'issue de son second duel. Hélas pour lui, les choses ont trop bien commencé et le public a cru que le toro de Jandilla allait enfin mettre un peu de sel dans cette salade artistique. Que nenni ! Le toro manquait de moteur, de moral, et a laissé Ortega faire ce qu'il a pu sans pouvoir en tirer la substantifique moelle. Rageant car on a bien noté le bonnes intentions du piéton qui devra revenir pour sortir par la grande porte, celle des Consuls.

Pablo Aguado... (Photo Anthony Maurin). • Anthony MAURIN

Pablo Aguado ne sortira pas non plus par la grande porte. À peine par la petite. Plusieurs choses vinrent freiner le peu d'élan qu'avait le Sévillan à l'entrée en piste. Déjà, il faudra savoir que les lidias de ses deux toros furent quelque peu chaotiques. Ensuite, on a moins observé d'envie chez lui que chez ses compagnons de cartel. Il y a des jours avec et des jours sans. No pasa nada ! Lui qui sait être attentif, doux, suave... Il a montré un tout autre visage en ce dimanche soir. Pas son meilleur profil en tout cas.

Pablo Aguado (Photo Anthony Maurin). • Anthony MAURIN

Comme on se rattrape rarement sur le dernier de la course, Pablo Aguado n'y arrivera pas. Pire, il persévère et poursuit dans son approche trop légère de la corrida de toros à Nîmes. Certes la cité des Antonin n'est pas Madrid, mais quand même, il y a des choses à respecter et un rang à tenir quand on y défile tête nue. Aguado est aimé dans le coin. Il a été sorti par un Français, Luisito (Ludovic Lelong), le Gard lui a permis de se lancer réellement. Une fois mis en place, le retour sur investissement, même s'il ne faut jamais penser ainsi, n'est pas garanti, loin de là. Il tentera de faire semblant face à ce sixième toro de la course mais il ne parviendra pas à faire illusion longtemps. Dommage, ça laisse un goût d'amertume en bouche, heureusement que la feria se poursuit au-delà des arènes et que les discussions autour des zincs vont s'animer en parlant de tout cela !

Carole Bouquet était au côté de Franck Proust lors de cette corrida des artistes (Photo Anthony Maurin). • Anthony MAURIN

Anthony Maurin

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