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Publié il y a 4 ans - Mise à jour le 16.06.2018 - corentin-corger - 3 min  - vu 670 fois

NÎMES La foi au cœur des quartiers

Inauguration pour l'église restaurée Notre-Dame du Suffrage et Saint Dominique située entre le Clos d'Orville et le Chemin Bas d'Avignon. Un bâtiment religieux symbole du vivre ensemble.
L'église est composée de 1 324 vitraux (photo Corentin Corger)

Inaugurée en 1964, l'église Notre-Dame du Suffrage et Saint Dominique devait subir une remise en état et aux normes actuelles. Après deux ans de travaux, l'inauguration de l'édifice restauré avait lieu ce samedi matin avec la présence de nombreux élus et politiques.

Notamment pour Jean-Paul Fournier, maire de Nîmes, "il était important de faire des travaux d'aménagement pour conserver l'union entre le Chemin Bas d'Avignon et le Clos d'Orville." Bâtie entre ces deux quartiers du centre-est de Nîmes, l'église a failli disparaître. "Vous avez eu raison de ne pas la vendre !",  s'est exclamé Yvan Lachaud, président de Nîmes métropole. Le directeur de l'Institut privé catholique Emmanuel d'Alzon a ensuite honoré l'assistance d'une citation latine : "In lumine veritas (La vérité dans la lumière). L'église est inondée de lumière et Saint-Dominique était le symbole de la vérité." Parmi les autres déclarations, la formule de Christian Bastid, vice-président du Conseil départemental, a marqué l'auditoire : "il fallait sauver la barque", a-t-il lâché en référence à la forme de la bâtisse.

"Rester fidèle à la création de l'artiste"

Eric Grenier a été l'architecte du projet et a assuré la visite des lieux (photo Corentin Corger)

La restauration d'une église ne s'aborde pas comme n'importe quel bâtiment. C'est Éric Grenier qui s'est chargé de la rénovation de l'édifice : "je me devais de rester fidèle à la création de l'artiste". Ce dernier c'est Joseph Massota qui a posé la première pierre en 1963. "Joseph voyait cette église comme un vaisseau posé sur les flots, les marches étant l'allégorie des vagues", explique l'architecte. Un respect du design initial de l'oeuvre qu'il a fallu moderniser, "Parmi les 1 324 vitraux de l'édifice, deux tiers ont dû être changés. Certains sont inspirés des couleurs de la Camargue. Cette église conjugue modernité et tradition". 

Le coût de l'opération s'élève à environ 2,52 millions d'euros pour la réhabilitation de l'édifice, les mises aux normes, la restauration des vitraux et du baptistère. 1,9 millions d'euros provient de l'autofinancement du diocèse c'est à dire des dons des fidèles, très généreux sur ce coup-là. Le reste de la somme a été donné par la DRAC (Direction régionale des affaires culturelles) à hauteur de 390 000 euros, la Région Occitanie (210 000 euros), le Crédit agricole et fondation Pays de France (20 000 euros) et 10 000 euros en provenance de la réserve parlementaire de Françoise Dumas. "St Do" est consacrée évidemment aux chrétiens catholiques mais elle a vocation à s'adresser à plusieurs cultes, notamment au niveau associatif.

La base du Rocher

Vue extérieure de l'église Notre-Dame du Suffrage et Saint Dominique (photo Corentin Corger)

L'association Le Rocher oasis des cités catholiques dans son identité, laïque dans son objet, a pour but de mettre en place des actions éducatives, sociales et culturelles avec les familles des quartiers urbains en difficulté. "L'oasis c'est la fraîcheur, le repos. C'est là où on se reconstruit en tissant du lien dans le quartier", concrétise le père Jean-Claude Rodriguez, le vicaire général. La mission est que certains volontaires décident de vivre, pour quelques mois ou plusieurs années, au cœur d'un quartier. Le Chemin Bas constitue la neuvième antenne de l'association après notamment Bondy, les quartiers nord de Marseille ou encore la cité Mistral à Grenoble. "Nos fondements sont vivre, grandir et bâtir avec. On vient soutenir les familles dans leurs différents besoins. 95% de nos bénéficiaires ne sont pas chrétiens", précise Alain Froment, président de l'association.

Une initiative qui semble concrète, car pour mieux comprendre ce que les gens ressentent, il est nécessaire de s'imprégner de leur milieu de vie et de leur quotidien. Les premières actions vont bientôt démarrer : "nous allons effectuer des tournées de rues jusqu'à minuit, faire de la réinsertion en rencontrant les entreprises et en suivant les jeunes. Des ateliers de couture, cuisine...seront proposés."  L'association peut compter sur le soutien de jeunes en service civique. Cette dernière n'aurait pas pu s'implanter à Nîmes sans avoir à sa disposition des salles en-dessous de l'église. L'essentiel c'est que l'entraide dépasse les cultes.

Corentin Corger

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