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Publié il y a 6 ans - Mise à jour le 08.06.2016 - elodie-boschet - 2 min  - vu 129 fois

SAINT-CHRISTOL Public remonté, élus hués : les états généraux déraillent

Intervention de Thierry Ferré pour la ligne Alès-Bessèges. Photo Élodie Boschet/Objectif Gard

Citoyens, usagers du train et élus étaient rassemblés ce mercredi soir au lycée Jacques Prévert de Saint-Christol-lès-Alès. Au programme : deux heures de réunion publique dans le cadre des États généraux du rail et de l'intermodalité lancés par la Région.

Ces réunions se veulent être un lieu où chacun peut s'exprimer. Certains l'ont bien compris, hier soir, en intervenant dès le début de la rencontre sur un sujet qui n'était pas à l'ordre du jour : la loi Travail. Banderole à la main, des visiteurs embarrassants se sont dressés devant les élus pour interpeller en direct le député Fabrice Verdier. "Je suis cuisinier et avec cette loi je vais perdre 300€ sur mon salaire. Qu'est-ce que vous trouvez de social dans cette loi ?", interroge un homme. Le parlementaire ne fera pas de long discours : "Par respect pour ceux qui se sont déplacés, nous ne ferons pas de débat maintenant sur la loi Travail. Il y a encore de la place pour la négociation, mais ce soir c'est du rail que nous parlons". Le poing levé, les intervenants sont repartis en cassant des œufs pourris derrière eux.

La réunion a été interrompue dès les premières minutes. Photo Élodie Boschet/Objectif Gard

L'ambiance n'était pas pour autant plus apaisée. Les problématiques ferroviaires du territoire des Cévennes provoquent une certaine crispation dans le public. En particulier pour ceux qui se battent depuis quatre ans pour la réouverture de la ligne Alès-Bessèges. "On s'est bercé d'illusions. Les premiers responsables sont l'État et la SNCF. On propose une reprise en main de cette ligne par Région : les financements sont trouvés, qu'est-ce qu'on attend ?" lance Thierry Ferré. Vraisemblablement une "énième" réunion. "Un tour de table avec l'ensemble des financeurs est à envisager. Des contacts ont été pris, nous la mettrons en œuvre le plus rapidement possible", assure Jean-Luc Gibelin, vice président chargé des infrastructures à la Région.

Mais pour les défenseurs de la ligne, c'en est trop. "On peut pas se permettre d'attendre les conclusions des États généraux ! Après ce sera les conclusions de quoi ?", s'égosille Claude Doussière alors que les élus sont hués par le public. Plus calmement, la présidente de l'association des usagers de la SCNF du Gard et des départements limitrophes, Anne-Marie Skora, poursuit : "Certains ont déménagé pour se rapprocher d'Alès et de Nîmes. Et nous avons déjà beaucoup de patience car nous répétons sans arrêt les mêmes choses".

Le rail, c'est aussi un combat du comité de défense des services publics des Hautes-Cévennes. Très attachés à leurs montagnes, les Cévenols craignent l'abandon du train d'équilibre du territoire qui relie Nîmes à Clermont-Ferrand. "Nous savons que la tentation première de l'État est de laisser tomber cette ligne. C'est pourquoi nous demandons une politique de transparence, de communication et d'échange pour être informés en tant réel de ce qu'il se passe", réclame Alain Roumier.

Si la plupart des participants étaient satisfaits de pouvoir s'exprimer face aux élus, ils craignent toutefois que ces rencontres ne soit "qu'un effet d'aubaine". Encore une fois, il vont devoir s'armer de patience avant d'avoir des réponses, si réponses il y a...

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