Il a été interpellé, mardi, aux abords du quartier des Escanaux à Bagnols-sur-Cèze, un secteur bien connu pour son trafic de drogue permanent. Sur lui, il avait une sacoche avec un peu de produit illicite, de l'argent et un téléphone avec une comptabilité liée aux transactions. Mais que faisait cet Italien de 24 ans sur le point de deal gardois alors qu'il prétend être étudiant en troisième année d'ingénieur informatique à Milan ? "Ma mère a un cancer, je suis le plus grand des frères et sœurs et surtout le seul garçon. Je devais trouver de l'argent et j'ai répondu à une annonce sur Snapchat proposant d'être livreur en France. Je ne savais pas où je venais et je ne connaissais pas Bagnols", affirme-t-il dans le box du tribunal correctionnel de Nîmes. Il est jugé pour trafic de drogue et pour une non-justification de ressource. Mais, selon ses dires, l'univers impitoyable du trafic va lui faire comprendre qu'il n'avait pas le choix, qu'il ne pouvait plus reculer pour retourner en Italie... "On m'a menacé avec un pistolet, on m'a dit que si j'essayais de fuir, on allait violer ma femme qui est enceinte de deux mois et qu'on allait me tuer", déclare le mis en cause qui ne souhaite qu'une chose : repartir de l'autre côté de la frontière. "Il n'avait pas le choix, il était contraint et forcé, il a été frappé pour poursuivre cette activité sur le point de deal", complète son conseil, maître Salimata Diagne.
Un homme qui a fini par avouer être un des Pères Noël qui a tant défrayé la chronique ces derniers jours, avec la diffusion d'une vidéo filmée dans la cité de la "Gitanie" à Bagnols. Une vidéo dans laquelle on voit des hommes à la barbe blanche qui proposent, pour le 24 décembre, des stupéfiants au choix au milieu de confiseries et chocolats pour les habitants du secteur et les éventuels clients. Un enregistrement bien scénarisé avec des guirlandes de Noël qui emmènent les clients vers un chemin de "lumière" avec, au bout, des drogues et de la victuaille. Une vidéo qui a été diffusée récemment à la télévision et sur les réseaux sociaux. L'Italien a avoué être un des Pères Noël.
Concernant le trafic qui gangrène ce quartier et d'autres lieux dans le Gard, la procureure Nathalie Welte tranche : "On a toujours les mêmes arguments, mais les gens ne se retrouvent pas par hasard à dealer sur un lieu connu de trafic." Un homme qui a reconnu avoir été payé 100 euros par jour pour guetter sur le secteur des Escanaux. Il était là depuis au moins deux semaines car il a déjà été contrôlé à la mi-décembre par la police. La procureure réclame 8 mois de prison avec un mandat de dépôt et une interdiction du territoire pendant 10 ans. Ses réquisitions seront entendues car le mis en cause a été condamné mercredi soir par le tribunal correctionnel de Nîmes. Il écope de 6 mois de prison accompagnés d'un mandat de dépôt. Il a une interdiction du territoire français pendant 10 ans et son téléphone a été saisi ainsi que l'argent qu'il avait sur lui. Un des Pères Noël des Escanaux dort donc en prison ce soir.