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Publié il y a 6 mois - Mise à jour le 10.05.2022 - francois-desmeures - 2 min  - vu 558 fois

SAINT-JEAN-DU-GARD Rachat d'une ferme par la Légion étrangère : "Le colonel nous a dit que les tirs à blanc ne se feraient pas"

Dimanche 8 mai, un rassemblement d'opposants a réuni près de 300 personnes au col Saint-Pierre (Photo François Desmeures / Objectif Gard)

Le chef de corps du 2e Régiment étranger d'infanterie (REI) et le sous-préfet d'Alès se sont rendus, ce lundi, chez un riverain de la ferme en vente pour rencontrer une membre du collectif "Vallées cévenoles démilitarisées" et un éleveur local afin de déminer le dossier, en présence du maire. Les opposants ont réclamé le retour au projet initial de maison de repos et de formation, mais sans tirs ni manœuvres alentour. L'armée y aurait souscrit, pour l'instant. 

Au lendemain du rassemblement de près de 300 personnes au col Saint-Pierre en opposition au projet de la Légion étrangère dans le hameau de Banières bas, la rencontre de ce lundi- prévue avant la tenue du rassemblement - visait à entendre les volontés de chacun et, éventuellement, à trouver un terrain d'entente.

Chef de corps du 2e REI, le colonel Geoffrey Desgrées du Loû (qui quittera la caserne nîmoise début juillet, sans lien avec la polémique autour de la vente de la ferme) était accompagné de son second et du sous-préfet d'Alès, Jean Rampon. Ils ont accepté la présence d'une membre du collectif Vallées cévenoles démilitarisées en plus de Frédéric Mazer, éleveur à Corbès, et du maire de la commune, Michel Ruas.

"On a eu droit à une opération de séduction, regrette Frédéric Mazer. Le colonel a dit que tout ce qui avait été dit dans la presse étaient des fausses nouvelles." Toutefois, l'éleveur reconnaît quelques avancées mais reste vigilant. "Les légionnaires ne souhaitent pas s'installer en milieu hostile et ils tiennent à rester sur ce lieu. Il nous a dit que les manœuvres et les tirs à blanc ne se feraient pas, mais dans un premier temps."

Une autre participante confirme : "Le colonel est d'accord pour que les militaires restent dans leurs sept hectares et n'en débordent pas." Une superficie qui ne prend pas en compte les terres cultivables. "Ils ont aussi dit qu'ils feraient très attention de ne pas choquer les randonneurs et ne feraient des bivouacs que sur leur surface boisée", poursuit Frédéric Mazer. Des engagements que la Confédération paysanne souhaiterait voir stipulés par écrit.

"Difficilement compatible avec du maraîchage ou des arbres fruitiers"

Les participants ont également demandé à l'armée la possibilité d'installer des cultures pérennes sur les quatre hectares de terres cultivables. "Ils nous ont dit que c'était compliqué", regrette encore Frédéric Mazer. Le bail serait effectivement d'un an dans un premier temps, puis basculerait sur un bail rural de neuf ans par la suite, éventuellement reconductible.

"On sent bien qu'ils aimeraient des agriculteurs saisonniers", en sourit Frédéric Mazer, qui voit l'option préférée par l'armée "difficilement compatible avec du maraîchage ou des arbres fruitiers". Sans parler, évidemment, d'un projet viticole. "Je connais un peu le métier, conclut Frédéric Mazer. Je vois mal ce qui pourrait être fait d'autre que du pâturage sur trois mois." C'est la Safer qui sera chargée de rédiger le bail et de trouver un agriculteur. Les syndicats agricoles devraient rencontrer prochainement l'organisme foncier.

Enfin, côté 2e REI, on signale que l'armée de terre ne communiquera plus sur le sujet, d'autant que débute la période de réserve électorale des Législatives. La signature définitive, prévue fin mai, pourrait être repoussée après les élections législatives.

François Desmeures

francois.desmeures@objectifgard.com

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