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Publié il y a 8 mois - Mise à jour le 13.03.2022 - corentin-corger - 5 min  - vu 1758 fois

ARAMON Le maire Jean-Marie Rosier : "Des attaques infondées et irrespectueuses envers les agents"

Jean-Marie Rosier, maire d'Aramon (Photo : Stéphanie Marin / ObjectifGard)

Le 23 février, sur le plateau de Bonsoir le Gard, Bertrand Manonviller, président de l’Aramon Judo Club Gardois était venu témoigner des difficultés que son club rencontre avec la municipalité. Jugeant le dojo trop vétuste pour accueillir les licenciés, il a décidé de quitter ce site. Suite à cette intervention, le maire d'Aramon, Jean-Marie Rosier, a souhaité réagir et a envoyé sa réponse par communiqué à notre rédaction. La voici :

"Suite à la diffusion d’une interview accordée par M. Bertrand Manonviller, président du judo club d’Aramon, le 24 février 2022, au média gardois Objectif Gard, la municipalité souhaite apporter quelques éléments de réponses aux informations parfois inexactes et incomplètes données dans la vidéo. Il est dans un premier temps important de contextualiser la situation globale du tissu associatif à Aramon. Village de 4 200 habitants, il bénéficie de la présence de 70 associations avec un total de 2 984 adhérents. La commune a réservé un budget en 2021 de 180 000 euros de subvention aux associations, ce qui est peu commun pour une commune de cette taille.

À lui seul, le judo a vu la subvention municipale augmenter depuis 2015 évoluant ainsi de 8 000 € en 2015 à 9 500 € en 2021, malgré un déclin important et constant de son nombre d’adhérents (divisé par deux depuis 2016) et malgré une épargne conséquente et en progression. Ce soutien financier de la collectivité est à corréler également avec les avantages en nature bénéficiant à toutes les associations, à savoir, entre autres, l’utilisation des bâtiments publics sans charges aucune. Le judo profitait en sus de la mise à disposition de la halle des sports, de la jouissance d’un local de stockage dans un autre bâtiment public, lui aussi, proposé par la collectivité gratuitement.

Il s’est agi pour la collectivité d’accompagner une association dont les résultats sportifs sont très performants à l’image des palmarès qu’ont connus et connaitront d’autres associations aramonaises (handball, horseball…). D’ailleurs la municipalité est persuadée du rôle fondamental assumé par les associations pour enrichir le lien social. En permettant l’éveil de leurs adhérents à des domaines riches et variés (comme le patrimoine, la couture, la danse, le judo...), elles sont un vecteur indispensable du vivre ensemble. L’équipe municipale s’est inscrite dans cette volonté d’échanges avec le judo, comme cela est d’ailleurs reconnu par le président de l’association dans l’interview.

C’est ainsi que nous avons pu proposer de nouveaux créneaux à l’association, changer les convecteurs- chauffage qui ne fonctionnaient plus et pris plusieurs engagements par écrit envers elle. Parallèlement, la municipalité a souhaité poser un cadre de référence par l’instauration d’une convention de mise à disposition et d’un règlement intérieur. Ces documents sont construits comme de véritables outils pédagogiques et d’information, permettant de valoriser les relations et la compréhension entre les différents intervenants au sein d’un même bâtiment qu’il s’agisse de dirigeants associatifs, de bénévoles, d’enseignants, d’élèves, de publics extérieurs.

L’objectif était de déterminer les règles de vie en collectivité et de partager harmonieusement les espaces. Enfin, souhaitant apporter une réponse à la vétusté de la Halle des sports et d’autres bâtiments publics, la commune entreprend la réalisation d’un audit général de tous ses bâtiments, pour améliorer les conditions d’utilisation et en réduire l’empreinte environnementale. L’association de Judo n’a donc jamais été poussée vers la sortie, elle a toujours été traitée comme n’importe quelle autre association. Les accompagnements à son bénéfice ont été nombreux. A priori, ils n’ont pas été suffisants, le pouvaient-ils seulement ?

Malgré ces investissements, réalisés dans l’intérêt des adhérents du club et de l’ensemble des associations, la municipalité s’est heurtée à la volonté d’appropriation de l’espace par le JUDO Club. L’enseignant s’est notamment permis de s’interposer devant des professeurs du collège pour empêcher l’accès au dojo. Il a également jeté le matériel d’autres associations dans le hall et n’a pas respecté les créneaux d’un espace public partagé par plusieurs associations sportives avec qui la municipalité ne relève aucune tension. Rappelons enfin que l’état des lieux a, aux dires du Président, été compliqué. Et pour cause, la municipalité a fait face à l’agressivité très importante de l’enseignant, qui a menacé l’intégrité physique d’un élu. Cette intervention aurait pu mener à des débordements plus graves si des élus et parents ne s’étaient pas interposés.

"La municipalité regrette donc vivement les propos mensongers tenus par l’association"

En tant qu’adhérents d’association, en tant que parents et en tant qu’élus, nous ne pouvons que regretter le choix du bureau de l’association de quitter son village, mais nous respecterons son choix. Insatisfait des installations proposées, le judo club en novembre 2021 a proposé de candidater individuellement à un projet autour du dispositif des "1000 dojos" porté par la Fédération Française de Judo. Ce dispositif est destiné, avant toute chose, à rénover des structures sociales et éducatives permettant aux habitants des quartiers prioritaires de pratiquer le judo. Aramon n’entrait pas dans les conditions requises pour participer à ce dispositif puisque la ville n’est pas un quartier prioritaire.

En outre, par ce dispositif, la commune était contrainte d’accepter une mise à disposition du dojo au profit du judo club, entrainant ainsi une privatisation à son profit. Nous ne voulions pas remettre en cause le partage de la halle des sports par conviction politique et obligations contractuelles. En effet, il est important de rappeler que c’est grâce à la présence du collège que la ville peut bénéficier d’une infrastructure telle que la halle des Sports cofinancée par le département du Gard. D’ailleurs, le département contribue encore aujourd’hui à l’entretien de cet espace partagé. Ces rapports sont régis par conventions.

De plus, la halle des sports doit demeurer un espace de pratique prioritaire pour les élèves afin de leur assurer une gratuité à la pratique du sport. Dans son interview, M. Manonviller tente à plusieurs reprises de jeter le discrédit sur la gestion de la halle des sports. Nous relevons des attaques infondées et irrespectueuses envers les agents qui ont toujours répondu à la demande des élus et qui ne sont en rien responsables de la situation. Sur ce point d’ailleurs, il est primordial de rappeler que les deux dernières visites périodiques de la commission de sécurité pour la halle des sports réalisées en 2016 et le 29 novembre 2021 ont donné lieu à un avis favorable à la poursuite de l’exploitation du bâtiment. Aucun risque et aucune condamnation d’issue de secours par des plaques en bois n’ayant été constaté.

La municipalité regrette donc vivement les propos mensongers tenus par l’association. Le judo club n’a jamais été poussé vers la sortie, mais a pris cette décision, sans prévenir, nous laissant les lieux vides de tout matériel, y compris les 23 tatamis qui appartiennent à la commune et qui bénéficient aux autres associations utilisant le dojo Il était donc logique que la commune en exige le retour après le départ du club. Le dojo a été impraticable pendant plusieurs jours suite à son départ. La finalité est qu’hélas, malgré une véritable écoute de la part des élus, le judo Club s‘est maintenu dans un rapport conflictuel avec l’ensemble des acteurs institutionnels et associatifs, les utilisateurs de la halle des sports et les agents de la ville. Les premières victimes sont les judokas et leurs parents qui n’ont plus, aujourd’hui, accès à la pratique du judo.

Les créneaux n’ayant pas été réaffectés, nous serons heureux de répondre aux différents projets présentés par de nouvelles associations et ce faisant, nous espérons sincèrement, que la pratique du judo sera très rapidement à nouveau possible sur le territoire de la commune d’Aramon."

Retrouvez ci-dessous, l'intervention de Bertrand Manonviller sur notre plateau :

Corentin Corger

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