À quelques kilomètres de Bessèges, dans un écrin de verdure traversé par la Cèze, le camping des Drouilhèdes fête cette année ses 50 ans. Repris il y a neuf ans par Xavier et Laurence Saudrais, cet établissement familial de 90 emplacements a fait le choix de préserver l'esprit camping, celui où l'on vient autant pour la nature que pour les rencontres.
« Nous sommes un petit camping familial au bord de la Cèze. Notre terrain de jeu, c'est la rivière avec une plage privée et jusqu'à 3,50 mètres de profondeur », résume son directeur, Xavier Saudrais.
Loin des immenses structures touristiques, le site conserve 64 emplacements dédiés aux tentes, caravanes et camping-cars. Un choix devenu rare. Les 26 hébergements locatifs comprennent notamment des tentes lodge sur pilotis et des « cyclotentes », destinées aux randonneurs, cyclistes ou motards de passage qui souhaitent profiter d'un vrai lit le temps d'une nuit.
Une transhumance et une course aux canards
Mais ce qui fait sourire les vacanciers se déroule chaque soir. Le camping abrite plusieurs animaux : des lapins, des perruches, deux brebis... et un alpaga. « Tous les soirs, on propose aux campeurs de venir nourrir les animaux à la main et de les caresser. Un alpaga dans un camping, ce n'est quand même pas très courant », sourit Xavier Saudrais. Une animation simple, sans artifices, qui séduit autant les enfants que les parents.
L'autre rendez-vous phare de l'été a lieu sur la plage privée du camping. Après un repas les pieds dans le sable et un concert, place à une étonnante course de canards solidaire. Chaque vacancier peut acheter un petit canard en plastique pour 2,50 euros. Un euro est reversé à une association reconnue d'utilité publique qui permet à des enfants de partir en vacances. Une fois la nuit tombée, les canards sont déposés dans la rivière.
« Au contact de l'eau, ils s'illuminent tous. Le courant les entraîne et les huit premiers et le dernier remportent des cadeaux. Cette année, la grotte de la Salamandre nous a offert des lots exceptionnels, comme un vol en Aéroplume ou encore une descente en rappel dans la grotte. » Un concept qui demande plusieurs heures d'installation et qui n'est organisé que quelques fois dans la saison.
Ici, tout le monde s'appelle par son prénom
Plus qu'une animation, Xavier Saudrais revendique une philosophie. « En ce moment, nous accueillons environ 250 campeurs. Je pense que nous connaissons près de 220 prénoms. Quand les gens arrivent, on fait l'effort de les appeler par leur prénom plutôt que par leur numéro d'emplacement. » Une marque de fabrique qui participe largement à la fidélité de la clientèle.
Si les Hollandais sont nombreux en juillet, août laisse davantage de place aux familles françaises venues de Montpellier, Marseille, Lyon ou Toulouse, mais aussi à des habitués qui traversent la France pour revenir chaque été. « On dit souvent qu'on ne sait jamais vraiment comment on arrive chez nous, mais qu'on a toujours du mal à repartir », sourit le directeur.
Une parenthèse de nature entre le Gard et l'Ardèche
Situé à quelques centaines de mètres des sentiers de grande randonnée et à proximité de nombreux sites touristiques, le camping mise avant tout sur son environnement. « Les gens nous disent souvent qu'ils ont l'impression d'être dans une bulle naturelle. Devant eux, il y a la rivière. En face, une colline. Ils se sentent complètement déconnectés. »
Pour Xavier Saudrais, le camping bénéficie d'un emplacement privilégié. « On dit souvent qu'on a tous les avantages de l'Ardèche sans les inconvénients. On profite de la rivière, du soleil, des grottes, des marchés ou du canoë, mais sans la foule ni les embouteillages. »
Et surtout, ici, le calme est une règle d'or. « Même les soirs de concert, tout s'arrête à 23 heures. À 23 h 30, il n'y a plus un bruit dans le camping. On n'a jamais besoin de faire la police. Les vacanciers savent pourquoi ils viennent. »
Le bouche-à-oreille comme meilleur ambassadeur
Alors que de nombreux campings ont connu un début de saison plus contrasté, les Drouilhèdes ont réalisé un bon mois de juillet. Le directeur l'explique par la fidélité de ses habitués, mais aussi par la réputation construite au fil des années. « Les avis internet nous apportent énormément de monde. Au départ, je n'y croyais pas forcément, mais aujourd'hui, on voit à quel point les recommandations des clients sont essentielles. »
Engagé dans une démarche environnementale, le camping est également labellisé Esprit Parc national. Des actions de réduction des consommations d'eau et d'énergie y sont menées, tandis que 70 panneaux solaires installés l'an dernier permettent d'être presque autonome en électricité durant la journée.
À Peyremale, loin des grands axes touristiques, les Drouilhèdes revendiquent finalement une autre idée des vacances : une rivière pour terrain de jeu, des animaux à nourrir, des soirées conviviales et un rythme où le temps semble ralentir.