Certains Nîmois ne les connaissent sans doute pas mais ils gagneraient à s’intéresser. Au-delà des magnifiques amphithéâtre ou temple, le rempart est un troisième monument à part entière.
Bon, c’est vrai… On ne peut pas faire la visite de ces deux héritages mais quand même. Si vous connaissez la Tour Magne, les morceaux d’enceinte du Cimetière protestant, de Montaury, du Musée de la Romanité ou du parvis des arènes, savez-vous que nos antiques prédécesseurs entraient en ville par des Portes car Nemausus était une cité fortifiée dotée d’une vaste, très vaste enceinte (quasi impossible à garder d’ailleurs).
La Porte de France peut se voir, on peut encore la franchir. La Porte auguste, elle, est désormais en contrebas de la vie moderne et son espace est clos bien plus bien plus important que son homologue libérée.
La Porte Auguste est aujourd’hui au pied de l’église Saint-Baudile mais elle est surtout l’un des témoignages les plus impressionnants de l’antique enceinte fortifiée.
La colonie Nemausus était protégée par l’une des plus longues enceintes fortifiées de la Gaule romaine, un autre genre de construction monumentale.
Édifiée sous le règne de l’empereur Auguste, soit vers la fin du Ier siècle avant notre ère, celle-ci, haute de 9 mètres, courrait sur près de sept kilomètres (en englobant ainsi une surface de 220 ha) et n’était franchissable que grâce à une dizaine de portes.
La Porte Auguste constituait le point d’entrée de la fameuse Voie Domitienne, axe majeur de circulation (toujours d’actualité) entre l’Italie et l’Espagne. Deux tours défensives encadraient alors cette porte de près de 40 mètres de long.
La Porte Auguste est pourvue de quatre passages en arc toujours visibles, deux grands centraux pour les véhicules et deux petits latéraux qui était destinés aux piétons.
Le Castellum avait quant à lui un tout autre usage. Mais il était lui aussi une sorte de point d’arrivée. Celui de l’eau qui sillonnait l'aqueduc de Nîmes, est un vestige rarissime. Pour alimenter la cité en eau, on construit au milieu du 1er siècle après JC un aqueduc de 50 Km dont le Pont du Gard est un témoin prestigieux.
La construction du castellum et du Pont du Gard, datée du milieu du Ier siècle ap. J.-C., montre que la ville a continué à se développer après la forte impulsion de l'époque d'Auguste.
En complétant les basses eaux de la source de la Fontaine en période de sécheresse, il permettait d'assurer la sécurité de l'approvisionnement et facilitait l'évacuation des eaux usées de l'est de la ville.
On put ainsi édifier de nouveaux thermes entre le forum et la porte Auguste. Certains tronçons de l'aqueduc abandonné furent réutilisés en caves, en citernes, voire en fosses d'aisances. Le castellum était encore connu au XVIIe siècle.
Il fut semble-t-il remblayé lors de la construction de la citadelle en 1688 et ne fut redécouvert qu'en 1844 par un particulier qui entreprit aussitôt de le mettre au jour.
Connu par les textes, ce type d'édifice n'avait jamais été observé encore en Europe. Il fut racheté par la ville et l'État et classé monument historique. À l'origine l'ensemble, limité par un mur recouvert d'enduits peints représentant une scène aquatique, était inclus dans un édifice carré à colonnade couvert de tuiles.
Les eaux en provenance de la source d'Eure, à Uzès, arrivaient obliquement dans le bassin par une ouverture presque carrée. Une vanne munie d'un cabestan permettait de régler le débit. Six trous carrés ménagés dans la dalle surplombant le canal permettaient à une grille d’arrêter d’éventuelles intrusions.
Des canalisations en plomb s'adaptaient aux dix orifices circulaires disposés en éventail visibles actuellement sur le mur du bassin. Regroupées par paires, elles étaient amenées par cinq conduits maçonnés, couverts de dalles vers les différents quartiers de la ville. Le trop-plein partait vers le réseau d'égouts contribuant ainsi à l'assainissement de la ville.
On n'a pas trouvé de dispositif permettant de hiérarchiser la distribution de l'eau comme à Pompéi (d'abord les fontaines, puis les établissements publics enfin les particuliers). Par contre, on a retrouvé de nombreuses monnaies qui laissent supposer que l’édifice a pu jouer un rôle cultuel.
Anthony Maurin et la direction de la communication de la Ville de Nîmes