C’est une histoire alambiquée qui a mené trois protagonistes devant les juridictions nîmoises. L’un d’eux, un mineur que nous appellerons Théo, a été jugé devant le tribunal des enfants. Aujourd’hui, c’est au tour de Mathéo et d’Elyes de comparaître pour des faits de recel de vol, d’usage de cannabis et de menace de mort. L’affaire démarre en septembre 2023 dans la commune de Connaux. Le mineur comparaissant dans cette affaire aurait, en présence des deux autres prévenus majeurs, dérobé le véhicule de son grand-père. Toutefois, aucun des deux jeunes majeurs ne reconnaît avoir eu connaissance de ce vol. « On lui a dit de prendre la voiture, car on pensait qu’il n’y avait rien de grave », explique Mathéo, soutenant que le grand-père de Théo « lui laissait souvent sa voiture pour rester dans le village ». Édouard Le Jan, président de l’audience, n’a pas manqué de préciser le fait que le mineur n’était pas en possession du permis de conduire.
L’usage de cette voiture n’a pourtant en aucun cas été consenti par le grand-père de Théo. Placé en maison de repos, le vieillard n’était pas sur place, et était encore moins en capacité de confier son véhicule à son petit-fils. Malgré leur prétendue méconnaissance du vol opéré par Théo, Mathéo et Elyes sont montés à bord. Interrogé par le tribunal, Mathéo explique que son ami avait proposé de fournir une voiture dans le cas où le groupe d’amis avait des « plans ».
Un vol de cannabis
Une fois en route, les trois jeunes auraient volé des plants de cannabis, qu’ils auraient entreposés dans une habitation abandonnée, qui leur servirait semble-t-il de squat. Problème… Le cannabis a ensuite disparu. Énervés de s’être fait voler, Mathéo et Elyes s’en sont pris à Théo, l’accusant de ce vol. Mathéo aurait alors proféré des menaces à l’encontre du garçon et de ses parents. Il aurait notamment dit à son père : « Je vais t’égorger toi et ta grosse. » « C’est la fable du voleur volé », lance Jean-Luc Vasserot, procureur de la République, tout en soulignant que les faits de menaces ne sont pas établis pour Elyes. Les deux jeunes reconnaissent malgré tout avoir consommé des stupéfiants.
Face au tribunal pour enfants, Théo a bénéficié d’une immunité familiale, le vol qu’il a commis ayant été effectué au préjudice de son grand-père. Selon Camille Proix, intervenant aux intérêts de Mathéo, sans condamnation pour vol, son client ne peut se voir condamner pour des faits de recel de vol sur le même véhicule. Face à ces éléments et après délibération, le tribunal a relaxé les deux jeunes pour les faits de recel de vol de véhicule. Mathéo a été reconnu coupable de menaces de mort et pour consommation de stupéfiants. Pour ces faits, il a été condamné à effectuer 105 heures de travaux d’intérêt général. Elyes a, lui, été reconnu coupable de consommation de stupéfiants, les éléments n’étant pas réunis pour le condamner pour les menaces de mort. En répression, il devra effectuer 35 h de travaux d’intérêt général. En cas d’inexécution de ces heures, les deux prévenus risquent respectivement 18 mois d’emprisonnement et une amende de 1 500 €.