Publié il y a 1 h - Mise à jour le 04.03.2026 - Anthony Maurin - 5 min  - vu 107 fois

NÎMES Les Peillasses fêtent leurs 30 ans !

Collection Les Peillasses4

Collection Les Peillasses

Formation musicale indescriptible mais évoluant dans la rue, les Peillasses font le plaisir des amateurs de musique, de rire et de fête.

Ils s’appellent Jimmy, Amélie, Éric, Nicolas, Anne, Sébastien, Cécile, Stéphane, Odette, Lionel, Philippe, Bruno, Élodie ou encore Morgan, Caroline ou Emmanuelle. Il en manque à boudre, ils sont passés, sont repartis mais voilà quelques musiciens des Peillasses !

Une peille, c’est un morceau de ligne, un bout de tissus vieillot et qui ne sert plus qu’à passe un coup de chiffon sur un passé lointain. Et par chez nous, quand on rajoute le suffixe asse, c’est qu’on appuie sur un effet péjoratif. Bref, on ne comprend pas comme un orchestre de rue a pu prendre ce nom !

Jimmy, président de la fanfare Les Peillasses  (Photo Anthony Maurin)
Jimmy, président de la fanfare Les Peillasses (Photo Anthony Maurin)

Jimmy ne les connaissait pas mais il a tenté l’aventure des « drôles de costumes ». « J’avais 17 ans, c’était 1999, je n’avais pas le bac, je venais d’arrêter le Conservatoire ! J’avais des potes du Cailar, de Vestric, c’était une rencontre entre fanfares, entre feria et Camargue. Tout est arrivé d’un coup dans ma vie ! J’ai commencé à connaître des gens que je ne connaissais pas, et ça arrive encore ! C’est un monde ouvert et nous sommes tous animés par la même passion musicale et festive. »

Autant vous dire qu’il ne referait pas le chemin inverse pour aller dans une autre direction. La musique de rue, les copains, les ferias, la bonne humeur… À l’écoute des notes proposées par la formation, on se demande pourquoi avoir choisi ce modèle plutôt qu’un autre. La décadente fanfare de ces malfaisantes Peillasses est spéciale. « Le nom des fanfares… C’est quelque chose ! Il y a des jeux de mots, les Peillasses, c’est au moins local ! D’une ville à l’autre on sait qui est où et nous sommes bien référencés ! »

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Collection Les Peillasses

En feria, comme dans tout événement festif, il faut de la musique. Chaque formation a son doudou, il en faut pour tout le monde. Pour les Peillasses, le répertoire est un socle commun, méridional et bien senti. Clique, harmonie, peña, fanfare… Les nuances sont présentes et locales mais s’expliquent.

« Véronique Flanet (La Belle Histoire des fanfares des Beaux-Arts, 1948-1968, Paris, L’Harmattan, 2015, 251 p.) a fait un bon livre sur le sujet des fanfares ! Les fanfares sont nées surtout dans les écoles avec des étudiants aux tenues officielles un peu spéciales. Ça jouait un répertoire un peu ancien. En général, on n’a ni flûte traversière ni clarinette car on ne les entendrait pas et c’est dur de jouer à leur côté en plein air. Historiquement, notre fanfare a été créée par une bande de potes de lycée, à Dax. Ils sont revenus à Nîmes, ils adoraient les Bidochons et d’un coup ils ont commencé à vouloir monter cette formation et ils ont pris des cours ! »

En trente ans, les Peillasses ont vu défiler des kilomètres de bitume sous leurs semelles de festaïres. Nombre de souvenirs feriesques sont liés à eux. En trente ans, c’est une génération entière qui a « grandi » avec les Peillasses.

Collection Les Peillasses
Collection Les Peillasses

En 2013, les Peillasses étaient même à l’organisation du concours international de fanfares organisé à Nîmes, aux Jardins de la Fontaine et que l’on n’a pas revu depuis… quel dommage !

« Ce concours est tournant et d’autres l’ont organisé depuis ! On l’avait gagné l’année d’avant à Aire-sur-l’Adour. Tout le monde est soudé autour d’une entité musicale et festive, c’est pour ça que l’ambiance est toujours bonne ! Les gens restent parce qu’ils kiffent, ils sont happés. On partage des moments fous, de vraies communions ! »

Des moments qui manquent aux nuits (et journées) nîmoises en feria (ou hors feria mais en saison).

« On est devenus une bande de quinzaines de potes, de parcours et d’horizons différents, mais qui aimaient faire vibrer les gens en soirée et en feria, notamment le samedi soir à Nîmes à la Calade à 22h, c’est The place to be ! »

Quand il a commencé en 1999, Jimmy payait ses clopes. C’est tout. En général les bars payaient leur coup à boire et les organisateurs essaient de loger les musiciens. Mais en 30 ans, les us et coutumes ont changé.

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Collection Les Peillasses

« C’était différent, les ferias de nos parents, à boire du vin rouge Place de la Mairie, c’était rigolo, ça me plaît mais je ne suis pas décisionnaire ! La feria prout-prout m’embête mais je comprends ! On crée toujours des fanfares aujourd’hui ! Regardez le festival de Montpellier, complètement autonome, c’est dingue !

Mais les années 2020 marquent un certain coup d’arrêt dans les sorties des Peillasses. Un Covid dont il est difficile de se dépêtrer, des ferias moins festives et une autre manière de faire la fête ? Heureusement que l’humain reste humain. « Je reviens du carnaval de Maastricht et sur place, j'ai vu des collègues d’autres fanfares… on se présente nos enfants ! C’est marrant, c’est un vrai réseau, en plus on se voit pour de bons moments… Et parfois, on fait des milliers de kilomètres pour enterrer des potes… »

Jimmy, président de la fanfare Les Peillasses  (Photo Anthony Maurin)
Jimmy, président de la fanfare Les Peillasses (Photo Anthony Maurin)

Les Peillasses recrutent. Plusieurs pupitres sont recherchés. Saxophones, trompettes, euphonium, trombones, soubassophone et percussions.

« Les musiciens qui viennent, viennent pour longtemps, pas pour une fois par an. À partir de 17 ans avec l’accord des parents, que vous soyez mentalement à peu près stable et pas trop sous tutelle ! On a besoin d’un batteur et d’un soubassophone, d’un trombone ou Gaffophone si certains ont la référence ! Mais on recrute à tous les niveaux, nous avons tous boulot et enfants mais nous ne prenons pas d’argent au contraire des peñas ! Il faut juste savoir un petit peu jouer, savoir liure la musique, comprendre quand on parle et aimer vivre, boire un coup et manger une entrecôte avec un verre de pinard ! Aimer les gens et aimer la vie ! »

Jimmy, président de la fanfare Les Peillasses  (Photo Anthony Maurin)
Une mise à jour nécessaire pour célébrer les 30 ans de la fanfare Les Peillasses en 2026 (Photo Anthony Maurin)

Carte blanche pour Jimmy, il n’aime pas l’injustice mais savoure l’aventure vécue. « Même séparé de la maman de mes filles, je peux dire que je l’ai rencontrée en feria où elle est venue jouer, c’est aussi ça la magie de la feria ! J’ai vu ça dans beaucoup de formations et de festivals ! On rencontre du monde, beaucoup de monde et parfois, on se rapproche en amitié ou en amour. L’humanité prend une place importante par chez nous ! »

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Collection Les Peillasses

Renseignements avec Jimmy au 06 47 59 82 28, et sur les réseaux sociaux (Facebook, Insta et Tiktok) avec Fanfare les Peillasses.

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