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Publié il y a 8 ans - Mise à jour le 04.09.2014 - coralie-mollaret - 4 min  - vu 446 fois

BEAUCAIRE Elèves étrangers : le maire FN Julien Sanchez crée la polémique

Julien Sanchez, maire de Beaucaire. Photo Tony Duret / Objectif Gard

Julien Sanchez, maire de Beaucaire. Photo Tony Duret / Objectif Gard

A l'occasion de la rentrée scolaire, le maire frontiste de Beaucaire s'est fendu d'un communiqué concernant le traitement des élèves étrangers. "Dans un souci d'aider le gouvernement dans sa recherche d'économies", ironise Julien Sanchez, le maire pointe une dépense dont il se serait bien passé : l'accueil des élèves "allophone", ces enfants étrangers ne parlant pas le Français.

Pour la rentrée 2014/2015, Beaucaire a accueilli 22 nouveaux élèves étrangers. "Je suis contraint par la circulaire n°2012-141 du 02/10/2012 d'accueillir dans les écoles de ma ville (du CP au CM2) en cette rentrée scolaire, sans compter les 9 élèves de maternelle", s'indigne le maire. Et d'ajouter : "Pour la plupart originaires du Maghreb ou de nationalité espagnole grâce à l'Europe passoire et laxiste en matière de naturalisations ou de droit du sol (…) Ces élèves passent pendant 1 an (durée du dispositif par élève) la moitié de la semaine dans des classes classiques avec les enfants français ou francophones et la moitié de la semaine dans des structures spécialement créées pour eux (…) et voient des enseignants (recrutés spécialement et payés par l'Education Nationale via nos impôts pour l'occasion) s'occuper exclusivement de ces enfants (en écoles élémentaires uniquement) pour leur apprendre le Français".

Et de conclure en s'emportant un tantinet : "c'est en maintenant ces pompes aspirantes que les gouvernements de droite comme de gauche favorisent et encouragent l'immigration massive".

Les réactions ne se sont pas faites attendre :

Le conseiller régional Jean-Paul Boré en appelle au préfet en envoyant une lette : "Les déclarations de Monsieur Julien Sanchez, maire de Beaucaire dans la presse et sur sa page Facebook ne vous auront évidemment pas échappées. Il conteste l'obligation d'enseigner le Français aux enfants allophones, n'hésitant pas en fin de page à faire référence à la célèbre Nabila et son Allô, non mais allô quoi?. Il me semble que Monsieur Sanchez n’est pas dans son rôle de maire, censé être le maire de tous, mais participe à la stigmatisation et à la division de certaines populations dans un contexte où nous devons tous agir pour des relations apaisées. Un rappel à ce maire de nos règles républicaines me parait indispensable : Je cite un passage des articles 1 et 13 du préambule de notre constitution : « Le peuple français proclame à nouveau que tout être humain, sans distinction de race, dereligionnidecroyance,possèdedesdroitsinaliénablesetsacrés.»« LaNationgarantitl'égal accès de l'enfant et de l'adulte à l'instruction, à la formation professionnelle et à la culture. L'organisation de l'enseignement public gratuit et laïque à tous les degrés est un devoir de l'Etat. » Les propos de Monsieur Sanchez sont discriminatoires à l’égard d’enfants qu’il stigmatise".

Françoise Dumas, député PS et conseillère municipale : "Je condamne très fermement les propos de Monsieur Julien SANCHEZ à l’encontre des enfants non francophones, rapportés par la presse de ce jour. En cette période de rentrée scolaire, il tente d’opposer des familles les unes aux autres, alors qu’en tant que premier magistrat d’une commune, il a le devoir de respecter et favoriser la paix sociale. Il a aussi des devoirs envers les enfants qui, quelques soient leurs conditions de vie et leur nationalité, sont avant tout des élèves de la République, auxquels nous devons l’instruction, l’éducation et la protection. C’est en respectant et en leur appliquant cette obligation de scolarité, qu’ils deviendront, comme beaucoup d’enfants issus de l’étranger avant eux, des citoyens de notre République. Les familles attendent des responsables politiques que nous sommes, autre chose que la stigmatisation ou la désignation de boucs-émissaires. C’est sur nos actions constructives, en lien avec l’intérêt général, qu’elles nous jugeront".

Vincent Bouget, enseignant et secrétaire du PCF du Gard : "La déclaration du maire d'extrême-droite de Beaucaire en plus d'être insupportablement xénophobe, ce qui n'étonnera pas, est d'une stupidité affligeante, ce qui n'étonne pas beaucoup non plus. La scolarisation de tous les enfants présents sur le territoire national est un principe constitutionnel. Leur présence sur les bancs de l'école de la République est une chance pour tous, pour eux, comme pour notre patrie qui a fait, il y a bien longtemps, le choix de la culture, de l'intelligence et du vivre ensemble, c'est-à-dire le choix de la République. C'est quand l'école ne remplit plus ce rôle que la société se fissure, et c'est bien cela qu'il faut combattre. Dire que ces élèves primo-arrivants empêchent la bonne marche d'une classe et les progrès de l'ensemble des élèves qui les côtoient est tout simplement faux. Tous les enseignants qui ont accueilli des primo-arrivants dans leur classe (et j'en suis) vous le diront. Et c'est bien leur courage, leur volonté d'apprendre et leurs formidables progrès que l'on souligne le plus souvent. Les problèmes de l'école, et il y en a, ne sont pas là. Mais le FN ne s'en soucie guère. Au lieu de demander à l’État de faire des économies sur l'éducation des enfants, M. Sanchez serait bien plus inspiré de demander que les moyens pour l'école soient renforcés. Le FN montre encore une fois un visage de haine, qu'il peut même tourner face à des enfants. Il montre aussi qu'il accepte complètement les logiques libérales en cours actuellement, en France comme en Europe, en demandant de faire des économies sur un service public si constitutif du modèle français".

Coralie Mollaret

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