Publié il y a 27 jours - Mise à jour le 03.05.2024 - Abdel Samari - 2 min  - vu 349 fois

ÉDITORIAL La liberté d'expression dans une drôle d'époque

Guillaume Meurice, vendredi soir, à l'Ombrière d'Uzès.

Guillaume Meurice

- Photo : Coralie Mollaret

Comme le rappelle la Cour européenne des droits de l'Homme, il y a des exceptions et des limites à la liberté d'expression, comme la sécurité nationale, la sûreté publique ou encore face à un risque répété de discrimination.

La liberté d'expression est un bien précieux. Particulièrement en France. Elle est inscrite à l'article 11 de la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen (DDHC) de 1789. Elle fait donc partie des droits fondamentaux. Dans notre pays, pourtant, cette liberté est aujourd'hui remise en cause. Quelques fois à juste titre. On ne peut pas tout dire sous l'hôtel de la liberté de paroles. Éric Zemmour, à la tête de Reconquête, en a fait l'expérience il n'y a pas si longtemps. L'ancien journaliste avait évoqué la liberté d’expression pour sa défense, la Cour européenne des droits de l’Homme l'a débouté fin 2022 et sa condamnation a été définitivement validée. Fort justement, on ne peut pas dire n'importe quoi au plus grand nombre. Encore davantage quand on révise l'Histoire sans aucune preuve. Dans le seul objectif d'un agenda politique. Comme le rappelle la Cour européenne des droits de l'Homme, il y a des exceptions et des limites à la liberté d'expression, comme la sécurité nationale, la sûreté publique ou encore face à un risque répété de discrimination. Hier, c'est le chroniqueur de France Inter, Guillaume Meurice, qui a annoncé être convoqué par la direction de Radio France pour « un entretien préalable en vue d’une éventuelle sanction disciplinaire » en raison de ses propos répétés à l'encontre du Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, comparé à « une sorte de nazi, mais sans prépuce ». Quelques semaines après les attaques du 7 octobre, l'expression avait choqué une partie de l'opinion. L'humoristique avait subi comme conséquence une convocation au poste de police. Cette fois, c'est probablement un licenciement qui lui pend au nez. Est-ce juste ? La discussion est ouverte, car il s'agit d'un humoriste. Mais la répétition des propos peut être soumise à interprétation. Et il y a un précédent dans notre pays en la personne de Dieudonné. Même s'il ne s'agit pas du même contexte et des mêmes amitiés troubles... Presque au ban de la République, on retrouve un parti politique désormais. Naguère le Front National de Jean-Marie Le Pen et sa remise en cause de la Shoah, c'est La France Insoumise qui, à force de multiplier provocations et propos ambigus sur le conflit au Moyen-Orient, a fini par monter une bonne partie de l'opinion et de la classe politique contre elle. Tout cela nous ferait quasiment oublier les réseaux sociaux qui pullulent de messages nauséabonds, d'attaques gratuites et sans discernement. Particulièrement X (ex-Twitter) dont le patron a fait de la liberté d'expression, son cheval de bataille. Quitte à laisser dire et écrire de sérieuses bêtises sans fondement. Sans compter les innombrables complotistes en tout genre. Une idéologie que l'on retrouve aussi à la TV. Le pendant de Fox News aux États-Unis qui a réussi déjà une fois à élire un président sans foi ni loi. Avec CNews et les plateaux de divertissements en direct sur C8, c'est la même idéologie qui tape toujours sur les mêmes, sous couvert de faits-divers les plus anxiogènes et sordides. Une drôle d'époque...

Abdel Samari

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