Publié il y a 1 h - Mise à jour le 12.03.2026 - Abdel Samari - 2 min  - vu 136 fois

ÉDITORIAL Fraude aux fonds européens : l’étonnant rapport de Julien Sanchez

meeting bardella sanchez rn
Photo Corentin Corger

Soutenu par la droite européenne, l’eurodéputé RN a fait adopter un rapport sur la lutte contre la fraude… en omettant toute référence à l’enquête visant son ancien groupe au Parlement européen.

La semaine dernière, l’eurodéputé RN et candidat aux municipales à Nîmes, Julien Sanchez, a pu compter sur l’appui du PPE, la droite européenne, pour faire adopter son rapport d’initiative sur la protection des intérêts financiers de l’Union européenne. Un texte non contraignant, rempli de bonnes intentions : plus de transparence dans l’utilisation des fonds européens, une lutte renforcée contre la fraude. Sur le papier, difficile d’être contre. Pourtant, ce rapport a fait grincer bien des dents au Parlement européen. D’abord parce qu’il illustre, une fois de plus, la proximité de vote entre la droite et l’extrême droite. Mais aussi parce qu’il oublie opportunément un élément embarrassant : l’enquête du Parquet européen sur le possible détournement de fonds publics impliquant un ancien groupe créé par le Rassemblement national. À Nîmes, la socialiste Chloé Ridel, elle aussi eurodéputée, n’a pas tardé à réagir. Candidate sur la liste de Vincent Bouget pour les municipales de 2026, elle dit vouloir alerter les Nîmois sur les pratiques du candidat d’extrême droite au Parlement européen. « Une illustration inquiétante de sa conception de la politique », estime-t-elle. Selon elle, Julien Sanchez, pourtant chargé d’un texte sur la lutte contre la fraude aux fonds européens, « a fait disparaître toute référence à l’enquête du Parquet européen visant son ancien groupe, le RN, pour un détournement de 4,3 millions d’euros d’argent public ». Autrement dit : un rapport sur la fraude… qui évite soigneusement un dossier gênant. La question qu’elle pose est simple : si Julien Sanchez veut devenir maire de Nîmes, gouvernera-t-il pour les Nîmois ou pour les intérêts de son parti ? Difficile, bien sûr, de présager de ce que ferait le candidat RN s’il accédait demain à l’hôtel de ville. Mais une autre interrogation demeure : les électeurs qui votent pour les amis de Jordan Bardella ou de Marine Le Pen s’en préoccupent-ils encore vraiment ? Car ce n’est pas la première affaire qui éclabousse le parti à la flamme. Marine Le Pen attend en ce moment même la décision de la cour d’appel de Paris dans l’affaire des assistants parlementaires européens, après une condamnation en première instance. La logique voudrait que ces dossiers finissent par détourner les électeurs de responsables politiques soupçonnés de se servir plutôt que de servir l’intérêt général. Mais la réalité est tout autre : aujourd’hui, ils sont plébiscités. Peut-être parce qu’à force de marteler que « tous les politiques sont pourris », on a fini par brouiller les repères. Et par mettre tout le monde dans le même sac. Le réveil pourrait être rude. Le 23 mars prochain. Et, peut-être, dans un an.

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