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Publié il y a 3 ans - Mise à jour le 08.10.2020 - thierry-allard - 2 min  - vu 186 fois

ÉDITORIAL Les néonicotinoïdes, ligne de fracture chez les Marcheurs ou affichage ?

L'assemblée nationale (DR)

La betterave l’a emporté sur les abeilles : le retour des néonicotinoïdes, ces insecticides présentés comme mortels pour les abeilles par de nombreuses d’études scientifiques, ont été réintroduits à l'usage ce mardi par l’Assemblée nationale.

Concrètement, ces insecticides avaient été interdits à compter du 1er septembre 2018 par une loi votée en 2016. La loi votée mardi permet des dérogations « dans l’attente de la validation d’alternatives possibles à l’usage des néonicotinoïdes qui permettront de lutter de façon suffisamment efficace contre certains dangers sanitaires tels que, par exemple, la jaunisse de la betterave. »

Localement, on n’a pas de culture de betteraves, mais on a des députés. Qui a voté quoi ? Un tour d’horizon permet de voir qu’il y a de tout, et surtout des contre : les trois "marcheurs" Anthony Cellier, Annie Chapelier et Olivier Gaillard se sont opposés au projet de loi, qui émanait tout de même du Gouvernement. Seule Françoise Dumas pour la majorité a voté pour, comme  Nicolas Meizonnet (Rassemblement national). Quant au député centriste du Modem Philippe Berta, nous n’avons pas trouvé de trace de son vote.

On le voit, cette question divise au sein de la majorité sur un thème bien connu : d’un côté la réalité économique d’un secteur, la production de betterave sucrière, dont la France est numéro 1 mondial, et de l’autre les principes et les engagements écologiques. Un grand écart dont la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, est l’incarnation, elle qui a lutté contre les néonicotinoïdes il y a quatre ans pour finalement les réintroduire, certes partiellement, aujourd’hui.

Une belle couleuvre à avaler pour la ministre, donc. Et vu que, comme nous l’a glissé une source proche du dossier, « dans le Sud, les néonicotinoïdes, tout le monde s’en fout », il n’y avait pas de raison que nos députés de la majorité se fassent mal à la gorge en avalant une part de ladite couleuvre. Alors, simple affichage ou convictions politiques ? Sans doute un peu des deux. Vraie ligne de fracture dans la majorité ? Les prochaines couleuvres le diront.

Thierry ALLARD

thierry.allard@objectifgard.com

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