Les élections municipales sont proches, et les commerces n’ont jamais été aussi tendus, dans un contexte économique délicat. L’occasion donc de donner la parole aux commerçants situés sur la fameuse rocade d’Alès. Véritable boulevard urbain au fort développement économique, regroupant entreprises et commerces, la rocade connaît un afflux de 15 000 véhicules chaque jour. Malgré tout, elle reste fragile pour plusieurs raisons.
Pour la plupart des commerçants interrogés, la situation économique est délicate. « Les affaires, c’est catastrophique, c’est pareil pour tout le monde », confie un gérant de La Maison Contemporaine, spécialisé dans l’ameublement. Une morosité ambiante, aggravée par un climat anxiogène et une fiscalité perçue comme étouffante : « On est taxé de partout. Depuis deux ans, on ne peut plus rien juger. »
Un contexte économique difficile, mais des disparités sectorielles
Pourtant, tous ne subissent pas la crise de la même manière. Médor et Compagnie, magasin d’articles pour animaux, se porte bien : « On est un magasin de nécessité, les gens veulent nourrir leurs animaux. Mais les jouets, les loisirs et le secteur hygiène-santé fonctionnent également. » Même son de cloche chez Décor Discount, installé depuis 30 ans, où l’on tient le cap malgré une fréquentation en baisse : « On est loin des années 2018-2020, mais on est connus par la clientèle. »
Reca Cévennes, magasin de peinture installé depuis 38 ans, relativise : « C’est à nous de gérer nos commerces. La baisse est générale, ce n’est pas la faute de la mairie. »
La vitesse, problème récurrent et source d’inquiétude
Un point revient systématiquement dans les témoignages : la vitesse excessive des véhicules sur le chemin de Larnac, utilisé comme déviation lorsque la rocade est saturée. « Les gens roulent trop vite pour gagner du temps », s’inquiètent tous les commerçants, qui réclament un dos-d’âne pour ralentir la circulation, mais se heurtent à un obstacle : « C’est un chemin privé, la mairie ne peut rien faire », explique la gérante de Reca Cévennes.
À Décor Discount, on souligne aussi les risques d’accident : « Le virage en bas est dangereux. Si un accident arrive devant le magasin, ce ne sera pas bon commercialement. »
Des attentes mesurées envers la municipalité
Les commerçants ne demandent pas de révolution, mais des actions ciblées. Du côté de Reca Cévennes, on suggère de refleurir les abords : « Pour une ville certifiée 4 fleurs, ils pourraient faire plus. » Décor Discount évoque les canalisations et les égouts, « catastrophiques », qui nuisent à l’image de la zone, en bas du chemin.
« On avait invité le maire pour notre inauguration, il était passé, mais depuis, aucun politique n’est spécialement venu nous voir pour prendre la température », constate le magasin Ixina, inauguré depuis quelques années, qui concède toutefois que la nature est bien entretenue le long du chemin. Pour La Maison Contemporaine, « un changement de maire ne changera pas grand-chose », et d’ajouter : « Je ne vois pas ce qu’ils pourraient nous apporter de plus. »
Un avenir incertain, mais une résilience affichée
Malgré les difficultés, les commerçants restent attachés à leur zone. Décor Discount et Reca Cévennes misent sur leur ancrage local, tandis que Médor et Ixina voient leur activité progresser « petit à petit ».
Reste à savoir si la future municipalité saura entendre leurs préoccupations, notamment en matière de sécurité routière, pour préserver l’attractivité de cette artère commerciale majeure d’Alès.