La gauche à l’heure de vérité. Après une année à consulter les électeurs, la liste Nîmes en commun s’est livrée, ce lundi, au crucial exercice de présentation de son programme pour les Municipales. C’est l’un des éléments clefs dans le choix de l’électeur. « Ce n’est pas un programme mais un projet », tient à préciser la tête de liste Vincent Bouget, dont certaines mesures restent à affiner « avec les Nîmois », comme son plan de végétalisation, « même si des sites emblématiques ont déjà été identifiés : Jean Robert et rue Vincent-Faïta. »
Concertation : création de « Places communes »
La présentation de ce projet s’est déroulée au centre Pablo-Neruda, aux côtés de l’élue départementale Amal Couvreur, de l’élue d’opposition Marianne Barnède, ou encore du premier fédéral Pierre Jaumain. « À l’approche de 2026, nous voulons ouvrir une nouvelle étape pour Nîmes », plaide Vincent Bouget, qui espère incarner l’alternance après 25 ans de mandat du maire LR Jean-Paul Fournier. Son projet s’articule autour de trois priorités : « Unir Nîmes », « Rendre le pouvoir aux Nîmois » et « La réussite de la jeunesse ». Ces bonnes intentions se traduisent, par exemple, avec la mise en place de « Places communes » permettant de consulter les Nîmois et recenser leurs besoins.
Gratuité des transports pour les scolaires
Le renforcement de l’aide aux devoirs lors du temps périscolaire, la mise en place de séjours de vacances pour 1 000 Nîmois ou la gratuité des transports pour les scolaires sont aussi évoqués comme "priorité". « Cette gratuité vise à corriger une inégalité avec les enfants habitant en dehors des communes de Nîmes métropole, qui ne paient pas le bus du Conseil régional », commente Vincent Bouget. Toujours sur les bus, la liste souhaite étendre les amplitudes horaires et pourquoi pas « mettre des navettes nocturnes pour que les femmes puissent être raccompagnées », souligne l’élue d’opposition Génération.s Marianne Bernède, désireuse de faire de Nîmes « une ville féministe ».
Police municipale : des horaires étendus
Au-delà de ces priorités, le projet de Nîmes en commun s’articule autour de grands axes : « Retisser des liens, développer la solidarité et assurer la sécurité ». Cette thématique regroupe la création d’une mutuelle communale, la mise en place d’une caisse locale de sécurité sociale de l’alimentation ainsi que le soutien aux épiceries solidaires et ressourceries. Côté sécurité, sujet de préoccupation des électeurs, même si les pouvoirs du maire sont limités, la gauche propose le retour de la police de proximité, la finalisation de l’ouverture du commissariat de Pissevin et la mobilisation des effectifs de 23 h à 1 h du matin. Des arrêtés de fermeture seraient également pris à partir de 22 h pour les épiceries de nuit.
Création d’un centre de santé
Sur le logement et la santé, Vincent Bouget propose la création d’un observatoire du logement pour recenser les logements vacants et le développement du logement social dans la ville. « Aujourd’hui, quand un logement social se libère, vous avez huit demandes qui arrivent », souligne Amal Couvreur. Les contrôles de salubrité seraient également renforcés. Sur le volet santé, Nîmes en commun propose la création d’un centre de santé communal pluriprofessionnel et universitaire avec des médecins salariés. Côté développement économique, Pierre Jaumain a annoncé la création d’une agence de développement économique et d’une marque de territoire. Des actions mises en place, à l’époque, par Yvan Lachaud, alors président de Nîmes métropole, qui avait lancé "OpeNîmes", puis supprimées par Franck Proust, actuel président de l'Agglo.
Retour en régie des monuments publics
Sur la question du tourisme et notamment la gestion des monuments romains, assurée aujourd’hui par Edeis, Vincent Bouget souhaite un retour en régie publique à travers un EPCC (Établissement public de coopération culturelle), comme c’est le cas au Pont du Gard, ainsi que la création « d’une maison de l’Unesco », peut-être à la place du projet de Maison Saurel aux Jardins de la Fontaine. Si la gauche est plutôt favorable à la régie, Vincent Bouget se veut réaliste, notamment sur le service public de l’eau : « Le contrat de délégation de service public devrait se renouveler dans 18 mois. Le temps est très court pour basculer en régie. Toutefois, nous pourrons mettre des conditions sur les tarifs, la rénovation des réseaux et la circulation de l’eau dans la ville. » Sur la question des halles, autre levier d’attractivité du centre-ville, « le projet est prévu pour 2030. Nous devons organiser une large concertation avec les étaliers et les clients. Aujourd’hui, on veut imposer un modèle qui n’est pas dans l’esprit des halles. »
Complexe sportif à l’est de la ville
Côté culture et sport, des « leviers d’émancipation », Vincent Bouget prévoit environ 40 M€, sur le mandat, pour rénover environ 15 infrastructures, comprenant la création « d’un complexe sportif à l’est de la ville avec une piscine, à l’image de Marcel-Rouvière ». À l’instar du candidat LR Franck Proust, Vincent Bouget propose une rénovation du Parnasse mais aussi « une salle de musculation commune pour tous les clubs de haut niveau ». Sur les associations ayant des difficultés à trouver des créneaux dans les stades et gymnases, « un audit sera réalisé sur le taux d’occupation ». Sur l’épineuse question du Nîmes Olympique : « Rani Assaf conditionne la vente du site de la Bastide au stade des Antonins. On est pieds et poings liés par ce que l’on a voulu laisser à Rani Assaf… Ceux qui se présentent en sauveur n’ont fait que sortir le chèque de la mairie et aligner les zéros. »
Abandon du conservatoire aux Carmes
Concernant la culture, « le théâtre Bernadette-Lafont serait rénové et le théâtre de l’Odéon serait transformé en théâtre d’oralité ». La liste propose aussi la gratuité intégrale des bibliothèques « pour faire de Nîmes une cité du livre ». Sur le conservatoire : « ce projet contraindra le développement du conservatoire et empêchera le développement de l’université. » Et de proposer, pourquoi pas, « un site près de la salle de spectacle Paloma ».
Pas de baisse ni de hausse d’impôt
Enfin, Gilles Guillaud, membre du Parti radical de gauche, par ailleurs fonctionnaire d’État, a fait un point sur les finances de la ville : « La situation n’est pas bonne. Entre la ville et l’Agglo, c’est 758 M€ de dette cumulée. Nous devons retrouver une capacité d’action sans dégrader la situation budgétaire. Ceux qui disent pouvoir baisser les impôts ne disent pas la réalité, sauf à sacrifier des domaines entiers d’action municipale. » Et d’indiquer : « le budget d’investissement pour la ville sera de 60 M€ par an et 100 M€ à l’Agglo. Certaines dépenses qui interrogent seront vouées à être supprimées », sans citerces dernières.
Ce lundi à Nîmes, la campagne a donc pris un nouveau tournant avec les premières propositions des candidats, qui n’attendent qu’à être débattues sur la place publique. À gauche, le prochain rendez-vous est fixé dimanche pour la présentation de la liste.