Publié il y a 1 h - Mise à jour le 04.06.2026 - Abdel Samari - 2 min  - vu 83 fois

ÉDITORIAL Marguerittes et Philippe Berta avaient ouvert la voie : Territoire zéro chômeur à l'heure du bilan

Philippe Berta, l'ex-député Modem du Gard

Dix ans après le lancement de l'expérimentation, une note du CNRS salue ses résultats tout en alertant sur une évolution qui pourrait l'éloigner de son ambition initiale.

Alors qu’une nouvelle loi doit prochainement pérenniser l’expérimentation « Territoire zéro chômeur de longue durée » (TZCLD), des chercheurs du CNRS dressent un bilan nuancé de ce dispositif qui ambitionne de faire de l’emploi un droit pour tous. Une réflexion qui résonne particulièrement dans le Gard, où l’ancien député Modem Philippe Berta avait porté, dès 2018, la candidature de Marguerittes à cette initiative nationale. Le principe est simple : proposer à toute personne durablement privée d’emploi un CDI à temps choisi, à proximité de son domicile, dans le cadre d’activités utiles au territoire et non concurrentes du secteur marchand. Dans le Gard, Marguerittes s’était engagée très tôt dans cette démarche. Soutenu par Philippe Berta, alors député de la 6ᵉ circonscription, le projet visait à faire du territoire un laboratoire de lutte contre le chômage de longue durée. L’objectif était de créer une entreprise capable d’embaucher des habitants durablement éloignés du marché du travail tout en développant des services répondant aux besoins locaux. À l’époque, le parlementaire défendait une approche innovante destinée à redonner une place à des personnes souvent laissées à l’écart des dispositifs classiques d’insertion. Une philosophie qui demeure aujourd’hui au cœur du projet. Selon cette note de recherche soutenue par le CNRS, l’expérimentation a effectivement permis de toucher des publics que les structures d’insertion traditionnelles peinent à atteindre : seniors, personnes en situation de handicap, familles monoparentales ou encore chômeurs de longue durée. Les chercheurs mettent également en avant des effets positifs sur l’estime de soi, la santé, le lien social et la stabilisation des parcours professionnels. Mais dix ans après son lancement, le dispositif révèle aussi ses fragilités. Les auteurs soulignent notamment les difficultés de financement rencontrées par les entreprises à but d’emploi. Soumises à des contraintes budgétaires croissantes, certaines sont progressivement poussées à privilégier des activités plus rentables, parfois au détriment des projets imaginés avec les habitants et les demandeurs d’emploi eux-mêmes. Le rapport pointe aussi l’essoufflement observé dans certains territoires. Procédures administratives complexes, mobilisation de ressources importantes et moyens parfois insuffisants. Enfin, plusieurs rapports récents préconisent un recentrage du dispositif sur certains publics ou territoires afin d’en maîtriser le coût. Une orientation qui inquiète une partie de la communauté scientifique. Selon les chercheurs, le risque est de voir cette expérimentation sociale inédite perdre petit à petit ce qui faisait son originalité : garantir un emploi à ceux qui en sont durablement privés. À vouloir transformer une promesse de droit à l’emploi en simple outil de gestion du chômage, l’État prend le risque de vider le projet de sa substance. Dix ans après son lancement, le détricotage est en marche.

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