À Rochebelle, ce samedi, les pommes ont voltigé, les corps ont roulé dans la terre, trois femmes sont devenues cerf, ils ont dansé toute la nuit...
Dès 18 heures, la compagnie Kif Kif ouvre la soirée par Nous, la forêt ou comment se planter. Deux frères au pied d’un arbre. Ils se cherchent, se piquent, se poussent du coude. Adam et Eve ou Romulus et Rémus, chacun se fait son idée et les enfants adorent. Un musicien les accompagne, donne le tempo. Ils se roulent dans la terre et se battent. De vrais garçons. C’est drôle, physique et tendre. À revoir.
Juste avant la nuit, changement de décor. Faune, de la compagnie Libertivore, installe sous le ciel un immense trépied qui arrondit le public. On s’assoit où l’on peut, y'a plus de place ! Pas un trapèze classique, non, cet agrès a des bois ! Trois circassiennes athlètes s’y accrochent, s’y suspendent, et se roulent par terre. Elles deviennent une bête à trois corps, un cerf.
Et puis c’est la parade nuptiale Le brame, le combat, tout se confond et c’est le but. La bande-son de Jules Beckman enveloppe tout ça dans un écrin d’une beauté trouble. Et puis les trois femmes se relâchent, elles sourient. Comme si la bête venait de se transformer ou comme si trois petits cerfs venaient de naître. Enfin c'est ce qu'on pensé les enfants.
Dès 16 heures, Samedi Bien avait rassemblé habitants, familles et curieux. Jeux, chants, rencontres. Puis les spectacles vivants ont animé le parc jusqu’au bal final. Oui un véritable bal, mené par des professionnels, venus de nantes paraîl-il. Là encore, inCIRCus a tenu sa promesse. Le Dansoire sauvage de La Piste à Dansoire a fait danser.
Sylviane Manuel, directrice de La Verrerie, le rappelle. Le cirque est un bien commun. Le quartier de Rochebelle est devenu trois jours durant terrain de jeu, de création et de fête. Le Pôle national cirque accueille chaque année 20 à 25 résidences, héberge des artistes, accompagne des créations, programme plus d’une centaine de représentations. Le résultat est là, 4 000 personnes, et les enfants. Dix ans déjà pour inCIRCus. Dix ans que La Verrerie plante son chapiteau imaginaire dans l’espace public. Et samedi soir, à Rochebelle, le festival a dansé une dernière fois cette année.