Publié il y a 8 ans - Mise à jour le 05.02.2016 - anthony-maurin - 3 min  - vu 434 fois

FAIT DU JOUR La publicité n'est plus la bienvenue en Camargue

L'étang du Scamandre, un bijou naturel qu'il faut protéger de la pollution visuelle (Photo SMCG)

La publicité sauvage est un véritable frein au développement d’un paysage naturel et à l’attractivité d’un territoire. Le Grand Site de la Camargue Gardoise va partir en guerre contre ce phénomène qui s’amplifie chaque jour un peu plus et qui prolifère sur les routes du sud du département.

Publicités, enseignes mais aussi pré-enseignes seront les cibles principales d’une grande action menée par la Direction Départementale des Territoires et de la Mer du gard au sein du secteur labellisé de la Camargue Gardoise mais peut-être aussi au-delà du côté de la RN113.

Les amateurs de paysages naturels vont s’en réjouir mais du côté des commerçants, l’annonce fait grincer les dents… En effet, le Gard est pollué de bien des manières mais la plus évidente est certainement la pollution visuelle. Cette pollution que l’on ne peut que voir, qui amoindrie la beauté du territoire et qui accroît le nombre d’interférences entre le visiteur et le site visité.

La Camargue gardoise, site labellisé Grand Site de France, doit perfectionner son image avant 2020

D’ailleurs, sur le seul petit secteur de la Camargue Gardoise (labellisé Grand Site) un toilettage de la publicité sera fait en 2016. Le territoire pose de nombreux problèmes et, si le recensement des dispositifs en infraction est presque en totalité établi bien qu'il évolue chaque jour, il reste à déterminer le mode opératoire de ce toilettage.

Il y aurait sur ce secteur 535 panneaux en situation d’illégalité, 90% des publicités affichées aux yeux de tous!

"Se signaler est un droit mais l’intérêt particulier ne doit pas gêner l’intérêt collectif. Ces publicités nuisent d’ailleurs souvent à l’image du produit qu'elles mettent en valeur ! Une grande partie des publicités que l’on voit est dans l’illégalité depuis le mois de juillet 2015" évoquait Yoan Cassar du service aménagement territorial Sud Gard Littoral et Mer de la DDTM30 lors du COmité de PILotage du Grand Site.

La nuisance à répétition des publicités, même si elles sont parfois porteuses de sens, empêcherait peut-être la reconduction du label pour ce site d'exception en 2020 si rien n'est fait avant.

La Camargue gardoise et ses principaux atouts.

Aujourd’hui souvent ridicules car faites à partir de matériaux peu nobles et positionnées sur des sites en surfréquentaion touristique, ces affiches ne sont même plus visibles tant leur nombre augmente. Il existe même des panneaux illégaux qui sont pourtant taxés par certaines communes de la zone ! Les enjeux environnementaux sont bien présents dans cette quête au paysage naturel: retrouver la beauté d’un territoire, oublier la consommation un instant, s’immerger dans un site naturel sans parasite visuel…

Loi Macron, d’août 2015, va, au contraire, dérèglementer le système. A l’étude jusqu’au 9 février prochain, les changements qu'elle suggère pourraient faire basculer la beauté de ces paysages pourtant classés. Un voyage dans l’horreur de la marchandisation à outrance tout en laissant de côté les vertus d’un tourisme efficace au profit des vices d’une économie purement financière, voilà ce qui deviendra peut-être une réalité.

En effet, chose inédite depuis 1970, si la loi est adoptée en l’état, une chose changerait considérablement dans cette petite région connue par la France entière et réputée pour ses paysages sauvages. La possibilité pour les communes de moins de 10000 habitants d’accueillir des affiches publicitaires.

Grosso modo, si les "dispositifs scellés au sol" ou "lorsque les spécificités locales communales peuvent le justifier" des affiches pourraient être implantées un peu partout. En plus de la multiplication des implantations, les panneaux eux-mêmes se verraient agrandis. "Les surfaces des éléments de support, de fonctionnement, d’encadrement, de sécurité et d’éclairage des enseignes n’entrent pas dans le calcul.[…] La surface totale des publicités de 12 m² ne peut en tout état de cause dépasser 16 m²".

A l'instar du Parc Naturel Régional du Luberon, la Camargue gardoise va préserver son environnement des affichages publicitaires illégaux et présents sur toutes les routes qui traversent cet espace naturel (Photo SMCG Alain Colombaud) • COLOMB@UD/@L@IN

Le Parc Naturel Régional du Luberon a, en matière, adopté une tout autre stratégie que celle du Ministre de l’Économie. Depuis 1994, une démarche pour remédier à la prolifération des panneaux publicitaires est d’actualité. Elle limite l'impact souvent désastreux sur l'environnement et le paysage de ce genre d’affichage. En 1997, c’est une charte signalétique qui est signée. Une sorte de guide juridique et administratif à l’usage des élus, des entreprises et des commerces pour réorganiser la signalétique dans les communes conformément à la loi a été mis en place pour ne surprendre personne.

Par la suite, la suppression des pré-enseignes fut instaurée, des règles plus strictes pour les enseignes furent mises en place et depuis 2015, seules les activités ayant un rapport aux produits du terroir, à la culture ou au monuments historiques ouverts à la visite sont autorisées à poser un nombre défini de pré-enseignes.

Anthony Maurin

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