Publié il y a 3 ans - Mise à jour le 23.10.2020 - abdel-samari - 7 min  - vu 11421 fois

FAIT DU JOUR Le maire de Nîmes règle ses comptes !

Laurent Burgoa, Thierry Procida, Marc Taulelle ou encore Vivette Lopez. Jean-Paul Fournier a rhabillé le mundillo politique local pour l'hiver.
Photo Abdel Samari / Objectif Gard

Le maire Les Républicains de Nîmes, Jean-Paul Fournier (Photo Abdel Samari / Objectif Gard)

C'est un Jean-Paul Fournier plus qu'en forme qu'Objectif Gard a retrouvé, mercredi matin, en mairie. Sa période de quarantaine ayant été propice à la réflexion, le maire nous livre son analyse sur l'actualité. Et ça décape !

Objectif Gard : Comment vous sentez-vous après cette période de « septaine » ? 

Jean-Paul Fournier : Je vais bien. J'ai été testé positif au covid-19 mais je n’ai pas eu de symptômes : ni fièvre, ni malaise. Je suis resté une semaine chez moi. Une infirmière venait me prendre la tension tous les jours ainsi que la température. Du coup, je n'ai pas fait grand chose : j'ai signé quelques parapheurs, des courriers... De l’administratif léger. Et, comme d'autres, j'ai regardé la télévision.

Couvre-feu : « Les gens sont excédés par tout ça » 

À Nîmes, le préfet a alerté sur la propagation du virus, de plus en plus rapide. Un couvre-feu a été instauré. Qu'en pensez-vous ? 

C'est un mal nécessaire si on veut contenir cette pandémie. Après je ne sais pas si c’est la bonne action de fermer des restaurants aussi tôt. C’est délicat de trouver des solutions. Il ne faudra pas que ce couvre-feu dure trop longtemps. Les gens, les chefs d’entreprises, sont excédés par tout ça. 

Justement, il y a quelques jours, il y a eu une importante mobilisation des cafés, bars et restaurants. La municipalité pourrait-elle annoncer de nouvelles mesures pour les soutenir ? 

C’est dramatique pour l’économie locale. Concernant de nouvelles mesures, c’est à étudier. Notons que nous avons maintenu les mesures de stationnement jusqu'à décembre. Je recevrai prochainement le président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie du Gard, Denis Allegrini. 

« Le maire doit avoir un regard sur les fichés S » 

À l'urgence sanitaire se joint également l'urgence sécuritaire. Quel regard portez-vous sur l'assassinat du professeur Samuel Paty dans les Yvelines ? 

C’est quelque chose de dramatique. On ne peux que condamner cet acte gravissime. Encore plus sur un professeur. C'est scandaleux, je suis choqué. J’avais demandé en tant que sénateur-maire un regard sur les fichés S. On les croise peut-être tous les jours sans le savoir. Ce droit de regard permettrait de les surveiller d'avantage. Finalement, on ne sait rien de ce qu’il se passe. Dans les quartiers populaires, j’ai attiré l’attention du ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, quand je l’ai rencontré. Malheureusement, est-ce qu’il fera quelque chose véritablement ? Je n’en sais rien ! 

Le ministre devait venir en octobre. Avez-vous des nouvelles ? 

Aucune. Je suis inquiet indéniablement. D'autant plus qu'il n’a pas été très généreux en nous octroyant 13 policiers supplémentaires pour 2021. Nous espérions plus.

En tant qu'ancien parlementaire, selon vous, que devrait faire l'État pour lutter contre ces actes terroristes ? 

D'abord, comme je vous l'ai dit, que l'on soit mieux informés pour surveiller davantage. Ensuite, il faut être plus sévère avec les islamistes qui ne devraient pas être en France. Il faut aussi voir ce qu'il se passe dans les mosquées... Le problème, c'est qu'il n'y a pas de vrais représentants dans la religion musulmane. On ne sait pas vraiment à qui s'adresser. Il n'y a pas un vrai interlocuteur. Monsieur Zékri ? je l'ai rencontré plusieurs fois. Après, ces gens-là ont des titres mais très peu de pouvoir.

L'État et notamment l'ancien président Nicolas Sarkozy a déjà essayé d'organiser le culte musulman. Or, ça n'a pas fonctionné. Le problème n'était peut-être pas là... 

Vous savez, la solution, je ne la connais pas malheureusement. Mais si on arrivait à avoir plus d’informations, ça permettrait de surveiller et d'agir si nécessaire.

« Je continue à travailler sur les dossiers en mairie »

Au-delà de toutes ces crises, vous avez été réélu pour un quatrième mandat en juin dernier. Quels projets allez-vous poursuivre ou lancer ? 

Je continue de travailler sur le Palais des congrès et notamment la circulation puisque nous voulons piétonniser la rue Jean-Reboul. Mardi, j’ai présidé le comité de pilotage sur le projet de Mas Lombard : 1 200 nouveaux logements en accession à la propriété, une école, un gymnase. C'est un gros projet qui traîne depuis 20 ans. On y est, on y va. D’autant qu’actuellement, la relance économique passe par la construction de nouveaux projets. Enfin, il y a le parc Jacques-Chirac qui va être lancé prochainement sur les pépinières Pichon.

Qu’en est-il du parc Meynier de Salinelles pour lequel votre PLU a été partiellement retoqué, le tribunal donnant raison au comité de quartier qui s’opposait à son classement en terrain constructible. 

Ah ça, il faut demander au Département. Ce parc n’est pas propriété de la ville de Nîmes. 

Un mot également sur le futur Stade des Costières. Vous avez des nouvelles du président du Nîmes Olympique, Rani Assaf ?

Je n'ai pas de nouvelles mais ça avance. Il manque quelques éléments pour finaliser le permis de construire du stade provisoire. Je suis confiant, ça va se faire. Je crois qu'il y a une volonté commune pour avancer intelligemment.

Que pensez-vous du début de saison des Crocos ?

C’est un début de saison compliquée avec la vente des joueurs et un recrutement disons un peu tardif.

Quel regard portez-vous sur le nouvel entraîneur, le Nîmois Jérôme Arpinon ?

Je pense que c’est quelqu’un de qualité. Il faut dire qu'il a été le second de Bernard Blaquart pendant longtemps. Il a prouvé qu’il a un savoir-faire. Et c'est quelqu’un de très attaché à la ville et au club donc c'est un plus.

Et Laurent Boissier, votre nouvel adjoint en charge des Sports. Il semble faire très bonne impression depuis sa prise de fonction ?

Il a pris en main cette délégation avec passion et efficacité. J'en suis ravi. Il a adopté un travail de fond en recevant toutes les associations sportives. Il a prouvé qu’il avait de grandes qualités. C'est un atout indéniablement dans ce mandat. Je voudrais également saluer Mme Mouton, en charge de la délégation des Femmes, qui réussit également son entrée à mes côtés.

Votre adjoint Laurent Burgoa, élu au Sénat, va démissionner du conseil municipal. Qui pour le remplacer ? 

On verra, pour l'instant je n'ai pas pris ma décision. Je peux le faire dans un mois, dans six ou même dans un an ! Il faut que ce soit un homme, c'est pourquoi ça ne pourra pas être Monique Boissière. Je lui en ai parlé. On va attendre encore un petit peu.

Mutualisation entre Nîmes et l'Agglo : « Je suis ''open'' »

Quel regard portez-vous sur les premiers pas de Franck Proust à la présidence de Nîmes métropole ? 

C’est sûr que je m’entends mieux avec lui qu'avec son prédécesseur (Yvan Lachaud, ndlr). On se parle, on travaille ensemble. Il a un gros challenge avec les problème de trésorerie et la dette. Franck Proust a un savoir-faire. Il a réussi à avoir la majorité à l’Agglo. Ce n’était pas simple au départ. Il a fait preuve de pédagogie. 

C'est d'ailleurs pas toujours évident... Vous n'aidez pas toujours à la conciliation entre les intérêts de Nîmes, la ville centre, et ceux des maires de l'Agglo. 

Ça, c'est à lui qu’il faut poser la question. C'est lui qui doit concilier les deux.

Vous l'avez dit, l'Agglo a des problèmes financiers. Pourriez-vous imaginer la mutualisation de certains services génératrice d'économies ?

On va en parler prochainement. Je ne suis pas totalement fermé mais je ne suis pas d'accord sur tout. On verra mais je suis "open".  

On sent une lutte entre votre premier adjoint, Julien Plantier, et le président de Nîmes métropole, Franck Proust. Qui est votre successeur naturel aujourd'hui ?

D'abord, je suis encore là jusqu’en 2026 ! Julien Plantier a des qualités. Il a prouvé qu’il avait un savoir-faire, le management qu’il faut avec les élus. D’ailleurs, je me repose beaucoup sur lui. Il a les capacités de prendre ma succession. Après, on verra au fil du mandat, d'autres pourraient sortir du lot. Franck Proust, lui, est à l’Agglo. C’est quand même pas mal. Il faut qu’il se contente de cela. 

À propos de Laurent Burgoa : « Le Sénat lui est monté à la tête ! » 

Après l'Agglo, il y a le Conseil départemental avec l'élection du président, en novembre, après la démission du socialiste Denis Bouad. Que doit faire la Droite selon vous ? 

Denis Bouad va démissionner de son poste mais ça ne va rien changer. Pour l'instant, la Gauche est majoritaire. Moi, je ne crois pas du tout au ralliement du maire de Tresques, Alexandre Pissas. Il y a cinq ans, on lui avait proposé et il a eu la frousse... Je pense que nous n'avons pas à présenter un candidat. Quand bien même les élections sont repoussées à décembre 2021. Ça servirait à quoi ? En quelques mois, on a pas le temps de réaliser quoi que ce soit.

Le président du groupe Laurent Burgoa souhaite, lui, présenter un candidat. Il pense même à Frédéric Gras... 

Il faut que Laurent Burgoa arrête de s'exciter avec ça ! Le Sénat lui est monté à la tête ! Le costume est trop grand pour Frédéric Gras. Pour qui il se prend Laurent Burgoa ? Le seul qui puisse dire cela, c’est Franck Proust. Et moi, je vais lui conseiller de ne pas le faire. D'autant qu'il ne faut pas prendre le risque de présenter un candidat qui pourrait être élu avec les voix du Rassemblement national

L'option a pourtant été évoquée par votre adjoint Marc Taulelle et futur candidat sur le canton de Nîmes 2... 

On connaît les prises de position de Marc Taulelle. C’est un esprit libre. Il était au Mouvement pour la France de de Villiers. Pour moi, il n'est pas crédible sur ce sujet. Sur le canton de Nîmes 2, il représentera la Droite mais pas le RN !

« Je vais régler mes comptes avec Thierry Procida » 

Parlons de l'avenir du canton de Nîmes 1 sur lequel est élu Thierry Procida. Allez-vous le soutenir au nom de l'alliance de la Droite et du Centre ou présenterez-vous un candidat ? 

Je vais régler mes comptes avec Thierry Procida. Il n'y a aucune raison que je le soutienne. Lui ne l'a pas fait lorsqu'il le fallait. Il faut l'éliminer. Les candidats seront mes adjoints Julien Plantier et Sophie Roulle qui font du bon travail.

Votre amertume à son endroit ne met-elle pas en péril la volonté de la Droite et du Centre de conquérir le Conseil départemental lors des prochaines élections ? 

Comme je l'ai dit à Laurent Burgoa, il n'est pas question que je soutienne M. Procida. D'ailleurs je ne comprends pas son soutien. Au départ, il me disait qu'il avait besoin des voix du Centre pour se faire élire au Sénat. C'est chose faite. D'ailleurs, je pourrais très bien soutenir des élus comme Philippe Ribot, le nouveau président de l'Association des maires du Gard. Mais pas Thierry Procida ! Si Laurent Burgoa continue sur cette route, il va me retrouver en face. Je ne serais pas d’accord.

Enfin, avez-vous eu des nouvelles de la sénatrice Vivette Lopez, réélue elle-aussi en septembre ? 

Aucune ! Elle n'a pas pris de mes nouvelles. C’est lamentable. Je suis scandalisé. Si elle est sénatrice, elle me le doit. 

Propos recueillis par Abdel Samari et Coralie Mollaret 

Abdel Samari

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